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jeudi 5 novembre 2015

Graine de botaniste : l'art de l'herbier

 Un nouvel article à 4 mains sauf que..une fois n'est pas coutume, je fais des infidélités à ma bien aimée coloc' et amie puisqu'il s'agit ici d'un article écrit avec Julie du blog Histoire de Petits Loups.

C'est ça qui est chouette dans la blogosphère, on échange des idées et des compétences, on fait des jolies  rencontres (et des fois des moins belles mais bon...)!

Trêve de mièvrerie et place au sujet!





Julie

L'automne arrivant j'avais envie de proposer à Grand Louveteau de faire son premier herbier. Nous avons donc commencé à ramasser différentes feuilles lors de nos promenades et à les faire sécher dans notre presse-fleurs, ou plus simplement entre des feuilles de papier journal lorsqu'il était plein à craquer !
Puis, une fois passées les deux semaines réglementaires de séchage, est venu le moment d'identifier les dites feuilles. Eh bien croyez moi, face à la difficulté de la tâche, nous avons eu besoin d'un peu d'aide ^_^ C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers Charlotte dont je connais les grandes connaissances en matière de végétaux. J'ai commencé par lui envoyer quelques photos des feuilles ramassées par Grand Louveteau accompagnées du nom de l'arbre dont nous pensions qu'elles provenaient. Mais il faut bien le reconnaître, même pour Charlotte, l'identification n'a pas toujours été aisée. Pourquoi ?  Parce que mon petit bonhomme n'a pas toujours prélevé les feuilles dans les règles de l'art (et je n'aurais certainement pas fait mieux). De plus, pour certaines il manquait des informations complémentaires indispensables à une bonne identification.
Une fois nos petits problèmes résolus (merci Charlotte), je lui ai demandé quel guide nous pouvions acheter pour nous faciliter les choses à l'avenir. Je ne peux quand même pas l'appeler au secours à chaque fois que nous nous retrouvons face à des difficultés !  C'est là que notre experte m'a prodigué de nombreux conseils sur la manière de prélever au mieux les feuilles pour l'herbier de Grand Louveteau.

Voilà comment est née l'idée de cet article : ma partie, axée sur la réalisation de l'herbier avec Grand Louveteau et la partie de Charlotte qui nous donne plein de conseils pour aider nos enfants à prélever leurs feuilles comme il se doit !

Une fois les feuilles séchées et identifiées, il nous a fallu trouver LE carnet qui allait accueillir l'herbier de Grand Louveteau. Les feuilles, une fois séchées, sont extrêmement fragiles. Il fallait donc un carnet avec du papier suffisamment épais pour que lorsque Grand Louveteau allait tourner les pages, les feuilles déjà collées ne s'abiment pas. J'ai donc opté pour un carnet à dessin que j'avais en stock.




Il s'agit
- d'un carnet à spirales à couverture rigide : parfait, l'herbier va s'épaissir à mesure que nous le remplirons, les spirales offrent donc une plus grande marche de manœuvre qu'une reliure thermocollée et la couverture rigide le rend moins fragile
- de taille 27*21,5 cm. Je trouve que c'est une bonne taille. Certaines feuilles sont grandes, un trop petit carnet obligerait à faire des choix, ce serait dommage. Trop grand, il serait moins facile à manipuler.
- dont le grammage du papier est de 180g/m²
- qui compte 50 feuilles, ce qui nous laisse de quoi faire :-)
- en format paysage, bon là il ne faut pas chipoter, c'est comme on veut. Je trouve que c'est assez approprié pour un herbier (mais c'est très personnel)

Sinon, j'ai découvert, mais un peu tard, un produit de chez Canson, présenté comme parfaitement adapté pour la réalisation d'herbiers : un papier épais sans acide pour une meilleure conservation des feuilles et un papier plus fin entre chaque page pour protéger les feuilles et fleurs d'une page à l'autre.  A tester pour une prochaine fois peut-être :




Il ne restait plus qu'à savoir comment fixer les feuilles sur les pages. La colle, c'était exclue, une plastification avec un papier de ce type, aurait peut-être permis de protéger les feuilles des petites mains de mes Louveteaux, mais l'herbier aurait perdu de son charme. Je me suis donc orientée vers le scotch mais avant j'ai demandé à Charlotte (eh oui encore ^_^) et sa réponse a été claire et nette : papier gommé !




Mais pourquoi du papier gommé (on en trouve aussi du blanc mais moins facilement que du brun) ? Parce que ça vieillira mieux que le scotch.

