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mercredi 25 janvier 2017

Youpi, j'ai fait un burnout (Eeeet non, ça n'arrive pas qu'aux autres).



Décidément, j'ai bien fait de garder l'anonymat sur ce blog pour être libre de partager sur des sujets sensibles et normalement, plutôt intimes.

Donc dans la série, "J'ai testé pour vous" : après la dépression post partum, je m'attaque au burn out parental.

La vie desfois c'est bizarre, tu es censée passer un week-end en famille et puis le matin dudit week-end, tu te retrouves à la porte de chez toi avec tes marmots sans trop savoir ce que tu vas faire dans la minute et quand tu trouves un refuge pour le week-end, tu te rends compte que t'as pas envie de rentrer. Du tout. Jamais.
Mais tu rentres et le lendemain tu vas au boulot. Tu vas voir ta cheffe pour lui demander si tu peux prendre un petit jour de repos en fin de semaine et puis tu pleures, et tu reviens à ton poste et tu pleures, et à un moment tu te rends compte que ça fait 20 minutes que tu fixes l'écran sans rien faire d'autres que pleurer alors tu te lèves et tu t'en vas encore. Deux jours, au vert, chez papa et maman. Comme ça, pouf.
Et puis tu reviens et quand tu reviens tu te rends compte que t'as qu'une envie c'est partir, alors tu vas te promener et puis tu reviens.
Mais tu te rends compte que tu peux plus quand même alors tu vas dans ta chambre et au bout d'un moment tu te rends compte que ça fait plus ou moins une heure que tu es prostrée sur ton lit à regarder le mur en face, jusqu'à en connaître le moindre morceau de relief, et que tout ce qui sort du fait d'être en train de fixer ce mur t'est juste impossible. Et puis ta fille entre dans la chambre, te prends dans ses bras et là....
Là tu la regardes en lui disant "Ma chérie.... je voudrais que tu sortes". "Mais maman....", "NON ! J'ai.besoin.que tu sortes".

Alors au début, comme tu es de nature positive quand même, tu t'es dit, après quelques jours de repos : "Youpi, je fais un burnout". C'est vrai, c'est une bonne nouvelle, parce que ça va te permettre de reprendre ta vie en main, d'oser demander de l'aide, d'aller enfin voir la psy, de te reposer, de passer des jours sans tes enfants (les premiers en 4 ans! Vous avez dit paradis ?) à vider ta to-do list et puis ton homme va ouvrir les yeux.

Et au bout d'une semaine de chutes et rechutes, de dialogues de sourds avec ton conjoint, de nuits hachées, de ton incapacité à faire une sieste, de ta fu****g to-do list qui ne diminue pas mais qui s'allonge ("mais pourquoi j'ai voulu ouvrir ma boite mail pour écrire à cette copine, bon sang!"), des crises d'angoisse qui viennent s'ajouter au reste (et devant les enfants en plus ! C'est tellement bon pour eux de voir leur mère avec les yeux hagards, plantée au milieu de la pièce sans pouvoir dire un mot et respirer comme un goret qui s'étouffe), tu commences à te rendre compte que ta semaine d'arrêt c'est pas une semaine pepère et que le burnout, c'est pas une bonne nouvelle du tout.

Déjà parce que ça ne règle pas tous tes problèmes d'un coup. Des problèmes dont d'ailleurs, pour un bon paquet, tu as conscience depuis longtemps, mais ça ne t'en apporte pas plus la solution.
Ensuite parce qu'avant de vouloir régler les soucis, il faudrait déjà que ta tête arrête de tourner et que tu reprennes pied, ce qui semble un long chemin semé d'embûche parce que...
.. Et bien ton quotidien, lui, il continue de tourner et que t'as pas forcément la force d'en sortir pour oser faire tout ce que t'as pas demandé avant (de l'aide, du temps pour toi, un séjour dans un monastère au fin fond de la cambrousse) : c'est juste qu'avant tu culpabilisais à l'idée de le faire et maintenant tu culpabilise à l'idée de ne pas oser le faire.
Parce que ça ne répond pas à toutes ces questions, ces doutes que tu accumules depuis que, pour sortir grandie à l'intérieur, tu remets en question presque tout ce qui a fait ou fait ta vie, ton environnement, ta société ou ta culture d'appartenance, sans pour autant toujours savoir comment faire autrement, ni finalement pouvoir trouver ta juste place dans ce monde.
Parce que malgré tout ça, ton conjoint n'a pas plus compris dans quel état tu te trouvais...
Et parce que d'en arriver à ne plus vouloir allaiter, ni dormir avec tes enfants, ni même être avec eux, et ne rien ressentir quand ta fille te prends dans ses bras c'est juste horrible.

Non vraiment, le burnout, c'est assez nul. Je vous le déconseille instamment.
0/10

Comme par hasaaaaaard, ma chère Charlie me dégote une émission made in France Inter, sur le sujet, que vous pouvez écouter ici :
Qui, de façon lapidaire et entrecoupée vient quand même dire des trucs assez intéressants. 


Pourquoi je viens ici vous dire ça ?
Parce que, d'une part, ça n'arrive pas qu'aux autres ni à ceux qui sont dans des situations dramatiques.
Voyez donc :
- j'ai un job à temps partiel (fonctionnaire à 60%, c'est vous dit si j'entre dans la catégorie des gens qui ne s'épuisent pas à la tâche, hein?)
- un mari -de temps en temps- à la maison (physiquement du moins)
- une super nounou
- "seulement" deux enfants
- et contrairement à ce qui est indiqué dans l'émission, même si je suis partisane de la bienveillance éducative, ça fait bien longtemps que je prône l'idée que ce n'est pas une fin en soi mais un chemin que l'on doit suivre à son rythme
- et ça fait un paquet de mois que j'ai conscience qu'il me faudrait retrouver du temps pour moi et accorder plus de place (une place tout court?) à ma vie de femme entre ma vie d'épouse, de mère et de travailleuse.
- et ça fait quelques temps maintenant que je prétends avoir lâcher prise pour vivre ma vie et inviter mes enfants dans cette vie, sans plus vouloir vivre pour eux.  
- il y a bien longtemps que je sais que je ne suis pas superwoman (moi mon problème c'est plus de penser que je suis superlooseuse... Voyez? Oui, certaines d'entre vous voient très bien...)

Et pourtant j'en suis là.

Parce que quand tu vas mal, tu assistes à un phénomène déroutant : les gens t'appellent d'abord pour prendre de tes nouvelles parce que "ils ont appris que...". C'est touchant, c'est sincère à n'en pas douter et puis au moment où tu entends "tu sais je te comprends, moi aussi....", ça bascule et soudain, c'est toi qui te retrouve à écouter les autres te parler de leurs déboires de vie.
En fait, comme tu as officiellement craqué, à toi on peut dire les choses. Le tabou tombe.
Je me suis alors rendue compte que j'étais cernée par des gens qui pataugent dans le malêtre. Des burnout en puissance. Ou des futurs cancers. Tiens je viens de trouver un avantage au burnout, ça va m'obliger à vider les tuyaux avant d’écoper d'un cancer venu "d'on ne sait où" quand j'aurais 60 ans. (Et puis aussi, maintenant je sais pourquoi ça fait des mois que tous les jours j'use d'une violence psychologique et/ou physique -que pourtant je rejette- sur ma fille, sans savoir d'où ça vient et sans pouvoir m'en empêcher, comme si j'étais schizo).
Allez 2/10.
 

Bref, un test peu concluant qui m'invite à vous dire :
"Sérieusement : par pitié, n'attendez pas d'en arriver là."

Pour reprendre une formule bien connue "parents épanouis, enfants épanouis".
On le répète mais on oublie souvent de l'appliquer : le premier pas vers la bienveillance éducative, c'est d'être bienveillant avec soi-même. 





jeudi 5 janvier 2017

On est pas là pour protéger nos enfants.

"Oublie tes erreurs et tes peurs
Je les efface
A chaque faux pas que tu feras
Je tomberai à ta place
Mon seul plaisir sera de t'offrir une vie idéale
Sans peine et sans mal

[...]
Je ferai un monde où tout ira bien
Tu seras jamais seul tu manqueras de rien"

Je Serai Là, Teri Moïse  




Il y a quelques semaines, je retombe sur cette chanson bien connue de feu-Teri Moïse, qui date de mon adolescence et qu'on trouvait telllllement jolie. 
Cette chanson est jolie, c'est vrai, mais les paroles entendues ce jour là m'ont piqué les oreilles.

Bon, le refrain, je dis pas :
"J'ai découvert qui je suis
Tout a changé le jour où je t'ai donné la vie
Et si jamais le monde t'es trop cruel
Je serai là toujours pour toi "

No problemo, c'est la quintescence de la maternité.... Mais le reste ? 

"Oublie tes erreurs et tes peurs
Je les efface 
Oublier quoi ? Ah non, non, non, moi j'efface rien. Les erreurs sont pleines d'enseignements et les peurs, des obstacles à surmonter dont on ressort grandi.
A chaque faux pas que tu feras Je tomberai à ta place 
QUOI !? Euh non, non plus. Je tombe déjà assez bien tout seule merci. Je veux bien tendre la main pour aider à relever mais c'est en tombant qu'on apprend à ne plus tomber.
Mon seul plaisir sera de t'offrir une vie idéale
Sans peine et sans mal
[...]
Je ferai un monde où tout ira bien
Tu seras jamais seul tu manqueras de rien
Alors déjà, j'ai plein de plaisirs dans la vie, hein ?  Et puis, comment Diable, suis-je censée faire ça ???

