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lundi 28 mars 2016

Reggio

(Article coup de gueule écrit il y un an. Ré-écrit en avril 2017 d'une façon qui je l'espère génèrera des commentaires moins négatifs que sa première mouture et qui, je l'espère aussi, témoignera d'une jolie évolution de mes compétences à transmettre mes réflexions, avec le regard critique qui est mien mais avec bienveillance.)


"Little boxes on the hillside
Little boxes made of ticky-tacky
Little boxes on the hillside
Little boxes all the same

There's a green one and a pink one
And a blue one and a yellow one
And they're all made out of ticky-tacky
And they all look just the same"


Il y a des blogs que je suis fidèlement, d'autres sur lesquels je papillonne et d'autres que je vois passer par le biais de partages divers ; et ces derniers temps je fais un constat qui me titille un peu.
Bon, on aura tous compris qu'après le buzz Steiner et le buzz Montessori, on est en train d'assister au buzz Reggio. 
Reggio c'est cool, c'est ok, c'est bad, c'est in.
Alors forcément, les articles reggio se multiplient et ce qui me chagrine, c'est la façon dont c'est présenté. Et perçu apparemment.

Pourquoi ? 
Tout le monde insiste bien sur le fait que Reggio c'est super libre, que ce qui compte c'est l'enfant, son projet, son cheminement, etc. J'ai pourtant l'impression que pour beaucoup de gens, Reggio = des miroirs, des looses parts et une table lumineuse (quand ce n'est pas une activité de type Montessori mais présentée librement qu'on estampille reggio). A force, je me dis que la caricature n'est pas loin ; et bien que je ne me revendique aucunement experte de cette pédagogie (ni d'aucune autre d'ailleurs), j'avais envie de vous en parler.

Eveil musical avec les pieds et auto-portrait

La première chose qui me chipote c'est : comment on s'y prend avec ce fameux matériel "reggio".

Déjà, il ressort de mes lectures un sentiment de matérialisme assez prégnant, quand je vois défiler des parents qui sont près à crever leur porte monnaie et qui passent un temps fou à éplucher les catalogues de chez Hoptoys et consors pour acheter ZE matériel. J'ai le sentiment que les pédagogies alternatives sont parfois vues plus comme une affaire de matériel que d'état d'esprit (FAQ #1: "t'as acheté ça où?"). Or c'est l’état d'esprit qui me semble primordial.
Par exemple :  faire importer des « cubes Waldorf » en bois ou des coquillages pour faire des loose parts à ses enfants sans jamais avoir pris le temps de mettre des bottes en caoutchouc et d'aller en forêt chercher ce qu'on trouve à côté de chez nous.... C'est dommage, non ?
Nourrir les oiseaux avec la cabane que l'on a monté avec Papi

De plus, la plupart du temps on a pas le sentiment que ce sont les enfants eux-mêmes qui ont fait leur stock de loose parts et je trouve ça regrettable. C'est quand même autre chose de les impliquer dans la composition de ce stock en leur permettant d'aller chercher "in situ" ce qui leur parle que de se contenter de leur apporter des trucs achetés sur un plateau. "Trucs" dont certains parents regrettent qu'ils soient au final boudés par leurs enfants.

D'ailleurs, pour que ce soit vraiment Reggio à mes yeux, on ne devrait même pas sortir pour aller chercher des trucs. On devrait juste sortir et si l'enfant se met à ramasser des trucs, ce qui signifie qu'il / elle a un intérêt pour les trucs en question alors là on peut les ramener à la maison pour faire quelque chose avec. Voir on peut faire quelque chose avec dehors. Et si on veut des cubes en bois on peut très bien sélectionner des branches ou des bûches avec les enfants, les ramener, si ils sont en âge, leur apprendre à scier, ou leur montrer comment on fait, les laisser choisir la taille, le diamètre, et ensuite seulement, ça arrive dans le panier à loose parts. Et là les cubes ils ont un sens, un vécu et ils sont les témoins d'un projet. 
Et bien sûr on peut ne rien faire de tout ça mais là où je veux en venir c'est que l'objet matériel n'est que l'infime partie d'une démarche qui est libre et ouverte. Et c'est cette démarche qui compte. 
Ça compte tellement qu'en reggio, cette démarche est filmée, photographiée, notée, reproduite, commentée et affichée tout autant que le résultat final !

La question qui me semble primordiale c'est  : Quel sens ça a pour eux ? 