Une fois bien équipés, nous nous sommes lancés dans la réalisation de l'herbier. Une activité intéressante pour plein de raisons :
- elle fait travailler la motricité fine : il faut visser et dévisser les papillons du presse-fleur (d'où l'intérêt de ce petit matériel)
- elle demande beaucoup de précautions, il faut manipuler les feuilles séchées avec soin et ce n'est pas simple (nous avons d'ailleurs eu de la casse)
- elle requiert de la minutie : découper du papier gommé en petites bandes, les plus droites possibles, mouiller le papier à l'aide d'une éponge (si ça ne relève pas de la prouesse ce n'est quand même pas un geste si simple au début)
- et évidemment elle permet de travailler sur le nom des feuilles d'arbres, les fruits et il faut essayer de se souvenir où la collecte a eu lieu. Ici pour le "quand" on verra un peu plus tard
- elle offre une occasion de passer un temps très agréable avec son enfant, et ça, ça n'a pas de prix ^_^

Voici donc la réalisation de notre herbier en quelques photos :







Il n'est techniquement pas parfait, mais ce n'est pas le but recherché. L'objectif c'est que Grand Louveteau soit au maximum acteur et que moi je ne sois là que pour l'aider en cas de besoin. Alors oui les bandes de papier gommé pourraient être plus étroites pour plus de discrétion, les feuilles collées plus droites mais ce n'est pas ce qui m'importe au jour d'aujourd'hui.

Il a ensuite fallu annoter toutes ces pages. Une fois de plus j'ai voulu que Grand Louveteau puisse participer. Il était évident que j'allais avoir la lourde mission d'écrire les différentes informations mais pour qu'il puisse y prendre part j'ai créé une petite étiquette qui, une fois remplie par mes soins, a été collée par mon Loulou.


Et voici quelques-unes des premières pages de l'herbier de Grand Louveteau :


Et Grand Louveteau dans tout ça me direz-vous ?
Sa première passion d'automne a été pour les baies : lors de nos promenades lui mettait des baies dans son sac et me donnait les feuilles. Puis il a doucement commencé à regarder les feuilles de plus prêt, notamment pour faires des bouquet et c'est cet intérêt naissant qui m'a incité à lui proposer cette activité. Puis, alors que j'étais en train d'apporter quelques modifications à l'article et que j'ajoutais ce dernier paragraphe, il est venu me voir pour me demander ce que j'étais en train de faire. Voici retranscrite, de la manière la plus fidèle possible, notre petite conversation :

- Tu fais quoi Maman ?
- J'écris un article sur ton herbier pour raconter comment tu as fait.
- Mon cahier noir ?
- Oui, tu te souviens ce qu'on met dedans ?
- Des feuilles et du scotch, parce que sinon on ne sait pas comment elles s'appellent.
- Oui pour savoir de quel arbre elles proviennent et le nom du fruit.
- Oui et j'aime bien parce qu'aussi on discute tous les deux !



Voilà, je crois que tout est dit ^_^. Je laisse maintenant la place à Charlotte.


Réaliser un herbier est une activité simple et agréable à faire, il faut juste ne pas se tromper dans l'identification ! En fait, faire un herbier, c'est se transformer en enquêteur et pour cela il existe quelques astuces faciles à mettre en place.


Sur le terrain :
·         Prélever en gros
Devant la plante, proposez à vos enfants de vous décrire tout ce qu’ils en voient, tout ce qui fait partie de cette plante. Expliquez leur alors que ce sont tous ces éléments qui vont permettre de la reconnaître parmi les autres et au lieu de prendre juste une feuille ou une fleur, invitez vos enfants à cueillir tout ce qu’ils ont listé avant : une branche avec bourgeons, feuilles, fleurs/fruits s’il y en a  pour les arbres et arbustes. La feuille, la fleur avec sa tige pour les plantes herbacées.


·         Prélever plusieurs échantillons
Deux mêmes plantes ne sont pas toujours physiquement identiques ! On va parfois constater des différences qui ne nous simplifient pas la tâche : une feuille plus ronde, une couleur différente, une asymétrie…donc mieux vaut prélever plusieurs échantillons et profitez-en pour montrer à vos enfants que l’uniformité n’existe pas dans la nature !

L’objectif n’est pas de tout mettre dans l’herbier, (normalement on y met feuille, fleurs, fruit) mais de nous aider à la reconnaissance.