Vous savez quoi, je crois qu'une des plus grosses erreurs que véhicule notre modèle sociétal sur ce qu'est être parent c'est de nous faire croire que nous sommes censés protéger nos enfants.
Cette image de nous que nous avons, cette lubie profonde de vouloir qu'ils n'aient jamais mal, jamais peur, qu'ils ne connaissent ni la frustration, ni la haine, ni le mépris, ni la contrariété, ni rien. On veut les préserver de tout ce qui nous semble négatif.

Pour moi, c'est une résultante de deux éléments fondamentaux de notre modèle culturel : le fait que l'on vit dans la peur (voir ici), et l'omniprésence du confort. Nous sommes constamment en recherche de confort, au point que nous allons à l'encontre parfois de ce qui est bon pour nous afin de ne pas en sortir : accumuler des choses qui font tout à notre place, accoucher sans douleur, ne pas sortir quand il pleut ou qu'il fait froid, surchauffer nos maisons, rester dans des situations qui ne nous épanouissent pas mais qui nous maintiennent dans ce confort anesthésique, dans lequel d'ailleurs on s'échine à nous maintenir. Orson Wells et Aldous Huxley avait imaginé les sociétés dictatorielles du futur mais si je devais écrire mon "Meilleur des monde" je miserais sur la peur et le confort : "Le monde il est méchant mais j'ai pas le temps de le changer, c'est les soldes chez Conforama" : et on devient dociles comme des agneaux (ah non pardon, on partage notre indignation sur facebook!).

Mais, bref, je m'égare...

Pourquoi diable, prétends-je que notre rôle n'est pas de protéger nos enfants ?

Parce que les protéger de ce qui nous semble néfaste, c'est les protéger de la vie d'une part. La vie c'est pas un champ de fleurs, la vie est faite de bons et de mauvais moments, et si on apprécie les bons, c'est aussi parce qu'on a traversé les mauvais. La vie desfois c'est dur, mais parfois il faut savoir traverser ça pour accéder au bonheur. Personne n'a jamais dit que le bonheur c'était facile, ou qu'il avait vocation à l'être. 

Ensuite, je crois qu'il nous faut reprendre les rennes de nos vies, et quand je dis nos vies ce n'est pas seulement notre petite bulle mais notre façon d'être au monde, d'être dans le monde. Pour pouvoir être acteur, il faut donc agir et donc il faut voir le monde en face. Pour lutter contre la haine il faut la connaitre, pour lutter contre le mépris il faut en avoir été témoin, pour lutter contre l'inconscience il faut savoir vivre avec les inconscients.  

Parce que protéger nos enfants c'est les mettre réellement en danger. Si on tient le bouclier devant leurs yeux, ils n'apprennent pas ni à voir le danger, ni à s'en défendre seul, ni à l'éviter.(voir ici)

Dans des tas de cultures (souvent dites "primitives"), il existe des "passages initiatiques" où le jeune est volontairement placé dans une situation d'inconfort, voire de danger, et où il doit prouver qu'il peut surmonter cela pour être considéré comme un adulte. (Et soit dit en passant, être adulte est un accomplissement dans ces sociétés, pas une malédiction).
Et après tout n'est-ce pas cela, en effet, être adulte ? Avoir appris à vaincre, seul, les difficultés pour prendre sa vie en main et pouvoir engendrer alors d'autres vies ?

Et puis les protéger, le peut-on réellement ?
Je ne veux pas que mon fils se brûle avec les allumettes alors je vais toutes les enlever ou les mettre tout en haut de l'étagère. Et un jour l'enfant se brise le cou en ayant escaladé l'armoire pour aller chercher les allumettes quand ses parents avaient le dos tourné.
Je veux lui épargner l'angoisse de la séparation alors je reste toujours avec lui et j'empêche le père de s'impliquer parce qu'il ne "sait pas faire". Et un jour on est hospitalisée pour deux mois.
Mon fils se fait harceler à l'école, je vais en parler à la maitresse, je vais voir les parents de l'agresseur, l’agresseur lui-même, je vais le changer d'école. Et devenu adulte, il n'ose s'opposer à son voisin qui lui pourri la vie parce qu'à l'époque, c'est maman qui avait tout géré et qu’aujourd’hui elle n'est pas là. 
Je ne veux pas que ma fille boive de l'alcool parce que c'est mal alors à la maison on en a pas, on en parle pas, on ne fréquente pas de gens qui en boivent, on interdit les soirées où il y en a. Et un jour votre fille se regarde dans la glace après son premier verre de whisky à 8h du matin en se rappelant ce jour où ce charmant garçon lui a tendu un verre avec un clin d’œil et qu'elle n'en a jamais parlé à la maison parce qu'à la maison, ça n'existait pas.

Vouloir protéger un enfant, plus j'y pense, plus je trouve ça contre-productif.


Alors quoi ? "D 'après toi grande maline, que faut-il faire?"
Je laisses la parole à Dumbledore et Harry Potter :

"Comment puis-je protéger mon fils Dumbledore ?
- [...] On ne peut pas protéger les jeunes de la souffrance. La douleur doit arriver et elle arrivera.
- Donc, je suis censée rester là à ne rien faire ?
- Non. Tu es censé lui apprendre à affronter la vie. "

Moi y en a être d'accord.
Je veux dire, évidemment que je ne suis pas en train de dire qu'il faut livrer nos enfants à eux-mêmes ou les mettre dans des situations ingérables pour eux en pensant qu'ils s'en sortiront seuls et que ça leur servira de leçon.

A mes yeux aujourd’hui, notre rôle est de sensibiliser nos enfants, de les accompagner, de les soutenir, de les épauler, oui, de leur apprendre à se protéger, mais pas de les protéger.

Alors évidemment c'est difficile parce que souvent nous avons été protégés, et nous sommes très nombreux à ne pas savoir nous-mêmes comment nous protéger. Ou on a été laissés seuls, ou forcés : "T'es plus un bébé, c'est rien, serres les poings / rentres dans le tas".

Mais des outils bienveillants il y a en et vous les connaissez sûrement :
- accepter les émotions, les entendre et laisser l'enfant les entendre et lui apprendre à les gérer
- trouver des solutions ensemble, l'impliquer dans ce qui le concerne
- lui apprendre qu'il a le droit de dire ce qu'il ressent et d'être traité avec respect.
- avoir nous-mêmes un comportement exemplaire, en accord avec nos discours.
- laisser la place à l'autonomie, à l'expérience personnelle, sans jugement ni tentation de faire à leur place
- laisser le droit à l'erreur et laisser l'enfant tirer les conclusions qui s'impose
- être là, tout simplement, comme un refuge, un phare dans la tempête et laisser l'enfant venir à vous pour y puiser la force qui lui est nécessaire.
etc.

Pour moi, il ne s'agit pas de dire : "T'inquiète mon chou, maman va venir avec son bouclier en titane" mais "Bon, voilà du carton, du scotch, quelques clous, viens, on va te faire un bouclier. C'est quoi ça là-bas ? Ah ça, c'est mon bouclier en titane et tu sais quoi, un jour tu auras le tien. Mais il faut beaucoup de personnes pour faire celui-là. Viens on va commencer par le carton, je vais te montrer."  

Pour finir, je vous propose une réécriture de ma chanson d'intro  :

"Sers toi de tes erreurs et tes peurs
Dépasse-les, apprend d'elles
A chaque faux pas que tu feras
Je t'apprendrai à te relever

Mon plus grand plaisir sera de te voir construire ta vie librement
 Avec ses peines et ses joies

Et tu seras l'acteur d'un monde meilleur

Je t'apprendrais à te satisfaire de ce que la vie te donne
Et je serais là, toujours pour toi".


mardi 6 septembre 2016

Alors? Alors??

Alors?Alors?

Alors ben....c'est aujourd'hui la 4 ème matinée d'école. La première s"est passée en douceur, avec même un peu d’excitation. A la fin de la matinée j'ai retrouvé un enfant tout chagrin: il ne voulait pas rentrer mais rester à l'école encore. "Toute sa vie!!"

La deuxième matinée s'est bien passée aussi même si me voir partir a été un peu plus sensible. Quand il m'a vu dans l'embrasure de la porte, à midi, j'ai eu droit à un sourire à me faire chavirer le cœur.Il s'est levé et précipité vers moi en en oubliant son cartable, m'a grimpé dessus puis a murmuré "mais pourquoi je ne reste pas maman??"

La troisième matinée, le réveil a été difficile et il ne voulait pas me laisser partir. J'ai compris que c'était à moi que la maitresse s'adressait et non pas à mon fils quand elle a dit " les mamans ne rentrent pas dans la classe!"...mmmhhh....j'étais à l'intérieur avec ma petite moule accrochée à son rocher. Il est parti voir les dinosaures avec la maitresse et quand je l'ai retrouvé j'ai eu droit à ce même sourire qui me mets le cœur en ivresse.

Le quatrième matin, aujourd'hui, il n'a pas réussi à se lever. Il n'a pas arrêté de se faire mal. Glisser dans la salle de bain et se cogner les fesses et la tête, se cogner le petit orteil dans la table...Il a eu du mal à manger tant il était encore à son sommeil. Je lui ai demandé si c'était trop dur, il m'a dit "oui mais je veux aller à l'école maman". Alors je ly 'ai emmené. Au bout de 30 secondes j'ai du le porter. Et quand je l'ai laissé avec la maitresse, devant la classe (pas dedans), c'était dans les cris et les larmes.  Sa main s'agrippant à mon pull.