Alors le nouveau vocabulaire à la sauce reggio c'est : je n'incite pas, j'invite.  Je mets des trucs dans un plateau à disposition libre et là  : magie, mon enfant fait des choses avec
Sauf que,... quand on invite, en espérant que son enfant il va faire les mêmes trucs que l'enfant de la maman du blog, on incite sans oser le faire. 


Qu'est-ce que j'ai raté ? Comment faire pour que mon enfant s'y intéresse ? Quelle chance elles ont les autres mamans que leurs enfants fassent des choses si merveilleuses !.
Ça, ce n'est pas une invitation, c'est une incitation non formulée
Et c'est pire ! Si on a une attente, autant la formuler honnêtement.

Je ne fustige pas l'utilisation des miroirs, des loose parts et d'une table lumineuse. Honnêtement, j'en ai depuis un bout de temps (pour moi ^_^). Ce que je regrette c'est ce sentiment que j'ai qu'on limite reggio à ça et à ce qu'on doit faire avec.
Quand j'ai construit ma table lumineuse, le seul truc qui a intéressé ma fille c'était de la démonter pour voir la guirlande lumineuse que j'avais mis dedans. Et moi comme une andouille j'ai tout fait pour qu'elle arrête parce que je voulais qu'elle fasse des mandala en mosaïque avec sa table lumineuse. Mais laisser l'enfant démonter la table lumineuse parce qu'il/elle veut comprendre comment ça fonctionne ou simplement parce que la guirlande lumineuse c'est devenu son grand kiffe et que c'est ça qu'il/elle a besoin d'observer et de manipuler et peut-être inventer lui même sa table lumineuse : ça c'est reggio à mes yeux aujourd'hui. 


 
La deuxième chose qui me chipote c'est que j'ai le sentiment qu'on retrouve tout le temps les mêmes gimmick (avec des variantes, certes). C'est sensé être une pédagogie tellement libre que beaucoup ont du mal à la saisir alors qu'au final, tout le monde fini par faire la même chose avec le même matériel. 
J'ai parfois l'impression qu'on tourne (déjà !) en rond à propos de reggio alors que précisément, ce devrait être une pédagogie qui laisse la place à une infinité de propositions.

Dessiner sur maman et sur soi-même

Je vais donner ici ce que j'appelle un "bon" exemple, celui d'Elsa Coquelipop qui est LA maman qui m'a fait découvrir Reggio (comme à beaucoup d'entre nous). L'exemple qui me vient à l'esprit c'est le livre sur les émotions qu'elle a créé avec ces enfants.
Ici : c'est une merveille allez-y voir.
Là, ça part d'un intérêt familial, ce sont les enfants qui ont réalisé le livre ou qui ont assisté à sa réalisation du début à la fin, multipliant les étapes, les degrés d'implication, les activités, ça pour moi c'est un vrai projet d'inspiration reggiane, bien plus qu'un enfant qui a fait une construction avec des miroirs sur une table lumineuse. Et en plus ce livre il a une histoire et il est entré dans l'histoire de la famille.

Soit dit en passant, le mot "projet" me semble bizarrement assez souvent absent des articles "reggio" alors que - arrêtez moi si je me trompe - c'est avant tout une pédagogie de.... "projet".


Faire germer des graines...
... Qui viennent de notre garde manger.

100 langages de l'enfant, des dizaines d' "intelligences" à exploiter... C'est quand même dommage de se limiter autant, non ? 

 
Le truc de Minimog c'est le spectacle. La danse, chanter, jouer, se déguiser, mimer... Et j'ai rangé mes plateaux de loose parts et je lui ai fait une estrade. Cette estrade c'est le début de quelque chose qu'elle va construire, imaginer, inventer, renouveler, ouvrir, sans cesse. Quelque chose d'intangible et pourtant de bien réel qui sollicitera son potentiel sur bien des points.   



Ce constat sur Reggio m'amène d'ailleurs à partager avec vous un sentiment que j'ai depuis 3 ans maintenant que je fréquente la blogosphère des pédagogies alternatives : ce besoin que des tas de parents ont de suivre un modèle plutôt qu'une inspiration.  