·         Prendre des photos
Invitez vos enfants à prendre des clichés sous différents angles. En plus de varier un peu les activités, avoir une vue d’ensemble et des détails de la plante nous permet de voir son port et son environnement. Ça peut être utile pour confirmer certaines recherches ou nous aider à retrouver des détails si les prélèvements ont été insuffisants ou abimés (écorce, fruit, port…). A défaut, vous pouvez leur proposer de tenir un journal d’enquête et  prendre des notes en faisant  une description des différents points.
 
·         Noter le lieu, la date
Expliquez à vos enfants qu’en fonction des lieux, le sol peut changer tout comme le temps a une influence sur la plante et invitez les à noter dans le carnet le lieu et la date des cueillettes. Quand vos enfants feront leur herbier ils pourront alors noter facilement ces informations.


Savoir où on a prélevé permet d’éliminer rapidement toute une catégorie végétale. On ne trouve pas les mêmes plantes en pelouses calcaires, qu’en prairie. En cas de doute sur une plante, il suffit de se renseigner sur la flore qui pousse dans ce type de milieu.



·         Prendre une feuille entière
Certaines feuilles sont dites « composées », au lieu de former une feuille simple comme l’érable par exemple, elle va se composer de plusieurs folioles. C’est le cas du sorbier, de l’acacia, du frêne… et il n’est pas toujours évident de savoir où commence et où s’arrête la feuille, il faut donc bien observer !
On va prélever avec le pétiole, la petite tige de la feuille. Il n'y en a pas toujours mais c'est aussi un bon indice pour reconnaître la plante dont elle est issue.









Les ressources

Une fois rentrés à la maison, c’est le moment de passer à l’identification. Pour ça vous pouvez utiliser deux sortes de ressources : les flores ou les clés de détermination.


Les flores ont une organisation rationnelle par milieu et/ou par couleur et permettent de confronter la plante à son image. Une description de la plante et de son milieu permet d’affiner un peu. C’est un outil idéal pour les jeunes enfants qui vont majoritairement se focaliser sur la comparaison visuelle.


J’aime particulièrement les guides Delachaux et Niestlé  qui ont une gamme très large permettant également l’identification de la flore en hiver sur bois et bourgeons. On y choisit son guide par thématique. 
Pour vous-même ou avec les plus grands vous pouvez  jouer les scientifiques et poursuivre le travail d’enquête avec les clés de détermination. Elles permettent de comprendre quoi observer et comment pour identifier la plante.


Vous trouverez une clé de détermination à imprimer pour les feuillus et les résineux ici, une clé en ligne pour les arbres ici et une clé pour les graminées ici


Les deux sont donc complémentaires, on privilégie l’un ou l’autre en fonction de l’objectif recherché. Dans les deux cas on peut se retrouver face à des plantes impossibles à identifier parce que ni l’un ni l’autre ne sont complets, mais aussi parce qu’une même plante peut avoir différentes caractéristiques physiques, ce que l’on appelle le polymorphisme. Parfois même sur une même plante entre le haut et le bas ou la gauche et la droite on peut observer des différences sur la forme ou la couleur des feuilles.


D’où cette dernière ressource : vos sens. Quand on identifie une plante on le fait avec ses 5 sens. Incitez vos enfants  à les observer sous tous les angles, à les  toucher, écouter le bruit que fait le froissement de la feuille, mais invitez les aussi à sentir les feuilles ou les fleurs, à les gouter (quand on est sûr de son coup !). Par exemple on distingue la carotte sauvage de la ciguë parce que la fleur montée en graine de la carotte se recroqueville et forme un nid. La feuille de liquidambar froissée sent la carotte…
 
 


J’ajoute à cela un très bon site ressource à glisser dans vos favoris !
 
 
 
                                                    Alors ? Carotte ou ciguë ??
 
 
 
Faire attention à l’environnement

Faire un herbier est une belle activité nature, alors autant en profiter pour la préserver cette nature !

Voici donc quelques rappels. Les  Parcs nationaux, les Réserves Naturelles nationales ou régionales, les sites protégés ou sauvegardés, les zones sensibles, etc (vous trouverez la liste sur le site de la  DREAL) sont tous des espaces protégés dans lesquels il est interdit de prélever quoi que ce soit.
Un certain nombre d’espèces sont également protégées, leur liste dépend des régions. Vous les trouverez via une simple recherche Google.
Prévenez vos enfants qu’on ne prélève que des plantes présentent en nombre. Si on  tombe sur un seul et unique spécimen, on évite d’y toucher !
 