Alors oui , dans l'ensemble ça se passe bien et j'ai de la chance d'avoir un enfant qui veuille aller à l'école et qui (jusqu’à maintenant en tout cas) ne s'est pas vidé de toute l'eau de son corps à coup de larmes.  Je vois aussi que ça lui plait beaucoup.

Mais ça ne fait que 4 jours d'école entrecoupés d'un week end des plus calme et mon fils passe ses journées à ralouiller, ronchonner, à chouiner, à se faire mal.  On a arrêté les petites balades du soir. On a arrêté les balades de l'après midi aussi. Hier soir j'ai du manger dans la salle de bain pendant qu'il se lavait parce qu'il était trop fatigué pour attendre que j'ai fini mon assiette.  Quand il s'est allongé dans l'eau pour que je rince ses cheveux, ses yeux se sont fermés.  Pendant ce moment de flottement, j'ai regardé mon fils, les cheveux flottant dans l'eau, dessinant comme un soleil autour de sa tête et j'ai eu un pincement au cœur.
 Je l'ai sorti de l'eau, entouré dans une serviette pour le sécher rapidement et je l'ai mis sous sa couette. Mes lèvres n'avaient pas encore touché son nez qu'il dormait.

Il a dormi 11h. Lui qui se réveillait au petit matin pour me rejoindre, dort comme une masse. C'est moi qui vient le voir le matin, pour le réveiller, le plus en douceur possible.

La maitresse m'a dit "il va être fatigué jusqu'à la Toussaint".  La Toussaint c'est dans 43 jours. Les mamans m'ont dit "la première année c'est la pire, vous allez voir dans quel état il sera au moment des vacances..." Je crois, non j'ai la certitude que la fatigue ne peut que se cumuler et non pas se résorber.



En attendant, on mets notre vie entre parenthèse. Un temps suspendu et infini où l'on ne fait rien ou presque, tant le corps et l'esprit est fatigué, on se repose parce que "demain il y a école".

Pour le moment, ça va, l'après midi il peut se reposer. Bientôt, ce sera toute la journée. Comme tous ces enfants qui sont levés à des heures indécentes et ne retrouve leur parent que le soir venu. Sauf que ce n'est pas un enfant parmi des centaines, que dis-je, des milliers!! C'est mon enfant. Et ce n'est pas parce que c'est la norme qu'elle est bonne.Vous lisez ce blog, alors vous le savez aussi bien que moi: on pourrait faire mieux.

Alors?
Non je ne m'en veux pas. Non je ne culpabilise pas. Mais je suis triste et en colère de voir tout un système marcher sur la tête. De devoir mettre mon enfant à l'école et en garde  pendant que je vais travailler alors que je pourrais être utile ici, "servir mon écosystème" et ne pas infliger à mon fils autant de fatigue. C'est pour ça que je ne suis pas prête pour cette rentrée. Ce n'est pas tant le fait de voir mon fils se séparer de moi pour faire ses expériences avec d'autres, non. C'est le fait d'entrer dans cette norme et d'accepter que mon projet de vie n'est pas viable pour le moment. En attendant, il y a école demain.



vendredi 2 septembre 2016

Notre routine

Il parait que c'est intéressant de connaitre les routines des autres mamans.
Avec le retour de l'école, un article de ce type me semblait approprié puisque, c'est une de mes leçons chèrement acquise l'an dernier : une des pires choses à gérer avec l'école et la reprise du travail à mes yeux (et, semble-t-il, aux yeux de bon nombre d'autres mamans) c'est le rythme (insensé) et la fatigue qui s'en suit que nous devons imposer à nos enfants. Du coup, trouver la routine adéquate qui augmente les chances de passer des moments en famille dans le calme et la sérénité : ça aide beaucoup.

Autant le dire, la routine chez nous, à la base, c'est un gros mot et c'est pas inné. Il n'était pas rare quand nous n'avions pas d'enfant que mon mari et moi rentrions le soir, nous lancions chacun de notre côté dans une activité et que l'un de nous émerge à 22 heures en disant : "Euh, au fait... on a pas mangé ?". C'est vous dire si on revient de loin ! Y avait pas grand chose de fixe dans notre emploi du temps quotidien, nous vivions au fil de l'eau. 
Et pour moi la routine bien rodée est un luxe qui m'est permis par le temps dont je dispose aujourd'hui. Quand Minimog était bébé, avec mon emploi précédent quand je bossais 5 jours par semaine en me levant à 6h et rentrant à 19h le soir, on était pas dans la routine, mais dans la survie. Etant donné que humainement, je ne pouvais pas réussir à faire tout ce que je "devais", je ne pouvais pas avoir de journée type. Donc mon article n'a pas vocation à étaler notre belle routine bien comme il faut pour montrer à quel point on est une famille modèle. Il m'a fallu 4 années et bien des ratés pour en arriver à cet équilibre qui reste précaire et qui nécessite tous les jours des efforts pour ne pas partir en lambeau.
En fait, chaque créneau horaire pourrait commencer par la mention "si tout va bien".

LE MATIN :

Version tout va bien : 
6h10 : mon réveil sonne, je snooze.
6h20 : mon réveil re-sonne, je re-snooze.
6h30 : je n'ai plus le choix, je m'arrache de mon lit et je descends me préparer. Comme je ne suis pas très coquette, ça va vite. Logiquement, mon fils se réveillera sûrement quelques minutes plus tard - fils qui a la faculté extraordinaire d'être tout sourire même si on interrompt son sommeil, ça aide. Puis je prépare le petit déjeuner.
6h45 : Je réveille Minimog. Enfin j'essaye. Si elle est au taquet elle se réveille et s'habille. Si elle a du mal à émerger je la porte au salon où je l'installe dans le canapé avec un plaid pour qu'elle se réveille lentement pendant que je finis de préparer le petit déjeuner.
7h00/ 7h05 : les enfants ont fini de déjeuner - moi j'ai pris le pli de déjeuner au boulot pour manger dans le calme et être plus disponible pour les enfants. Tout le monde passe à la salle de bain pour l'habillage (préparé la veille), la coiffure, le lavage de dents.
7h15 : départ pour chez la nounou.
7h30 : arrivée chez la nounou - bisous - départ pour le boulot.

Il n'y a pas de temps de jeu chez nous: l’objectif étant de nous lever le plus tard possible. De toutes façons il restera 30/40 minutes chez la nounou pour finir d'émerger et jouer un peu avant l'école.
L'autonomie pour le petit déjeuner passe à la trappe les jours d'école/boulot : de toutes façons Minimog n'a souvent pas les yeux en face des trous pour ça. Et le lavage de dents est souvent zappé faute de temps....

Version apocalypse:
6h10 : mon réveil sonne, je snooze.
6h20 : mon réveil re-sonne, je re-snooze.
6h30 :  mon réveil re-re-sonne, je re-re-snooze
6h40 : je n'ai plus le choix, je m'arrache de mon lit en stress et je descends me préparer. Comme je ne suis pas très coquette, ça va hyper vite. Je finirais de me coiffer au boulot.... Ou pas. Je finis de préparer ce que je n'ai pas eu le temps de préparer la veille.
6h50/55 : Je réveille Minimog. Enfin j'essaye. Elle est tellement claquée qu'elle se rendort sur le canapé ou carrément je remets ça à plus tard et je prépare le petit déjeuner.
7h00: je re-tente de réveiller la pépette, je commence à l'habiller pendant qu'elle dort en essayant d'être la plus douce possible. Ça la réveille.
7h15 : Minimog est habillée.... Et en larmes.
7h30 : je case la puce en larmes dans la voiture, elle déjeunera chez la nounou, je fourre les habits de mon fils dans un sac pour que la nounou l'habille, je réveille mon bébé et le fourre dans la voiture dans la foulée (et non, il ne pleure pas - enfant béni) il déjeunera aussi chez la nounou. Et moi je suis bonne pour les bouchons...

Entre ces deux versions nous avons des variantes : le jeu étant de faire de la version 1 la version immuable.


LE SOIR :

17h : arrivée chez la nounou - c'est le moment où Minimog qui était super calme jusque là se met à péter un plomb et devient surexcitée ou chuineuse, ou les 2.
17h 15 à 30 : on arrive à la maison. Nous rangeons les chaussures et les affaires de chacun et puis nous avons le luxe d'un temps de reconnexion et de jeu d'environ une heure devant nous : généralement ce temps comprend une tétée / un câlin - un tour au jardin et un temps de jeu avec Minimog. Quand Papa-san est là c'est le super bonus sérénité car on peut s'occuper chacun d'un enfant.
18h30 : je me mets à la cuisine. J'ai opté, avec accord de toute la famille pour une formule "repas simples" lors des journées boulot. Je prépare le plus simplement du monde une légumineuse, un poisson/ viande pour mes omni, des légumes et un féculent qui sont proposés en vrac sur la table avec un choix d'assaisonnement (vinaigrette / crème / fromage / graines / sauces, etc.) ensuite chacun fait à sa sauce. Les enfants mangent tout en séparé, Papa-san et moi faisons nos propres arrangements. C'est sain, facile, rapide, délicieux et modulable. Minimog peut m'accompagner facilement à la confection. C'est parfait.