La distinction que je fais entre inspiration et modèle est de savoir dans quelle mesure cela entre dans les besoins de vos enfants et dans quelle mesure c'est en accord avec ce que vous êtes, ce que vous avez à proposer.
"De quoi mes enfants ont envie et qu'est-ce que j'ai à leur transmettre qui n'appartient qu'à moi ?". Si pour répondre à cette question, on trouve des connections avec telle ou telle pédagogie alors c'est une formidable source d'inspiration.
Mais si on suit un modèle sans partir de l'enfant mais en souhaitant que l'enfant aille vers ce modèle, alors on tombe dans les mêmes poncifs que l’instruction classique : on fait du stéréotypage, voire même du conditionnement, sauf qu'on fait du conditionnement Montessori, Steiner, Freinet, Mason, ou pseudo Reggio au lieu de justement libérer les enfants des conditionnements habituels auxquels on essaye d'échapper. 


Spectacle de danse improvisée à la maison de retraite avec des bandages en guise de rubans

Ces outils, ces partages, ces échanges, ces idées, c'est génial. Merci internet, merci les super mamans, merci pour toutes ces belles expériences que l'on n'aurait jamais vécu sans vous. Mais si ça n'entre pas dans une démarche qui nous reste fondamentalement personnelle, alors je crois vraiment qu'on vise à côté.


"Pensez-vous que je pourrais proposer cette activité à mon fils de 18 mois ?"  
Qui est la maman de cet enfant ? Qui est à même de l'observer et de voir si cela entre dans son intérêt, sa sensibilité du moment et ses compétences ? 
La maman ou Maria Montessori, ou la maman du blog ? 

N'attendons pas des recettes toutes prêtes, du prêt-à-consommer estampillé "bienveillance".
Ayons confiance en nous !!! (et en eux... toujours)

Juste..... Vivre !

Quoi ? C'est pas ce que vous attendiez d'un article qui s'intitule "Reggio" ?
Hey, c'est moi qui l'ait écrit ! What did you expect ?


jeudi 11 février 2016

Home - les salles de jeu version 1.3

Attention, vous entrez à présent dans l'espace dédié totalement aux enfants ! 


La photo ci-dessus permet de voir cette configuration particulière qui m'a beaucoup plu dans les chambres d'enfants de cetta maison ; à savoir deux entrées individuelles et une porte communicante entre les deux pièces, ce qui permet d'envisager toutes les configurations que l'on veut (chambres séparées, chambre commune et salle de jeu, chambres séparées ouvertes etc.)
Mais bon puisque les chambres de mes enfants ne servent pas à grand chose pour l'instant, ils bénéficient (enfin surtout Minimog pour l'instant) d'un paradis dédié au jeu.

Salle de jeu : appellation à laquelle je tiens. Un endroit où l'on apprend, observe, travaille, expérimente, découvre, cherche, créé, se pose, pense, teste, etc. Est un espace où l'on joue, car la meilleure manière de faire tout cela, c'est le jeu.




Alors là sans fausse modestie, je pense que je vais balancer du rêve à nombre d'entre vous.
(Celles qui ont lu l'article Reggio de Charlie chez Hoptoys auront une impression de déjà vu)

Chambre 1  : (espace d'éveil dirons nous...)
Coin hybride : nido / construction.

Alors que Raoudi est bien trop petit pour en profiter, j'ai d'emblée intégré un coin nido dans cette pièce pour bien faire intégrer à Minimog que c'était une pièce collective où son frère aurait sa place autant qu'elle. Mais en attendant c'est ici qu'on a installé les bacs de type "petit univers à construire" - kapla, ferme, véhicules, animaux, blocs (ce qui est totalement incohérent avec un espace bébé je vous l'accorde)


Coin musique :

qui ferme l'espace "bébé" pour créer une zone adaptée à ce que Radoui pourra avoir à portée de main sans souci.
  

Coin arts

Coin bidouille
Avec l'étagère à loose parts et à bricolage parce que.... il fallait bien leur trouver une place. Et la table qui accueille(ra) les miroirs (certains sont encore dans les cartons). Ne rêvez pas, le mandala c'est moi qui l'ai fait ! Je m'amuse aussi.


Coin lecture :
avec quelques affaires qui traînent...



Chambre 2 (la chambre de Minimog, même si elle n'y dort pas)

Est plutôt dédiée aux jeux d'imitation : poupées, cuisine, déguisement et la cabane d'extérieur qui attend son installation au jardin. 

Et dans le couloir, l'armoire de rotation des jouets.

Certaines d'entre vous doivent se dire que didonc, ils en ont de la chance mes enfants et que didonc, il doit s'en passer des super choses ici.
Et ben je vous arrête tout de suite.
Ils n'y vont pas.
Ils s'en foutent.