Et bien sûr, avant de partir vous pouvez préparer ensemble le matériel en prenant soin d’aiguiser et de désinfecter les couteaux et sécateurs pour de belles coupes nettes et propres.





mardi 26 mai 2015

Abriter et observer la faune des jardins

En fait il sera plutôt question de la pédofaune, la faune du sol et des insectes de manière un peu élargi. J'ai vu circuler sur fb et le net de manière générale tout un tas de choses sur les abris à insectes et je voulais a ce sujet partagé 2 informations:
  1. ce n'est pas parce que l'on a mis des abris pour telle ou telle espèce que l'espèce en question viendra ou que l'on pourra l'observer. Pire, il reste parfois complètement inhabité. Pourquoi? parce que chaque espèce a en plus de son milieu de vie, des habitudes de vie qui lui sont propres. Les matériaux, la cohabitation (pour les hôtels à insectes), l'emplacement dont des critères particulièrement important et bien souvent toute cette faune préfère se trouver des abris plus naturels et spontanés.
  2. Le jardin même minuscule regorge de lieu de refuge facile à identifier et à observer. j'ajouterai même qu'il est plus agréable d'aller relever les abris naturels que de jeter un œil a son hôtel à insectes sans l'excitation qui va avec la surprise de la découverte. 
Alors, comment et où observer tout ce petit monde?

La nature, le jardin, les bestioles en tout genre c'est un peu comme les matriochkas: des écosystèmes dans des écosystèmes. Il suffit donc d'en créer et pour cela rien de plus simple: une flaque d'eau est un écosystème. Reste à voir ce que l'on veut y observer. Parce qu'un écosystème associe le visible et l'invisible, à l'œil nu en tout cas.

Voici une liste non exhaustive des meilleurs écosystèmes pour des observations sympas:

- le compost: c'est le plus complet de tous les écosystèmes du jardin. On peut y observer des musaraignes, des hérissons, des orvets...une grande variétés de gastro modes en tout genre puis de plus petits animaux comme les "perce-oreilles", les cloportes, différentes espèces de lombrics, des acariens, des milles pattes.....et puis il y a ce qui n'est pas visible, ainsi que des bactéries et des champignons. En fait, faire un compost c'est conduire un grand élevage. La faune que l'on pourra y observer dépendra de ce que l'on mets dans son compost. 



Iule enroulée
Lombric anécique



J'ai commencé par ce produit du jardin parce que c'est véritablement le plus complet et le plus intéressant dans son évolution. On peut a chaque stade de dégradation observer la faune spécifique et leurs interactions tout en suivant l'evolution de la dégradation des déchets organiques en matières organiques. La faune qu'on y trouve est dites saprophytes: il s'agit des décomposeurs. C'est cette faune qui permet au sol d'exister, et de permettre le développement de la végétation y compris celle que l'on mange. C'est d'ailleurs pour cela, que les potagers au sol nu et labouré sont une hérésie puisque cela empêche a la faune de se développer et au sol d'etre "rechargé" en matière organique.
En fait le compost pourrait faire l'objet d'un article entier, mais je vais m'arreter la!

Compost Grossissement 350 X

- sous les pierres, il fait humide et sombre, on va y trouver des animaux du même genre que celles du compost mais des espèces différentes comme des araignée, des limaces, mais aussi carabes, staphyliers, lithobins et fourmis, ou des lézards. Ces lieux très confinés sont rassurant, le contact étroit avec la pierre les assure contre l'intrusion d'un prédateur.



Limace tigrée ( mangeuse de limaces, un atout au jardin!)

Fourmilière


Cloporte, Oniscus asellus



-les points d'eau sont des milieux très complexes: immersion ou berge, plein soleil ou ombragé un point d'eau condense en lui même plusieurs écosystème. En fonction du jardin, on pourra y voir des animaux de grandes tailles s'y abreuver ou s'y ébrouer. On va y trouver grenouille, salamandres et tritons pour les chanceux. On pourra observer de nombreux insectes comme la libellule, la demoiselle les guêpes, les abeilles qui viennent se rafraîchir mais aussi des moustiques qui viennent pondre dans les eaux stagnantes. Dans l'eau on pourra observer des larves de moustiques, des vers de vase ou des gyrins. 
Vous remarquerez que je ne parle pas de poissons.....les poissons ne se trouvent pas naturellement dans les tous petits points d'eau et en introduire aurait un impact négatif sur la faune qui s'y développe naturellement.