Les jours sans pression, je cuisine des plats.
19h : nous mangeons.
19h30 : nous passons à la salle de bain. Ça nous prends pas mal de temps : 30 minutes en moyenne 45 minutes si Minimog s'éclate dans le bain ou si elle doit se laver les cheveux (démêlage et séchage). C'est un moment de détente en famille, on prend notre temps. Minimog fait une toilette ou un bain selon l'envie et le besoin. Je prends ma douche avec Raoudi. Lavage de dents. Pyjama.
20h00: si on est près, re-moment de jeu calme avec les enfants : souvent Raoudi vaque à ses vadrouilles et je joue avec Minimog (en ce moment la famille Oukilé à la côte)
20h10 : séance de yoga ! C'est tout nouveau mais Minimog est tellement sur les nerfs en fin de soirée que je cherche un moyen de canaliser tout ça. Je teste en ce moment l'initiation au yoga à l'aide du dé yogique de Merci Montessori. Il a été très bien accueilli.
Puis une histoire et c'est le moment de pré-dodo pour Minimog. Je dis pré-dodo car elle ne dormira pas avant que son frère ne la rejoigne dans la chambre. Je laisse une petite lumière allumée : elle a le droit de lire ou de jouer calmement avec ses poupées : c'est un temps calme.

Pour info pour les non-facebookiens nous dormons tous dans la même chambre désormais.

20h30 environ : je mets Raoudi dans le porte-bébé, je tamise la lumière dans la cuisine et je finalise la journée : préparation de mon bentô avec les restes du repas et du gouter de Minimog, vidage et remplissage du lave-vaisselle, nettoyage de la chaise de Raoudi et de la table et coup de balai. Et plus si j'en ai le temps.
Ce rituel a émergé au début des vacances : quand Raoudi a acquis la marche à quatre pattes, il est devenu impossible à "mettre au lit". soit il vadrouillait dans tous les sens, soit il hurlait. Je mettais jusqu'à une demi-heure voire plus à l'endormir. Le souvenir de cette période affreuse était encore frais dans ma mémoire où Minimog a acquis la marche et qu'elle a subitement décalé son heure de coucher vers 22h, et où j'ai passé 45 minutes à 1 heure tous les soirs dans mon couloir ou dans sa chambre à essayer de l'endormir par tous les moyens jusqu'au nervous breakdown. Je ne me ferais pas avoir deux fois : fidèle à la "méthode continuum" que j'applique avec Raoudi depuis le début, je l'ai casé en porte bébé et je le laisse s'endormir tout seul en vaquant à mes occupations. Ça fonctionne au poil : en général il met 10/15 minutes à s'endormir et moi je mets ce temps à profit pour faire ce que je dois.
quand il s'est endormi je couche Raoudi. Le temps de faire le transfert il se réveille un peu, je le mets au sein et Minimog me prend la main. On se regarde, on se sourit, on se dit des "je t'aime" : dernière connexion avant le dodo, quelque soit les tensions que l'on a eu avant, ce moment est fait uniquement de présence partagée et d'amour.
21 h environ (en ce moment) : je quitte mes enfants pour la nuit et je me POSE. Même 15 minutes si je suis crevée mais je me pose : pour lire un livre, tisser, jouer mais je prends un moment pour moi ou moi et mon homme s'il est là.

Il n'y a pas de scénario d’apocalypse car le soir est beaucoup plus gérable vu que nous disposons de plus de temps. Ceci est notre routine 3 jours par semaine et bien sûr, les 4 autres, nous nous faisons une joie de nous assoir dessus. Quoique, je limite à présent la mise au coucher à 21h pour Minimog car j'ai bien saisi l'importance du facteur sommeil pour l'harmonie de notre vie de famille (pour tout le monde : enfants ET parents !)


dimanche 24 juillet 2016

Le tableau des états d'âme - téléchargement

Ouah, mon rêve de blogueuse devient réalité : j'ai mis un truc en téléchargement !!! 
Enfin j'ai essayé, si ça ne fonctionne pas, indiquez le en commentaires. :$

Il s'agit du tableau des états d'âme dont je parle ici 
Mais cette fois avec les illustrations de Charlie, déjà utilisées pour le nuancier des émotions
Ainsi ceux qui utilisent déjà le nuancier auront les mêmes repères. Toutefois certains visages n'ont pas exactement le même sens dans les deux outils. 

Donc s'il y en a que ça intéresse, c'est par là :

Je l'ai laissé en format Open office pour être modifié selon vos envies et besoins.

jeudi 14 juillet 2016

Notre mur du temps et des émotions


Au départ, il y a le besoin d'aider Minimog à structurer sa vision du temps. 
Il faut dire que nous ne sommes pas vraiment des routiniers (j'essaye pourtant mais c'est contre-nature) et que notre emploi du temps est souvent assez (trop?) rempli. 
Minimog a acquis depuis des mois la notion de passé / présent / futur mais sans aller au delà.
Pour elle "hier" ça peut être il y 6 mois et "demain" ça peut vouloir dire dans deux semaines. Et comme tous les enfants de son âge, elle est dans l'immédiateté. Difficile alors pour elle de comprendre et d'attendre que les choses arrivent. J'ai donc ressenti le besoin de l'aider à structurer le temps dans sa pensée avec des outils concrets.

Le temps 

Alors, si vous cherchez des outils pour aider à structurer le temps, je vous renvoie à cet article d'Elsa où vous trouverez une liste quasi exhaustive (ou en tous cas ultra fournie) de ce que l'on peut utiliser comme outils temporels.

Nous n'utilisons pas tout ce qu'elle utilise, loin de là mais notre mur est bien rempli (trop). 


Je m'étais déjà servie d'une petite poutre du temps pour la période où nous avons vécu dans les Vosges. 
J'y avais inclus des repères comme Halloween, la rentrée à l'école des Souris Vertes, la naissance (supposée) de Raoudi et son retour à l'école habituelle. 



Mais une poutre du temps c'est fichtrement LONG ! et pas facile à caser. J'ai mis du temps avant de jeter mon dévolu sur un pan de mur finalement bien placé mais peu utilisé et utilisable pour autre chose. 
 
La poutre du temps existe en entier mais je n'ai pas encore trouvé le moyen de l'afficher comme j'aimerais. J'ai donc placé uniquement les deux mois des grandes vacances pour répondre à un vrai besoin de Minimog qui ne comprend pas que des vacances durent aussi longtemps ^_^. Une mini pince à linge fuchsia sert à marquer le jour où nous sommes et d'autres repères ont été placé pour marquer les différentes fêtes de l'année, nos anniversaires (Minimog demande sans cesse quand aura lieu son anniversaire), les vacances chez Papi et Mamie, etc.


J'ai aussi ajouté des repères journaliers pour structurer la semaine. C'est un "truc" utilisé dans la moindre salle de classe mais j'ai repris le fonctionnement d'Elsa qui me plaisait beaucoup. Même principe : un rond par jour, une pince à linge fuchsia pour marquer le jour où nous sommes et des repères en pinces à linge.
C'est ce qui sert le plus à Minimog. Je crois que la poutre du temps c'est encore trop large pour elle mais elle s'intéresse beaucoup à la poutre hebdomadaire et avance sa pince à linge tous les jours.
J'avais fait des ronds de couleurs différentes pour une raison purement esthétique mais en fait, c'est très utile car, ne connaissant pas encore bien les jours de la semaine, Minimog se repère aux couleurs (ce qui ne m'empêche pas de nommer les jours par leurs noms même si pour l'instant ça ne lui parle pas). 


La poutre hebdomadaire sert aussi à placer deux "bons pour cododo" et deux "bons télé" à répartir quand elle le souhaite. 
La (célébrissime !) coupine Anaïs utilise un système de bons similaire pour les écrans mais plus poussé : les enfants disposent d'un certain nombre (défini en famille) de bons de 15 minutes à repartir comme bon leur semble dans la semaine. Clairement c'est trop tôt pour Minimog mais je trouve l'idée super.  


Enfin j'ai affiché les légumes de saison du mois en cours. Franchement, ma présentation est atrocement imposante et surcharge beaucoup le mur. Mais j'ai recyclé mes anciennes cartes de nomenclature, également recupérées chez Elsa et sur ses conseils, j'avais imprimé les choses en grand. Bon là c'est la pleine saison, en hiver ce sera moins chargé et du reste, les cartes restent d'actualité pour Raoudi et je n'avais pas envie de polluer en réimprimant des légumes en plus petit et en re-plastifiant le tout. 
Quand Minimog rentrera de vacances j'ai pensé lui proposer de mettre des gommettes sur ce que nous avons dans notre jardin. 

Comme je suis une quiche pour l'instant sur la question, j'ai repompé ma liste sur le modèle des calendriers bio consommacteurs partagés par Valérie Cupillard (ici).
Ah oui ! Parce que j'ai oublié de préciser que, comme à peu près toute la maison désormais, c'est un mur à utilisation familiale, il n'est pas destiné qu'aux enfants. Il est conçu pour que les enfants puissent l'utiliser mais le calendrier sert aussi aux parents, ainsi que tout le reste. 



Les émotions (ou plutôt les "états d'âme")

Avec l'école et nos emplois, nos soirées ont connu beaucoup de... "désaccords émotionnels" entre une Minimog surexcitée (qui s'excite un peu plus à chaque fois qu'on réclame du calme puisqu'elle est aussi fatiguée), une maman fatiguée et un papa stressé et fatigué, qui ont généré pas mal de tensions (je vous fais pas un dessin, hein ?). J'ai eu l'idée d'ajouter à notre mur un outil de mon cru pour aider à gérer tout cela. 
(Gwen, c'est le fameux outil révolutionnaire dont je parlais) qui n'a évidemment rien de révolutionnaire mais enfin qui, s'il est inspiré de trucs piochés à droite à gauche, est de mon crû et conçu pour les besoins de notre famille et pas copié-collé. Et donc il fonctionne plutôt bien !!