Bon, Raoudi a 3 mois, ça se comprend mais Minimog... Elle commence seulement à y aller et encore, le plus souvent c'est pour écouter sa musique en changeant de robe de princesse.  Si vous pensiez qu'elle s'était jetée sur cet espace pour tout tester, détrompez vous. L'indifférence la plus crasse a accueilli le fruit de mon dur labeur. L'espace à loose parts, c'est le mien, les livres pourrissent sur place, elle dessine peu et construit encore moins.

Et vous savez pourquoi ma fille n'y va pas dans ce paradis ? Parce que moi non plus je n'y vais pas.
D'ailleurs chaque fois qu'un enfant de son age environ vient jouer on leur propose d'aller dans la salle de jeu et à chaque fois c'est pareil, au bout de 15 minutes grand max, un des enfants redescend et clame "Mamaaaan ! Tu viiiiennnns".

Alors je ne rate pas une occasion de marteler mon discours habituel : pour s'épanouir, vos enfants (la mienne en tous cas) n'ont pas besoin de matériel, ils ont besoin de vous. Ils ont besoin de gens en fait, de mentors, de guides, de compagnons. Ils n'ont pas besoin qu'on dépense des fortune pour leur gaver la vie à coup de reggio/steiner/Montessori.
Si vous pouvez, tant mieux, si vous ne pouvez pas, vous ne ratez rien.
Mettez maman à la table à dessin et c'est parti pour des œuvres, mettez papa dans le coin construction et c'est l'éclate, mettez des cousines dans la cuisine et les plats mijotent, laissez là seule avec tous ces trucs et rien ne se passe.

D'ailleurs, il me tarde de laisser cette pièce en suspend et de pouvoir profiter pleinement de la vraie salle de jeu de la maison : le jardin !!

En fait, cette pièce n'est qu'un début. Soyons clairs, c'est une resucée de tout ce que j'ai vu à droite et à gauche, un beau modèle tout brillant qui ne demande qu'à être chamboulé pour devenir notre espace.

Ca a commencé d'ailleurs et l'installation que j'ai préféré faire, c'est celle-là :
Et celle-là je ne l'ai trouvé nulle part ailleurs. Elle m'est venue de ma fille et celle-ci, oui, elle fonctionne. On y fait des spectacles de danse, de chants, de marionnettes, de mime, de n'importe quoi et ça fonctionne parce que ça c'est pas Reggio, c'est pas Montessori, c'est pas Freinet, c'est pas Mason. C'est nous.

Quelques réflexions supplémentaires:

Comme toujours avec les lieux dédiés aux enfants, cette salle de jeu s'appelle version 1.3 parce que le temps que je prenne mon article elle avait déjà changé plein de fois et pas plus tard que demain elle sera remodifiée. 

Beaucoup de parents qui viennent ici trouvent qu'il y a beaucoup de choses. C'est vrai il y a plein de choses, trop de choses.... Comme chez tout le monde, y compris chez les parents sus-nommés.
En fait, il n'y a "pas tant que ça", c'est l’installation qui donne cette impression d'abondance. Là où beaucoup de gens rangent dans des "cartons", chez nous il y a un "espace". Remplacez mes "coins" par des "cartons" et tout tient dans une chambre de 10m2 (c'était le cas avant).
La répartition des activités aussi y est pour beaucoup. Je visite pas mal de maisons où les enfants ont 25 peluches, 5 poupées, 2 cuisines, 1 marchande, 17 barbies, 6 poneys mais qui ont pour satisfaire leur envie artistiques une trousse de feutres et des feuilles de brouillon et un set de pâte à modeler dans un tiroir. 
Croyez moi, mon budget jeu est bien en dessous de la moyenne : beaucoup de choses ici sont de la récup (la cabane on nous l'a donné. Sisi !), des bonnes occases, du troc et des cadeaux. Et d'ailleurs ma décision est prise : je n'achète plus rien à mes enfants. Leurs cadeaux seront des sorties, des moments, mais plus des objets. Il y a déjà ici tout ce dont ils ont besoin et même plus, le reste pour moi c'est du superflu. Fini d'écumer les brocantes et les sites d'occasions pour trouver ZE matériel qui va bien. Je regrette que les ludothèques soient si rares et onéreuses par chez nous mais c'est pour moi une très bonne solution anti gâchis. Et Charlie et moi pratiquons le prêt de jouets régulièrement. Nous avions même pensé à mettre en place une plateforme de prêt de jeu et matériel d'éveil à plus grande échelle tant nous pensons qu'il est aberrant de vouloir tout acheter à nos enfants alors que bien souvent, à part quelques basiques, un objet aura toujours un intérêt limité dans le temps qui correspond à une période particulière.