Daphnie, Prélèvement bassin grossissement 20X

Sympetrum rouge




-le bois, qu'il soit tige creuse ou non, poutre ou fagot, le bois est une ressource précieuse pour l'entomofaune. Les guêpes viennent déchirer les fibres, les abeilles solitaires creusent des logements, les coccinelles occupent les fentes et sous les rondelles ou autres morceaux de bois qui jonchent le sol on retrouve la faune saprophyte ainsi que des myceliums: la forme végétative et souterraine des champignons et les crapauds viennent trouver refuge sous les tas de branches.



Nid d'abeille xylicole





Mycelium
canisse de noisetier grignotée par les abeilles cotonnières

- Dans le sol en fonction de sa richesse et de sa texture on pourra y rencontrer de nombreux animaux commun mais également des larves ou des pupes d'Hanneton, de papillon nocturne, des traces d'abeilles terricoles....
Araignée non identifiée encore...





Nid d'abeille terricole (Andrena fulva)
Pupe de Phlogophora meticulosa (Pupa obtecta), papillon de nuit


Andrena fulva

Ce petit inventaire n'a absolument rien d'exhaustif, j'aurais pu citer pleins d'autres lieux ou espèces, mais alors il aurait fallut écrire un livre! Mon objectif est uniquement de vous donner des pistes pour voir autrement les ressources de votre jardin et vous amusez a jouer les explorateurs pour observer avec vos enfants la faune des jardins.

Il manque pas mal de photos et toutes ne sont pas d'extraordinaire qualités, mais il est difficile d'avoir toujours son appareil au bon moment et parfois il vaut mieux profiter de la beauté de l'instant!
Si il y a des erreurs d'identification faites m'en part!

Et pour ceux qui veulent aller plus loin dans leurs démarches pour accueillir une faune diversifiée, je vous conseille de vous orienter sur les aménagements de jardin naturel ou permaculturel.





jeudi 21 mai 2015

Un cabinet de curiosité


Petit Chou, comme tous les loulous qui découvre le monde qui les entoure, est un aventurier, un explorateur, un scientifique. Chaque chose pour nous normal est vue avec un œil curieux, un regard neuf plein de questions et de fascination. Du caillou, au dinosaure en passant par les pâquerettes et le chat qui ronronne l’invite à entrer dans l’intimité de la nature dans ce qu’elle a de magique, de fantastique.

C’est comme ça qu’est venue l’idée de mettre en place un cabinet de curiosité. Comme les découvreurs du XVIème siècle, on s’est mis à rassembler des objets de nature qui nous interpelle (je dis bien nous parce que ce cabinet de curiosité est familiale).
 
 

Pour le moment il est avant tout  Naturalia-exotica : végétal et minéral, le monde animal y trouvera peu à peu  sa place ainsi que les artefacts certainement.  Comme toutes les collections, il permet soit de se focaliser sur un objet ou sur les nombreuses déclinaisons qui existent comme c’est le cas avec les différentes « pommes de pin ».



 

Presque tous les éléments sont présentés « sous cloche » ou sur socle, pour leur donner d’avantage de préciosité, l’enjeu étant d’apprendre à observer sans manipuler (la manipulation ayant déjà eu lieu au moment de la découverte) et de tenter de comprendre la fragilité et la nécessité de préservation de certaines choses.


 

Avec le temps d’autres enjeux entreront dans cette collection comme celle de trier, de valoriser, de mettre en scène, de faire le lien entre les sciences et les arts, travailler la chronologie, l’histoire…c’est le moyen d’ouvrir pleins de portes et  le cabinet de curiosité est aussi je trouve  une belle introduction au musée.
 
 

En cherchant des infos sur les origines de ces collections, je me rends d’ailleurs compte que c’est un sujet très à la mode et que les cabinets de curiosités fleurissent partout dans les écoles, dans la mode, dans la déco, le théâtre…alors mettons nous y tous, et montrez-moi vos collections !

 

 

lundi 13 avril 2015

Se promener, a quoi ça sert?

J'avais envie de vous parler de notre façon de voir la promenade, Hëlëne en avait parlé il y a longtemps également, sous l'angle de la pédagogie Montessori, l'occasion était faite de vous proposer un nouvel article à 4 mains !


Charlie:
La promenade chez nous est quotidienne. Il y a la promenade rituelle et les autres. C'est de celle la que j'ai envie de parler.
Elle n'avait l'air de rien cette promenade au début de notre routine: il s'agissait uniquement de faire le trajet de chez la nounou à notre maison, très simplement. Autrement dit, il était question d'aller d'un point A à un point B en prenant le temps de ramasser des cailloux, de regarder les chats passer, d'écouter les oiseaux. Une ballade somme toute classique qui s'est complexifié et rallongé au fur et à mesure du développement de Petit Chou.