Le principe :  à gauche, une colonne "Je me sens" avec divers état d'âme (c'est avec tristesse que j'ai constaté que le positif "bien" était tout seul alors que nous avons une kyrielle d'états "négatifs" ; ça en dit long quand même). Au milieu la colonne où nous plaçons les photos des membres de la famille dans l'état qui est le leur au moment M. A droite, la colonne "j'ai besoin de". J'ai divisé en 2 les besoins : calme et amour. 
Chaque membre de la famille peut bouger qui il veut. 

Son intérêt est multiple :
- il permet d'exprimer son ressenti de manière plus concrète et de le faire entendre aux autres.
- il permet aussi d'exprimer le ressenti des autres sur ce que l'on communique comme émotion. Je peux choisir de mettre Minimog sur "excitée" en lui disant pourquoi, parce que c'est ce que je perçois.
- il permet une prise de conscience de son état: je dis souvent à mon époux qu'en ce moment je le trouve très tendu, il ne me croit pas. Je pense qu'à force de voir sa photo en bas du tableau, il réalisera peut-être...
- il permet de discuter des états d'âme : si je mets Minimog sur "excitée", à elle de me dire si elle est d'accord ou pas. La position des photos doit faire consensus.
- il permet de visualiser les besoins de manière concrète et simple. Minimog excitée / Maman fatiguée / Papa énervé = Tiens donc! On a tous besoin de calme.

Je voulais attendre de voir si le tableau fonctionnait vraiment avant de le partager (l'installation est récente) mais j'ai promis à Gwen que ce serait mon prochain article et j'en ai plein d'autres sur le feu. 
Pour l'instant Minimog joue avec : "Alors aujourd'hui je suis.... triste (alors que c'est faux) ! et papa..... en colère (idem), et Raoudi...... Maman, Radoui il se sent comment ?". Pour moi c'est parfait, elle se l'approprie. L'indifférence aurait été un échec, ce n'est pas le cas.
D'ailleurs Petit chou aussi a aimé.

Et oui... J'aurais pu ré-uiliser le nuancier des émotions de Charlie et Anaïs pour les images mais j'y ai pensé trop tardivement ;-). Mais si l'idée vous plait, pensez-y ! 

finalement, c'est une bonne chose que je n'ai pas eu le temps de tout installer d'un coup, ça aurait fait trop. Minimog a eu le temps de s'approprier chaque élément de ce mur qui va surement connaitre des modifications au fur et à mesure de nos besoins.


mercredi 6 juillet 2016

La mère, l'enfant et la peur

"Fear of the dark, fear of the dark
I have constant fear that something's
Always near"

Fear of the Dark, Iron Maiden
T'as pas peur que.... ?

Non.
je n'ai peur qu'ils se fassent mal,
je n'ai pas peur qu'ils s'étouffent,
je n'ai pas peur qu'ils tombent
je n'ai pas peur qu'ils se cognent,
je n'ai pas peur qu'ils se brûlent,
je n'ai pas peur qu'ils ne se détachent pas,
je n'ai pas peur qu'ils ne se sauvent,
je n'ai pas peur qu'ils prennent "l'habitude",
je n'ai pas peur qu'ils prennent soient mal influencés,
je n'ai pas peur qu'ils m'en veuillent,
je n'ai pas peur qu'ils me rejettent,
je n'ai pas peur qu'ils me haïssent,
je n'ai pas peur qu'on les kidnappe,
je n'ai pas peur qu'on leur fasse mal,
je n'ai pas peur qu'on leur fasse du mal,
je n'ai pas peur qu'ils se fassent écraser,
je n'ai pas peur qu'ils aient des allergies,
je n'ai pas peur qu'ils se noient,
je n'ai pas peur qu'ils tombent malades,
je n'ai pas peur qu'ils se perdent,
je n'ai pas peur qu'ils soient décalés,
je n'ai pas peur qu'ils ne comprennent pas,
je n'ai pas peur qu'ils n'y arrivent pas,
je n'ai pas peur qu'ils soit trop tôt,
je n'ai pas peur qu'il soit trop tard,
je n'ai pas peur de me tromper,
je n'ai pas peur de l'avenir,
je n'ai pas peur qu'on les abime,
je n'ai pas peur pour eux,

Notre société vit dans la peur, entretient cette peur, nous domine et nous divise par la peur. Certains vous diront que la peur est utile, qu'elle est saine pour les parents ou les enfants, pour éviter de se mettre en danger, pour ne pas faire de bêtises.
Je ne crois pas. Je crois que nos peurs nous appartiennent, et qu'il nous revient de les dépasser, pas de les transmettre, qu'elles sont un cadeau empoisonné à faire à nos enfants. Je crois que la peur ne protège pas. La peur est contagieuse et la peur paralyse, elle bloque, elle panique, elle referme sur soi, elle empêche d'avancer.

Je crois qu'un des grands atouts dans ma vie de mère épanouie est d'avoir su tourner le dos à la peur et de l'avoir remplacée par de la conscience. J'ai conscience que des choses peuvent arriver, je tâche d'être lucide et d'aider mes enfants à faire face à ou à éviter ce qui doit l'être. J'ai conscience aussi qu'un tas de choses dont on m'a appris à avoir peur sont erronées. J'ai conscience aussi de ne pas tout pouvoir apprendre ou éviter.

J'ai conscience que "peur" est un mot qui revient sans cesse dans la bouches des mamans. Depuis les premiers jours de gestation jusqu'à la fin : la peur est omniprésente dans l'esprit des mamans à chaque étapes de la vie de leurs enfants.
Quand je suis partie à la maternité pour accoucher de mon fils, j'ai été submergée par la peur : la peur de souffrir, de ne pas être capable. J'ai surmonté cette peur, et j'ai été capable de tellement plus que ce que j'imaginais. Depuis j'ai entrepris de séparer ma maternité de la peur.

Aujourd'hui, je n'ai plus (de) peurs. Je suis libre d'avancer, dans la conscience. C'est, je crois, une des plus grandes étapes que j'ai franchi en tant que maman.




dimanche 12 juin 2016

La découverte du corps

J'ai envie aujourd'hui d'aborder un sujet délicat. j'ai envie de vous parler du corps de nos enfants et de leur sexualité. Un sujet dont on parle peu même entre nous, un sujet dont on parle toujours avec gêne.  J'ai eu l'occasion d'aborder un peu ce sujet avec d'autres mamans, en privé, et j'ai envie d'en parler avec vous  pour faire tomber un peu les tabous, pour essayer de rendre ça plus léger.

Quand j'ai su que j'attendais un garçon, j'ai paniqué. Pire que ça, le monde a basculé.  Pour que vous compreniez mieux ce que j'ai pu ressentir, je dois d'abord vous dire que depuis mon enfance mes rencontres avec l'autre sexe ont rarement été bienveillantes. Devoir un prendre soin d'un corps différent du mien, élevé un garçon me semblait le bout du monde.

Et puis ce petit gars est arrivé et au final les choses se sont faites assez simplement. Par contre il y a une chose qui me tenait à coeur, c'est de ne pas faire peser sur lui mes propres casseroles,il n'est pas moi.   Comme toute mère, j'ai envie de voir mon enfant épanoui.

Je l'ai caliné, embrassé, mordillé même en jouant, j'ai changé ses couches avec autant d'attention et de tendresse que si il c'était agit d'une petite fille. Parce que ça me semblait normal. Le contact, le toucher est important, il aide à prendre conscience de son corps, a ne pas avoir de tabous.

Et puis il y a eu cette fois où pendant une tétée, il a eu une érection. Cette fois où, il est venu mettre sa main dans mon soutien gorge.

Soyons clair, les actes déplacés ne viennent pas des enfants. Et le nombre d'érections pendant les tétées, les changes, les simples câlins sont aussi importants que les manifestations sexuelles non visible chez les petites filles.

Le problème c'est qu'on mets tout dans le même sac. Sexualité des enfants, sexualité des adultes, sexualité de seniors. Alors que non, ça n'a rien a voir. Pour les enfants, il n'y a rien de sale, de pervertis, de malsain. C'est tout aussi plaisant que de découvrir ses narines ou ses orteils.

J'ai donc essayé de replacer les choses dans leur contexte (avec un peu d'aide parce que pour moi c'est un peu lourd à porter tout ça). Je crois que si on veut pour nos enfants, une sexualité "saine"  et épanouie, il nous faut avant tout être clair avec eux.

Aujourd'hui quand mon fils me demande une tétée, ou essaie de glisser sa petite main,je sais que ce dont il a besoin c'est d'un vrai contact. Alors je lui propose un câlin. Un vrai câlin, dans les bras l'un de l'autre, un câlin qui lui permets de sentir ma peau, mon odeur, ma présence. Et ça suffit. Je n'ai pas eu besoin de dire qu'"on ne fait pas ces choses là", et donc d'induire que  toucher l'autre ne se fait pas, le fait de le prendre contre moi à fait disparaitre le geste.

Zezette, nenette, zizi, zigounette, oiseau.... ils sont bien mignons ces petits noms mais si il cherche à rendre mignonne la réalité, il dévoile  un malaise. J'ai eu du mal à dire le mot "Pénis",  "zizi" est encore souvent utilisé. Je pense qu'utiliser le terme adéquat aide aussi l'enfant à comprendre son corps et en s'en faire une image. Médor n'est pas un chienchien ou un toutou, ni un ouafouaf, un pénis n'est pas une zigounette, un zizi ou autre chose. Pourquoi avoir du mal à dire ces mots à nos enfants??( question rhétorique hein...!)