Et justement, en parlant du nombre de "jouets" on évite pas la question du rangement.

Vaste question. Mon premier parti pris était de dire "c'est leur espace, je ne force pas à ranger, sauf pour faire le ménage". Je me disais que si le rangement c'est positif pour eux, si ça avait un sens pour eux, ils le feraient d'eux-mêmes. Or, si je laisse Minimog faire, ça donne ça :




Bon, je me disais qu'elle s'y retrouve dans son bazar sauf que.... Plus c'est le bazar et moins elle joue. Ce que je comprend parce qu'une pièce en désordre c'est tout sauf inspirant. Mais pour autant, impossible de lui faire intégrer l’intérêt du rangement pour l'instant ! Peut-être que j'en demande juste trop à une gamine de 3 ans. Je serais curieuse d'avoir vos avis là dessus.

Enfin voilà, la visite est terminée.
Enfin non, aux premiers rayons du soleil nous attaquons la partie la plus passionnante pour tous les membres de la famille : le dehors ! ;-)Mais ça c'est pour plus tard !

mardi 15 décembre 2015

pour préparer Noel

Depuis nos ateliers cuisine, Petit Chou a gardé l'habitude de jouer avec les emportes pièces alors comme il me demandait quoi faire avec son cœur et son étoile je lui ai proposé de créer des petites choses pour Noël.




La pâte à modeler, c'est bien mais  niveau tenu dans le temps ça ne convient pas.
L'argile est trop salissante pour les mains de Petit Chou, tout  comme la pâte à sel.
Du coup on a utilisé de l'argile auto-durcissante, facile à modeler, peu salissante et qui se garde bien.
 On a commencé par des emportes pièces que l'on a peint puis marbré au vernis à ongle après les   avoir fait sécher à l'air libre. Ces petits cœurs colorés serviront d'étiquettes sur nos paquets cadeaux.






Pour les marbrures, une fois la peinture sèche, j'ai rempli un récipient d'eau puis j'y ai versé un peu de vernis à ongle que j'ai ensuite étiré sur l'eau à l'aide d'un cure-dent.
Petit chou les a ensuite trempé dedans. l'idéal étant d'avoir une surface d'eau identique à la surface à marbrer voire plus grande.
Sur les photos on distingue mal les marbrures rouges sur la peinture bronze, c'est aussi notre premier essai, le moins réussi!





La séance a ensuite viré avec l'imagination de mon fils, qui a eu envie d'arbres et de foret.  je lui ai mis à disposition des livres pour s'inspirer et je l'ai laissé faire, je ne suis intervenue que pour l'aider à entortiller ses boudins ou maintenir l'équilibre.







jeudi 26 novembre 2015

Loose parts, une histoire d'organisation


Les looses parts, ces « petits riens » comme je les appelle offrent beaucoup de plaisir et de possibilité de jeux. Mais quand il s’agit de les ranger, de les organiser, l’affaire parait un peu plus complexe.

Le premier point qui me semble essentiel, c’est que les loose parts doivent être facilement accessibles, déplaçables et transportables par tous les enfants. Ils doivent pouvoir être autonome dans leur jeu et dans leur besoin de matériel sans avoir à appeler un adulte, au risque de les interrompre et de leur casser leur élan, jouer c’est sérieux !

 Les looses parts en extérieur

Les looses parts, avant d’être des « possibilités de jeux » en intérieur, concernent l’extérieur.

-          La théorie des loose parts est l’œuvre d’un architecte, Simon Nicholson.

Pour lui, « le degré de  créativité, d’inventivité et les possibilités de découverte sont directement proportionnels au nombre et à la sorte de variable qui s’y trouvent. » En clair, les loose parts permettent de révéler le potentiel de nos enfants. Pas de jeux limitant, pas d’entraves, juste la possibilité de faire avec son imagination.

Simon Nicholson s’est donc attaché à revoir l’aménagement des extérieurs pour les enfants en leur proposant ce potentiel de créativité à défaut d’une aire de jeu normée. L’extérieur, le jardin, devient un laboratoire.
 

Les loose parts n’ont aucune utilité définie. Ils prennent la forme et deviennent ce que les enfants veulent en faire sans contrainte, sans avoir a demandé la permission de les détourner ou de les utiliser.