Hëlëne:

J'ai très vite été convaincue du bénéfice des promenades, même pour le nourrisson (et sa maman), car lors de mes débuts chaotiques avec mon bébé hurleur, c'était mes grands moments de répit. J'avais un jour eu mon père au téléphone et je lui disais à demi mot que là, elle pleurait encore et encore et que juste, j'en pouvais plus, il me répond : «  Quand c'est comme ça, tu cherches pas, tu l'emballes et tu sors te promener ! ». Bon, qui ne tente rien...
N'avais-je pas fait 2 pas dehors que ma pépette s'endort. C'était hallucinant, dehors, elle ne pleurait quasiment jamais, parfois elle s'endormait dans sa poussette ou son écharpe, et à peine je rentrais, re-belotte les pleurs. J'ai souvent regretté qu'elle soit née en automne et je vous jure que l'idée de lui faire faire ses siestes dans le jardin en plein hiver -sous trois épaisseurs quand même- m'a traversé l'esprit plus d'une fois. J'ai marché comme jamais, et je sortais tous les jours. Les arbres et la rivière derrière chez moi ont littéralement épongé mes angoisses de jeune mère à la dérive. C'était mes moments de paix intérieure. Histoire de ne pas toujours faire les mêmes balades, j'ai commencé à me promener partout dans mon village... Que j'ai totalement découvert par la même occasion alors que j'y habitais depuis 3 ans. J'ai d'ailleurs gardé cette habitude deux ans plus tard, et quand je sens que ça ronchonne de trop, hop ! On sort !

Charlie:
J'ai beaucoup rêver devant certaines photos de baby gym ; photos sur lesquelles on peut voir des bébés hyper à l'aise faire des trucs de fous, ou de belles images d'enfants qui progressent en osant passer sous de grandes voiles. Sans compter l'aspect "socialisation" parce que oui, c'est une crainte récurrente, il est bon que les enfants partagent des choses entre eux, apprennent à rencontrer l'autre, à entrer en relation....et chez nous c'est compliqué. Alors oui, pendant un temps ça m'a donné envie. Et puis j'ai regardé nos promenades différemment et je me suis rendue compte que nos promenades offraient bien plus que de la baby gym ou que n'importe qu'elle autre activité collective. J'ai réalisé aussi qu'elles offraient bien plus qu'une découverte de la nature.
La promenade est un support extraordinaire et multisensoriel pour de nombreux apprentissages.






Hëlëne:

Chez moi, ce sont effectivement les propos de Maria Montessori qui m'ont ouvert les yeux. Dans L'Enfant, un passage parle justement des promenades. Maria Montessori disait qu'il fallait arrêter d'envisager la promenade comme un concept qui fait aller d'un point A à un point B, mais comme un chemin. Elle donnait l'exemple des nourrices qui pressaient les enfants pour arriver au parc, parce que l'objectif c'est le parc, en négligeant l’intérêt de tout ce qui se trouve entre le parc et la maison : les escaliers, les cailloux, les paysages, etc. Et qui apporte beaucoup à l'enfant. J'ai toujours gardé cette idée en mémoire lors des promenades de Minimog et pour moi, l’intérêt de la promenade commence sur le pallier de la maison.
Dommage collatéral, aujourd’hui j'ai toujours des appréhensions à me promener avec d'autres personnes car pour elles, bien souvent en effet, la promenade se réduit souvent à marcher, marcher, droit devant, encore et donc à passer son temps à dire à nos enfants : « Avance !», « Vite !», « Dépêche toi », « On a pas le temps ! »  «  Alleeeeez » « Grouille-toi ! », « Tiens regarde le toboggan est là-bas », « Non on va là ! », « Bon, tu viens ? », etc.
Honnêtement c'est le genre de promenade où je ne prend moi-même pas de plaisir parce que c'est rébarbatif et que, comment dire ? … C'est une promenade, une pause, un moment de détente, pas une course ! Un de ces délectables moments dans nos vies où précisément, on est pas censés être pressés.