Depuis peu, j'ai eu le droit à toute une floppée de remarques du type "Maman...regarde, il est tout dur....pourquoi??" ou alors...
 "mamaaaaaaaaannnnnn il est  tout écrasééééé!
-qu'est ce qui est écrasé mon chéri?
-Mon ziziiiiii!!!!!
-Ou ça?
-lààààààààààà!!!!
-Oh ça mon chéri ce sont tes testicules, elles ont un aspect tout à fait normal "

Alors j'ai réinstallé un miroir dans notre nouvelle salle de bain pour qu'il puisse s'observer, je lui ai mis à disposition des livres sur le corps, et il s'est remis à  la mise en paire d'animaux selon le critère male-femelle. Pour ce qui est de répondre à ces questions quand je sens de l'inquiétude (comme le coup des testicules) je rassure et sinon et bien je lui demande ce qu'il en pense, puisque ce qu'il cherche n'est qu'une confirmation. le principe d'action-réaction est tout à fait acquis a ce niveau même s'il peut rester surprenant. "oh ça le fait a chaque fois"

Vous vous doutez bien qu'a ces remarques s'associent des gestes. C'est là qu'apparait la notion d'intimité qui est si importante  pour apprendre à se respecter et à respecter les autres. Je n'interdis pas à mon fils de se caresser, comme je ne lui interdis pas de toucher une quelconque partie de son corps. le lui interdire serait considérer qu'il s'agit d'une chose sale. Mettre son doigt dans son nez, se faire mettre les doigts du dentiste dans la bouche, ou se mettre le doigt dans l'oreille n'est pas sale. toucher son sexe non plus. MAIS, on le fait quand on est seul, dans sa chambre par exemple.

Ce matin encore je le rappelle à mon fils. Il me répond " alors tu me laisses" maman, pour entendre quelques minutes après "mamaaaannn, tu peux venir!!!!!"

Il va falloir penser à la prochaine étape: la discrétion :-)


Le commentaire de Maman'dala :

C'est en effet un sujet délicat que Charlie a choisi d'aborder et pourtant nous y sommes toutes confrontées.... Peut-être plus tôt que l'on ne s'y attend. Quand ça nous est tombé dessus avec Minimog, d'une manière un peu inattendue qui plus est, nous nous sommes retrouvés un peu démunis.
Prendre du plaisir avec son corps est très mal vu dans notre société, c'est considéré au mieux comme gênant, au pire comme pervers. Et pourtant c'est un apprentissage normal et je pense que nombre de femmes (et d'hommes ?) connaissent une sexualité difficile parce que le rapport à leur corps a été conditionné par ces tabous et par un rapport avec d'autres personnes elles aussi conditionnées par ces tabous. Tabous, qui, paradoxalement, viennent selon moi du fait que l'on sur-sexualise le corps.
Mais bien que nous soyons convaincus de l'innocence et de la normalité de la sexualité naissante des enfants, il nous a été difficile de nous positionner.
Déjà par rapport à nous-mêmes. Mon mari a cessé de donner des bains à sa fille vers 4 mois parce que le fait d'avoir à laver ses parties génitales le gênait de plus en plus à mesure qu'elle grandissait. Il a refusé aussi pendant très longtemps que sa fille puisse le voir nu. Et je ne vous dis pas mon malaise la première fois que j'ai du rabattre une couche sur la première érection de mon fils que j'avais moi-même provoquée pendant les soins.
Et puis, qu'on l'approuve ou non, nos enfants vivent dans une société qui a ses règles, ses codes... et ses risques. Très honnêtement les photos des hippies qui se baignaient nus dans les rivières de Woodstock me donnent un goût de jardin d'Eden mais pour autant je n'ai jamais osé le faire parce qu'on est PAS au jardin d'Eden justement.
Donc pour nous le problème était : comment lui faire comprendre que ce qu'elle fait est gênant, sans lui donner l'idée que c'est mal.
Nous avons alors suivi le conseil de Charlie : de dire à notre fille qu'il y a certaines choses qu'elle pouvait faire, mais seule. C'est ainsi que la notion "d'intimité" a fait irruption dans notre vocabulaire. Pas évident à faire comprendre à un bambin mais nous n'avons pas trouvé mieux depuis 18 mois. Toucher sa zézette (chez nous c'est "zézette" et "zizi" - je comprends totalement l'argument des mots vrais, j'y travaille, mais en même temps je parle rarement de mon "vagin" pendant une discussion... à 33 ans je dis encore zézette... que voulez vous les tabous ont la vie dure) c'est permis mais dans l'intimité et aussi, il n'y a que soi-même qui puisse tripoter son propre sexe (sauf maman quand elle aide à laver, mais dans ce cas je lui demande si je peux). A dire vrai, considérant qu'elle jouera sûrement "au docteur" avec des copains un jour, je devrais plutôt dire qu'il n'y a qu'elle qui puisse décider de qui, quand, et comment on a le droit de toucher son sexe. Rectification que j'opérerai quand j'en aurais l'occasion d'ailleurs, tiens !
Mais c'est un sujet que je trouve assez difficile à traiter pour maintenir l'équilibre du respect de soi, et d'autrui, entre découverte personnelle et tabous sociétaux.

Et pour l'anecdote légère, ma fille suit très bien la consigne "toute seule", mais je me suis déjà fait jetée de mon propre salon parce que : "comme ça tu me vois pas maman". Donc pour nous la prochaine étape c'est "toute seule.... dans ta chambre" ^_^






mercredi 16 mars 2016

Quand les graines germent… (Faber & Mazlich)

Charlie et moi nous pratiquons l'éducation bienveillante basée sur les conseils de Gordon, Faber et Mazlich ou Filliozat depuis plus de 2 ans maintenant. Avec des hauts et des bas, des faux pas, des manquements, des excès, mais nous gardons globalement le cap.

Charlie a pu suivre une formation Faber et Mazlich quand Petit chou était bébé, moi non. Je n'avais d'ailleurs pas pris la peine de me procurer leurs best sellers « How to talk… » et « Liberated …. » puisque, ayant déjà lu les ouvrages de Thomas Gordon, ça me semblait être du même accabit.
Ce fut encore une erreur puisque je me suis récemment fait prêter « How to talk…. » et ce fut la révélation. Je connaissais en effet la plupart des « habiletés » qui sont données dans le livre mais c'est tellement bien présenté, tellement agréable à lire et le livre répond tellement bien aux questions que l'on peut se poser, que ça a redonné un coup de boost à ma pratique à la maison.

Au début c'était un peu galère. Quand je m'attachais à verbaliser le ressenti de Minimog, je tournais en rond et ça ne changeait pas grand-chose. Et puis j'avais parfois du mal à trouver quoi dire.
Je vous retranscris ici une anecdote qui nous est arrivée un jour où Minimog a cassé une de ses tétines. Le drame, évidemment. J'ai commencé par lui dire qu'elle était déçue / triste  / en colère, qu'elle aimait beaucoup sa tétine, que non on ne peut pas la réparer, que les objets s'usent et qu'un jour on ne peut plus les réparer, qu'il faut la mettre à la poubelle,…. Oulalala ou pas…..blabla. Rien n'y faisait, j'avais devant moi une gamine en larme et en colère qui me sommait de réparer sa tétine en la jetant par terre et qui commençait à lever la main sur moi. J'ai ensuite pensé qu'il fallait simplement la laisser exorciser sa peine sans intervenir mais elle multipliait les gestes pour attirer l'attention et je sentais bien que là, elle attendait de moi que j'intervienne. Impossible de trouver les mots je pataugeais sec et mon répertoire des émotions y passait au complet. Finalement je me suis noyée dans un discours débile où j'ai fini par lui dire que sa tétine avait peut-être cassé pour lui signifier qu'elle n'en avait plus besoin et dieu merci, je me suis rendue compte de l'absurdité et de la manipulation déguisée qui se cachait sous mes propos et j'ai stoppé là. 10 minutes que je galérais et puis c'est venu, pof, c'est « monté au cerveau » comme on dit :
« C'est difficile de perdre quelque chose auquel on tient beaucoup ».
Au moment où je dis ça dans ma tête c'est la fête, j'étais fière de moi « Ouah comment t'as assuré maman, comment elle était trop Faber Mazlich ta phrase, t'as géééréééééé !» #swagmummy.
Et Minimog ?
Elle me regarde, s'arrête de pleurer.
« Alors je vais chercher ma tétine orange ».
Elle part chercher ladite tétine
« Bon et la bleue qui est cassée, tu veux la garder ou la jeter ?
- je veux la garder dans ma boite à tétine.
- Ok, tu la jetteras quand tu seras prête.
- Non je la garde dans ma boite.
- ok.
Fin de l'histoire.

Whouah !! « Je tiens le bon bout ! » que j'me dis. Après ça j'ai commencé à prendre mes marques, c'est devenu plus naturel. Avec toujours des ratés mais ça, peu importe.

Et puis samedi dernier, nous étions présentes à l'atelier de cabane en osier de Charlie quand survient un conflit entre Minimog et Petit Chou. J'entends ma fille pleurer disant que Petit chou lui a jeté une branche dessus et qu'elle a mal.
Je lui dis de me rejoindre :
« Que se passe-t-il ?
- j'ai mal à la main.
- ok comment tu as eu mal ?
- c'est une branche qui m'a tapé sur la main, là.
- ok (maman docteur, bisou magique tout ça)….
Elle repart, se plante devant Petit Chou «  Petit chou j'ai pas aimé que tu me lances une branche dessus ! Je veux plus que tu fasses ça ! » et elle s'en va jouer plus loin.