Il s’agit avant tout de se rappeler que le meilleur jeu vient de ce qui permet aux enfants de jouer de différentes façons et à différents niveaux. Les environnements qui incluent des loose parts sont infiniment plus stimulants que les aires de jeux statiques conventionnelles.  L’environnement doit être alimenté pour  soutenir le jeu imaginatif et donner  aux enfants la possibilité de développer leurs propres idées et d'explorer leur monde.

En extérieur comme en intérieur, les loose parts sont aussi naturels que synthétique. La première chose à prendre en compte est le temps et son impact sur les loose parts. Il faudra donc renouveler régulièrement les éléments naturels et nettoyer les autres régulièrement pour éviter les formations de mousses, algues et champignons et autres prolifération.

-l’organisation

Le rangement se fait le plus souvent par type de matériaux exclusivement.

-          En tas, ou en box. C’est le cas des pierres, branches, planches, pneus….




 

-          Des aménagements particuliers peuvent être faits qui participent autant à l’ambiance qu’au jeu et dans lesquels les enfants vont pouvoir venir puiser. Ça peut être le cas, des cailloux, du sable, des coquillages, des rondins, des souches…


 
 
-          à l’abri, dans de gros containers ou sacs (big bag, caisse en bois) pour les objets plus fragiles et sensibles aux intempéries comme les cartons, les cordes

-          à l’abri sur des étagères, ou dans des boites, dans du mobilier d’extérieur, pour les objets synthétiques ou moins fragiles.
 
 
 
       -       dans des paniers, des seaux pour ce qui est utilisé quotidiennement




l'idéal étant d'avoir un local réservé au matériel dans lequel tout pourrait être stocké, été comme hiver et utilisé en toute autonomie, parce que malheureusement nous n'avons pas vraiment le même climat que dans les exemples cités! A prendre en compte pour mon futur déménagement!



 


Les loose parts en intérieur

Le rangement peut se faire par taille et/ou par type

-dans des bocaux
 
 

-dans des boites
 
 
 

-dans des paniers
 
 

-dans des seaux
 




 

Qui pourront être ensuite rangés sur des étagères, dans un placard, une desserte, mais qui restent accessibles.
 
 
 
 
 

Pour moi il est essentiel que l’organisation permettent à l’enfant de savoir où est quoi rapidement.

Pour la mise à disposition, on peut choisir pour une provocation par exemple de ne mettre à disposition que certains éléments. On pourra alors utiliser :

-des petits paniers
 


 

-une boite compartimentée en bois ou en tissu
 

- de la vaisselle…
 
 
-une table!
 

Il est intéressant d’essayer d’utiliser des matériaux agréables, qui éveillent les sens, sont agréables à toucher, ou qui ont une odeur, une transparence, des matériaux qui révèlent l’essence même des loose parts.

 

Pour ma part, tous nos loose parts sont en libre-service. Les éléments naturels sont dans des paniers et dans des seaux  en raisons de leur taille et du volume qu’ils prennent : rondins, branches, cailloux, pommes de pin, baguette…tout comme les éléments en carton.

J’ai fabriqué une boite compartimentée à partir d’un tiroir qui me sert à mettre les petits éléments et ceux en petites quantités (mosaïques, perles de verre, boule de tissu…)

Les loose parts dont l’intérêt réside pour moi majoritairement dans le visuel sont dans des bocaux. C’est le cas des chutes de tissu, morceaux de tricotin et cannettes de fil.

 

 

Tout est pretexte à loose parts, du bout d'écorce à la bouteille d'eau en passant par les bouchons de compotes ou les billes de verre, les bouchons de stylo et autres artefact.
Il n'est pas nécessaire de dépenser de l'argent pour en avoir ni meme les stocker.  Les bocaux ci dessus sont magnifiques, certains meubles plus haut sont impressionnants, mais la philosophie reggio n'est pas tant dans l'objet que dans son potentiel. Alors pensez y la prochaine fois que vous hésitez devant une cagette vide ou devant une pile de tubes ou de cartons qui trône sur le trottoir en attendant le passage des rippeurs. Si certains éléments ne sont pas durables, ils ont le mérite de se renouveler facilement et permettent par leur caractère éphémère d'apporter certains apprentissages. La théorie des looses parts ne remets pas uniquement en question notre vision du jeu et de l'espace extérieur, elle remets aussi en cause notre perception de l'objet et de son utilité, notre mode de possession. Les loose parts sont des objets à haut potentiel, créateurs de possible et de liens, de connexions matérielles et immatérielles.  
 
Et maintenant place au jeu!