Charlie:
Bien sur, il y a l'aspect moteur. A un certain âge, c'est la première chose que l'on attend d'une promenade, utiliser son corps, dépenser de l'énergie, évacuer des tensions, utiliser ses muscles....Pour cela, notre village est assez intéressant je trouve. Il n'y a pas de trottoir donc on marche au bord des jardins, des entrées de maisons, on grimpe sur les murs, on escalade les caves. On ramasse des cailloux on les jette dans le lavoir ou les égouts, on monte des gradines, on grimpe sur des rochers, sur de vieux murs, on court dans les descentes, on sautille dans les flaques d'eau....

Ce que j'observe à travers ce développement moteur, c'est la confiance qui grandit. Petit Chou, toujours collé à moi qui me lâche la main pour marcher seul, puis pour monter les marches seuls,
pour dévaler les pentes seuls....et qui me regarde avec fierté pour mieux recommencer.



On a la chance d'avoir beaucoup d'animaux chez nous de manière facilement accessible. On a pléthore de chevaux et de poney mais on a surtout la chance d'avoir parmi nos voisins un amoureux des animaux qui a effectué pleins de sauvetage. On profite donc tous les jours de l'âne, des chèvres d'espèces différentes, des oies, différentes espèces de poules il y avait même des lamas a un moment. Dans notre rituel nous allons donc les nourrir! Au début, c'est moi qui les nourrissait, Petit Chou dans les bras. A sa demande, je devais leur donner, les caresser comme s'il vivait les choses par procuration. Il n'était pas rare que le braiement de l'âne le terrifie au point de sonner le retour a la maison. Aujourd'hui, il donne lui même aux animaux ce que l'on apporte, il leur arrache de l'herbe et leur fait des câlins. Il reconnaît chacun d'entre eux, leur parle, les appelle, imite leur cris,
communique.




Dans un petit coin de rue, Petit Chou continue sa découverte des couleurs et s'initie a la botanique avec les massifs de bulbes d'une passionnée de jardin: anémone blanda, perce neige, crocus, fusain japonais, osmante, narcisses, tulipes botaniques...La propriétaire ne rate jamais une occasion de lui parler de ses fleurs. Il les touche, les caresse, appréhende les textures entre le velours des pétales fragiles de crocus et la rugosité de l'écorce des marronniers d'Inde.








Au lavoir, il regarde les enfants jouer au ballon, ou se courir après. L'un des garçons fait des tas de cailloux pour que Petit Chou les jette dans l'eau, les filles viennent lui parler et lui faire des câlins, et les plus grands le laissent faire quelques passes au ballon.
Il a pu observer que les cailloux tombent au fond de l'eau mais que les branches, les feuilles et les
fleurs flottent, que quand on les jette dans le sens du courant, ils se font emporter. Il fait de la
musique en jetant des cailloux de différentes tailles dans l'eau, doucement par petits groupes.

Il a appris à connaître la cavalière qui amène son cheval dans la prairie près du parc, la vieille dame qui va au cimetière tous les jours et qui vient s’asseoir sur un banc pour discuter avec nous, une grand mère qui fait un bout de chemin avec nous chaque fois qu'on la croise....


Hëlëne:



Même chose chez nous. Moins de fermes et village plus grand mais chaque micro-promenade apporte son lot de découverte : exercice de motricité, de vocabulaire, de repérage dans l'espace, découverte de la nature et son évolution, des lois de la physique, découvertes sensorielles, travail de l'équilibre, confiance, rapport aux animaux, détente. Une promenade est toujours riche en apprentissages et aussi en surprises. Pour moi c'est la plus grande source d'éveil et de construction intérieure pour un enfant.
A mon sens, les clefs d'une promenade consciente sont :
- laisser l'enfant profiter du parcours s'il en a envie : car beaucoup d’apprentissages sont à la clé

- se laisser diriger par l'enfant : Je ne saurais lister le nombre de bonnes surprises que j'ai eu en suivant Minimog quand elle désirait aller là où ce n'était pas prévu (tant que la direction est acceptable bien sûr – et évidemment si vous avez des enfants, la direction doit faire consensus). Une de nos plus chouettes trouvailles était des mûres qui ont servies à faire une tarte-à-papa (après goinfrage en règle sur place, évidemment!).



- varier les lieux : parce que refaire la même balade tout le temps, si c'est bien pour l'enfant qui y a ses repères, c'est un peu ch*** pour le parent, non ? Or pour que cela soit un plaisir pour eux, ce doit être un plaisir pour nous. Pas besoin d'aller au bout du monde pour faire des découvertes, la forêt pas loin de chez vous, le parc du village d'à côté, le village d'à côté lui-même, un site remarquable à visiter (parfois c'est « juste » un arbre), et si vous êtes en ville c'est pareil : un joli quartier ancien, un monument, un parc, une pépinière : c'est toujours d'autres sources de découvertes, et parfois de rencontres, pour eux comme pour nous. 