Sur ce, Petit chou part pour la rejoindre. Comme Minimog n'avait pas insisté sur le geste malheureux de son compagnon de jeu, en bonne maman qui peut pas s'empêcher de jouer les contrôleurs, je ne peux m'empêcher de vérifier ce qui s'est vraiment passé histoire que ça ne recommence pas illico.
« Petit chou, c'est vrai que tu as jeté une branche sur Minimog ?
- Oui.
- Ok, alors je sais que tu adores jeter des trucs mais on jette dans l'herbe, pas sur les gens, ok ?
- ok
Il part rejoindre Minimog et ils jouent ensemble.

Là c'est l'instant magique où tu vois que tes choix portent leurs fruits.
Si j'avais réglé le souci de manière « classique » Minimog aurait premièrement certainement insisté sur la culpabilité de Petit Chou ; mais là non, déjà parce qu'elle était plus focalisée sur le besoin de réparer le mal que de se venger et puis nos enfants ne se faisant pas (souvent) engueuler ni punir, elle aurait pu attendre sa vengeance longtemps. Du coup je pense que ça ne lui est même pas venu à l'esprit.
Ensuite elle est allé régler elle-même son problème d'une manière franche mais respectueuse sans en faire trop, sans représailles.

Et Petit Chou ! Chaque fois que je cherche à savoir ce qui s'est passé lors d'un conflit d'enfants les gosses se précipitent pour me dire que c'est pas eux, que c'est l'autre qui a commencé, etc. Mensonge, dissimulation, rapportage, accusation, tout pour sauver leurs fesses car cette simple question provoque la peur de ce qui va tomber derrière.
Là, il m'a répondu la vérité et d'une manière incroyable. Dans ce « oui » il n'y avait ni peur, ni angoisse, ni colère rentrée, ni provocation, rien. Juste « oui, j'ai fait ça ». Dans ce « oui » il y avait une incroyable, une magnifique confiance. En tous cas c'est comme ça que je l'ai pris : ce petit garçon là devant moi n'a pas peur de faire des erreurs, il n'a pas peur de les avouer, il a confiance et il est vrai.
Et du reste, plus aucun bâton n'a été jeté sur personne.

J'étais fière, tellement fière de nos enfants. Parce que ce jour là je les ai trouvé pleinement acteurs de cette résolution de conflits. Ce n'était plus seulement « l'effet magique des habiletés bienveillantes » que j'aurais pu utiliser, non, c'est eux qui ont résolu leur problème parce que si on observe bien, je n'ai jamais eu à faire la médiation de quoique ce soit.

Quel bonheur de planter des graines et un jour, de les voir pousser. 

PS : je publie cet article précisement au lendemain d'un jour où Minimog et Petit Chou semblaient ligué pour rendre cinglées deux mamans déjà épuisées et au réservoir de patience à sec. C'était décourageant au premier abord. Et finalement, c'est ce genre de moment dans lequel je me dis que je dois puiser l'énergie de pas lâcher et d'y croire. Hier c'était hier, aujourd'hui est un autre jour qui peut s'ouvrir sur l'espoir de voir d'autres moments magiques se produire. 

jeudi 28 janvier 2016

Faire face au manque, la peur de l'abandon

" Je n'aime pas le papa ours. Il n'est pas gentil. Je ne veux pas le voir, dit Petit Chou en jetant Papa Ours dans un seau et en le recouvrant d'une serviette.
-Pourquoi il n'est pas gentil? il t'a fait quelque chose?
-Oui....
-Tu as envie de m'en parler?
- Il est parti de la foret
-Ca t'embête qu'il soit parti?
-oui..il a laissé maman ours et petit ours tout seul.
- Tu es fâché contre papa?
-oui...il me laisse tout seul. Maman, je voudrais papa....."

Cette histoire est devenue notre quotidien. Un peu comme une ritournelle, Petit Chou joue et rejoue cette scène inexorablement, tous les jours. Je me dis qu'il a trouvé une façon d'exprimer son manque et que c'est bon pour lui. Il exprime il verbalise.

Les premiers temps il ne voulait pas en parler. Il jetait l'ours en expliquant qu'il ne voulait pas le voir, qu'il était méchant, c'est tout. Mais souvent il me demandait pourquoi son père était parti ou si j'allais faire pareil. Mais impossible d'avoir une discussion avec lui.

Je pense que mes propres sentiments  ont beaucoup joué, il a senti qu'on ne pouvait pas en parler vraiment avec moi.  J'ai eu beaucoup de mal a comprendre que je ne pouvais pas compenser l'absence de son père, et à ne pas souffrir véritablement de ces remarques dont chaque mot me heurtait comme un coup de poignard.  Mon ressentiment a du jouer aussi, et par loyauté peut être a t'il préféré garder le silence. Jusqu'à ce que je lâche prise et parvienne a faire la distinction entre l'homme et le père ou plus exactement, à prioriser mes envies et les besoins de mon fils.

Toutes ces émotions ont changé des choses dans notre quotidien.  Tout d'abord, aujourd'hui il est en mesure de me dire qu'il veut voir son père et moi de lui répondre avec sérénité.

"je veux voir papa.
-papa te manque
-oui
-papa est au travail, on lui envoie un message? "

et quand son père ne répond pas, ou n'est pas la, de répondre simplement et avec légèreté qu'on réessaiera plus tard/demain.
La plupart du temps, le simple fait de lui proposer de l'appeler, de le voir sur Skype ou d'envoyer u message suffit à  lui rappeler que son père est là a sa manière.

Mais la grande nouveauté c'est l'introduction du doudou. Jusqu'à maintenant, Petit Chou n'a jamais voulu de sucette ni de doudou. Mais dans cette séparation, se joue aussi la séparation entre Petit Chou et moi.
C'est la fin de l'allaitement. Quelques jours avant son premier week end avec son père,
il a cessé de téter de manière régulière. La tétée du matin, l'unique tétée, est devenue occasionnelle. Il n'en a plus besoin et je suis prête moi aussi à le laisser aller. Je dirais même que je suis fière et heureuse de voir où je l'ai mené surtout avec cette année 2015 pleine de tourments, de voir que malgré toutes ses séparations violentes, il est relativement sécure. relativement parce que....

L'endormissement a changé aussi et c'est là que le doudou vient jouer son rôle. Cette fois ci ce n'est pas a sa demande  que ça a changé mais à la mienne. Je n'ai plus de relais, mille choses à faire et je suis fatiguée. L'endormir comme avant à le porter ou le bercer n'est plus envisageable. Et d'autant plus que depuis la séparation,  les endormissements se sont allongés. Par ce que la nuit non plus, Petit Chou  ne veut pas être seul, il a peur d'être abandonné dans son sommeil.
Il a d'abord retrouvé le chemin de mon lit, chemin que je ne lui ai pas refusé dans un premier temps par fatigue. Impossible pour mois de tout mené de front et j'ai laissé aller beaucoup de choses pendant les deux premières semaines, comme une période de flottement ou chacun essaie de retrouver sa place son équilibre.
Une fois dans son lit à nouveau, les réveils se sont multipliés, les cauchemars aussi. et il finissait ses nuits avec moi.

Encore une fois je voyais bien que la réponse que j'apportais n'était pas la bonne et qu'il y avait confusion entre ses envies et ses besoins, la frontière est parfois ténue et c'est encore plus vrai quand on se trouve dans un état de "gestion de crise" plus qu'autre chose.
Il a envie de quoi? de câlins, de présence de fusion
Il a besoin de quoi? d'être sécuriser. Pour son père je ne peux rien faire a part accueillir et accompagner. Moi, je peux lui montrer qu'il existe et qu'il peut faire seul, je serais tout de même toujours là.

C'est ainsi qu'il s'est endormi seul et facilement. Jusqu'à ce fameux week end avec son père. Depuis les couchers sont devenus atroces. il ne veut plus aller dans son lit, il crie qu'il a perdu sa maman, il est dans une colère terrible. Une colère, pas une angoisse. Je me suis sentie démunie, perdue, en colère également mais je ne voulais pas non plus renoncer à son indépendance. Pendant quelques nuits je l'ai donc accompagné dans le sommeil à nouveau mais en essayant chaque fois de le laisser s'endormir seul.
Et puis j'ai eu le déclic. L'objet transitionnel. Je lui en ai parlé et il a voulu prendre mon pull, puis a demandé une photo. Il s'est couché ainsi, blotti contre mon pull. Il s'est relevé discrètement, j'ai fais mine de ne pas le voir. Il est retourné se coucher, puis est revenu, mon pull serré contre lui. Il a pris ma main en me disant qu'il avait du chagrin et on est retourné dans sa chambre. Je lui ai fait un câlin et je l'ai laissé, mon pull contre lui, la photo a portée de regard. 

Ce soir, il n'a pas eu peur de perdre sa maman. S'il était totalement sécure, il n'aurait sans doute pas besoin d'un doudou.  Les choses auraient coulé d'elles même , comme ça a été le cas avec l'allaitement ou l'arrêt du cododo.  Peut être aussi que le fait que les affaires de son père soit encore là un mois et demi après, n'aide pas à comprendre clairement les choses. Mais je crois que lui comme moi, nous sommes en route vers l'équilibre et que cet objet transitionnel ne sera là que pour ce qu'il est :une transition, un court moment.