- et n'hésitez pas (si vous en avez le courage) à sortir par tous les temps ! Pour moi c'est facile, j'habite en Lorraine alors si j’attends qu'il fasse un soleil radieux et 25°c, je sors 15 jours dans l'année. C'est super intéressant de sortir après la pluie (ou pourquoi pas sous la pluie, soyons fous, si les enfants aiment bien), ou quand il neige, où le soir, où même la nuit (une sortie de nuit c'est génial). La nature, la faune, les senteurs, les sons sont différents et c'est chaque fois un monde à (re)découvrir. Et non, si vos enfants sont bien couverts, habillés et chaussés, il ne vont pas attraper une pneumonie. Il paraîtrait même que ce qui nous rend malades en hiver ce n'est pas tant le froid que le fait de rester enfermé.


Charlie:
Il a appris a reconnaître le bruit du vent dans les graminées, dans les arbres, de nos pas dans l'herbe ou dans les graviers.








Il a fait connaissance avec son ombre et la mienne et a découvert qu'on pouvait aussi ne rien faire.




Il a appris a maîtriser les émotions que produisaient en lui la balançoire et c'est certainement l'un de nos plus beaux premiers moments. Ce jour où Petit Chou a voulu en faire seul, chacun sur notre balançoire. J'espère ne jamais oublier son regard et son air si paisible. L'une des premières fois ou il a accepter de faire sans moi et d'être si bien sans moi.





Regarder la pluie emmener les cailloux dans son sillon, les feuilles être emportées dans les avaloirs, voir les gouttes d'eau sur le parapluie, écouter l'eau tombée en gros "plic" des gouttières percées, patauger dans les flaques d'eau et observer la boue remonter en dessinant des volutes, faire des tartes de boues, se rendre compte que tous les animaux se sont mis à l’abri, les oiseaux aussi. Que quand il pleut, comme quand il neige, comme quand il fait nuit, il pleut, il neige, il fait nuit partout (Hëlëne : clin d'oeil, moi aussi j'ai adoré cette découverte ^_^). Que nos pas ne font pas les même bruits. Que l'eau nous échappe mais que la neige s'agglutine dans nos mains....Les promenades font les meilleures plateaux, les meilleures expériences, sont la meilleure des écoles pour découvrir le monde et entrer en relation.

Et il y a tout ce dont je n'ai pas parlé et tout ce dont je n'ai pas conscience.

Rien de tout cela ne pourrait avoir lieu autrement.


Hëlëne:

Faire de l'initiation à la géologie, étudier une partie du régime alimentaire d'à peu près tous les animaux fermiers possibles, et beaucoup d'animaux domestiques, appréhender différents reliefs, différentes perspectives sur le monde, découvrir des ressources naturelles de la forêt telles que les champignons, les mûres, les pommes, les noisettes, les glands pour les jeux (essayez à présent de faire passer Minimog à côté d'un mûrier ou d'un mirabellier en fruit sans qu'elle ne percute !)... Dehors, Minimog a accru son vocabulaire de façon spectaculaire, elle sait cueillir des mûres mures (donc travail sur les couleurs en passant). Elle a accru aussi sa capacité à observer son environnement, et à décrire ce qu'elle voit.
Bref, plein de bénéfices à la clé ! 

Il y a aussi le facteur "hasard" qui me plait beaucoup. Sortir au même endroit tous les jours c'est toujours susceptible de vous apporter des surprises. On ne sait jamais qui ont va croiser, ce qu'on va voir, ce que l'on va pouvoir observer. Selon les rencontres, le temps qu'il fait, la période de l'année c'est toujours différent, sans cesse renouvelé.



 
Quel livre, quel plateau, quel matériel pédagogique aurait pu lui apporter autant que toute cette expérience de terrain qui laissera en prime, de chouettes souvenirs dont elle me reparle d'elle-même ?
« [Notre maîtresse] ne doit pas craindre que l'enfant, comme tant de gens veulent l'insinuer, s'arrête misérablement au matériel que nous avons limité, le substituant à la variété des choses offertes par la nature, ni au milieu plus vaste de l'école ou de la maison [et de la rue un peu plus loin dans le paragraphe] » Maria Montessori Pédagogie scientifique tome 1,la maison des enfants.