La vie sous stress

"Levé à 7h. du mat'
t'es déjà en r'tard
ton patron va encore te brasser
Tu t'habilles direct
tu prendras ta douche ce soir
tu finis d'lacer tes chaussures
dans les escaliers
J'ai besoin d'air
besoin de liberté
Ce n'sont pas des mensonges
c'est la réalité"



"Minimog, c'est l'heure.
- Ma puuuuuuce, c'est l'heure, il faut se lever.
- Ma puce si tu veux que tata t'emmène, il faut te lever maintenant.
- Tu as encore sommeil ? Oui je sais mais il faut te lever ma puce.
- Il faut t'habiller
- Non maintenant
- Habilles-toi s'il te plaît.
- Habilles toi. Maintenant.
- Non on a pas le temps
- Allez hop on déjeune.
- Alleeeeeez
- Il te reste 5 minutes pour finir de déjeuner et après on y va.
- Minimog, dépêche-toi s'il te plait.
- Bon tu finiras ta tartine dans la voiture
- Allez mets tes bottes, vite ! Non tes bottes ! Allez !
- Non on a pas le temps !
- Dépêche-toi
- Dans la voiture allez hop
- Non on a pas le temps assied toi s'il te plait
- Alllllleeeeez
- NON ON A PAS LE TEMPS ! ON EST EN RETARD !"

Voilà comment commencent les 4 premiers jours de chaque semaine de ma fille. 
Elle a 3 ans.
Et moi j'en ai marre. 

Non pas qu'on la laisse se coucher tard le soir non. Les soirées sont les mêmes que les matins.
- C'est l'heure du bain
- Non maintenant
- Allez ! Au lit
- T'as pas sommeil ? Oui mais c'est l'heure d'aller au lit.
- Demain tu te lèves tôt. 

Etc.

C'est stressant pour elle, c'est stressant pour moi. 
Tous les matins je tente de réveiller le cadavre d'une enfant qui est vannée, qui peine à ouvrir les yeux, qui chouine de fatigue. Faire subir ça à ma fille tous les matins me mine. J'ai bien essayé de garder le rythme pendant les vacances mais ce fut un échec. Dès que la vie reprend ses droits, notre rythme reprend les siens et il ne nous fait pas nous lever à 6 heures du matin.

Et quel stress. Le jour où j'ai dit à ma fille qui ouvrait à peine la bouche pour dire quelque chose : "Non ! Je m'en fous ! Mange !", j'ai pris une claque. J'étais en train de lui parler comme à un chien pour... Pourquoi ?

Je me dis qu'elle a trois ans, déjà c'est rude. Et moi j'en ai 32 et je me dis qu'elle va passer les "plus belles années de sa vie" comme ça.   

Je me dis aussi que quand on est motivés, on a pas de mal à se lever. Bizarrement, les jours où elle n'a pas école elle se lève très bien à 7h30. Les jours où on a raté l'horaire nounou et où c'est moi qui l'emmène, je peine à la lever à la même heure. 

Évidemment, elle ne fait plus de sieste alors ceci explique cela.... Faudrait-il alors que je l'oblige en plus à faire des siestes ? La forcer à tous les moments de la journée "pour son bien ?"

Ce matin je lui ai presque hurler dessus pour qu'elle se dépêche. Elle m'a regardé avec des yeux désespérés et a fondu en larmes. Mais j'ai insisté, j'étais tellement stressée. "Dépêches toi !", je parlais comme une enragée. Ma fille me disais totue penaude : "D'accord maman, d'accord" entre deux larmes.
Une fois dans la voiture, je me suis calmée et..... Mais quelle horreur ! Quelle horreur de lui faire subir ça.
Il y a trois ans je me serais dit que "il faut", "on a pas le choix". Aujourd'hui je ne suis plus dupe, je sais qu'on est obligés de rien, qu'on a le choix et qu'on peut vivre autrement. 
Aujourd'hui j'ai le luxe de pouvoir la laisser dormir si j'en ai envie. Quand je reprendrai le travail je serais forcée d'entraïner ma fille dans ma vie de fou. Ce même travail qui m'oblige moi aussi à me lever tous les matins et me coucher tous les soirs sous la contrainte. Je fais un travail respectable, pas inintéressant, j'ai des collègues super, une cheffe très compréhensive et des horaires arrangeants. Mais ce boulot je ne l'aime pas. J'ai fait des études en tourisme et en ingénierie culturelle et je passe mes journées dans un bureau à faire de la facturation dans le domaine administratif. Ce job, il ne me rend pas heureuse et ne le fera jamais. Alors bien sûr on a de l'argent, on pourra payer des activités à nos enfants, partir en vacances, faire des travaux dans la maison. 
Mais aujourd'hui je me demande : est-ce que tout cela vaut vraiment la peine de commencer chaque jour de sa vie dans le stress et la contrainte ?   
Est-ce qu'il FAUT vraiment subir tout cela ? tout cela pour ça ? 

Alors ce matin, j'ai laissé tomber. J'ai appelé l'école : " elle ne viendra pas". J'ai pris ma fille dans mes bras, je me suis excusée et on est rentrées. On a dansé le "cock'n'roll" avec ses rubans waldorf en écoutant du punk et on a rigolé et j'ai pris une décision : la maternelle fait du bien à ma fille et à notre famille, j'en suis convaincue. J'aime son école, j'aime le caractère non obligatoire, j'aime ce qu'elle y fait et ce que ça lui apporte. Mais après ? 
Et moi ?
Je me laisse donc encore deux ans et demi pour cheminer et faire en sorte que quand elle intégrera la "vraie" école, je puisse lui dire : "tu as le choix". 
Et pour moi de trouver un sens, un vrai sens, à ce qui me fait me lever le matin.









mardi 19 janvier 2016

Inspiration continuum 3) - la prise de conscience de Papa-san

"Croque, croque, croque
Croque la pomme
Croque-la, croque-la

Et tu sauras"


Globalement mon homme s'intéresse assez peu à mes "recherches en parentalité". Il ne participe pas aux papotes, ne lit pas de livres sur le sujet, ne discute que très peu de tout cela avec d'autres personnes. Tout juste ai-je réussi à lui faire lire "J'ai tout essayé "et visionné la conférence "Il n'y a pas de parents parfaits" de Filliozat.

Au final, je trouve que ce n'est pas si mal parce que parfois je crois que mon intérêt pour ce sujet me monte un peu à la tête et j'en viens à me poser trop de questions et à réfléchir trop à tout cela et d'une certaine façon, l'enthousiasme conduit parfois au formatage. Mon homme lui, reste vierge de tout cela. Parfois c'est négatif, parfois c'est positif mais au moins, on s'équilibre.

Mais la lecture du concept du continuum m'a tellement inspiré, tellement éclairé, que je voulais quand même qu'il mette le nez dedans. Il fallait qu'il comprenne où ma conscience m'avait emmené.

Je lui ai donc sélectionné ce que j’appelle le passage "spécial papa". Il s'agit d'un passage du livre qui compare - en se plaçant du point de vue de l'enfant - ce que vit un bébé yekwana et ce que vit un bébé élevé selon les poncifs occidentaux (à l'époque du livre, certains aspects ont un peu évolué depuis mais pas tant que ça...).
Ce passage là, je ne vous le recopierai pas en entier car il fait plusieurs pages mais je le trouvais éclairant et même parfois... douloureux. 
Je l'ai relu avant de lui faire lire et même en deuxième lecture, certains passages sur le bébé occidental étaient insupportables.

Mon homme a fini par le lire hier pendant sa pause cigarette. 
Il en est revenu.... bouleversé.

"Mais.... c'est un truc de FOU !" qu'il me dit.
"Dans quel sens ?"
"Mais.... tout ça... Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. En fait... Je ne verrais plus jamais les enfants de la même façon."
Et il s'est mis à me parler de ce passage et des horreurs qui étaient décrites, dont il m'a même dit qu'elles lui avaient provoqué des flashs, comme si son expérience de bébé était remontée à la surface. 

"Il se réveille au milieu d'un silence cruel, dans l'oubli, dans un endroit sans vie. Il crie. Des pieds à la tête, il hurle de désir, de volonté et d'impatience. il suffoque et hurle jusqu'à ce que ses sanglots résonnent dans sa tête et la fassent vibrer. Il crie jusqu'à ressentir une douleur dans la poitrine et dans la gorge. Il ne peut plus supporter cette souffrance. Ses sanglots s'affaiblissent et cessent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il roule la tête d'un côté puis de l'autre. Rien n'y fait. C'est insupportable. Il recommence à pleurer, mais cela en est trop pour sa gorge épuisée ; il s'arrête."    

"Au réveil, il est en enfer. Aucune mémoire, aucun espoir, aucune pensée ne peut le réconforter de ce purgatoire morose en lui rappelant sa visite de sa mère. Des heures passent, des jours, des nuits...Il pleure, se lasse, s'endort."

"Elle se penche pour déposer un baiser sur la joue toute douce de son bébé et s'écarte tandis que le premier cri d'agonie ébranle le corps de l'enfant.
Doucement elle ferme la porte. elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l'emporte. A travers la porte, elle entend ce qui ressemble aux cris d'une personne torturée"
 
Du non sens qui consiste à penser que nous satisfaisons les besoins de nos enfants en les enfermant dans des chambres toute mimi et hors de prix alors que nous les privons de l'essentiel.

Il m'a dit qu'il avait repensé à ce qu'avaient vécu ma fille et mon fils à la naissance. Qu'il prenait conscience de l'impact que ça avait pu avoir sur eux.
A ce moment il a pris son fils dans ses bras comme un trésor, avec tendresse, il lui a parlé doucement, l'a promené dans l'appart, et ne l'a plus lâché jusqu'à ce qu'il doive aller au lit. 

Je crois qu'il a pris conscience de certaines choses, et c'est bien parce que, quand on a pris conscience d'un fait, on ne peut plus revenir en arrière, c'est là, dans notre tête, on le sait et ça change tout en nous, qu'on le veuille ou non.

Papa-san est en chemin avec nous désormais...