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mardi 26 mai 2015

Abriter et observer la faune des jardins

En fait il sera plutôt question de la pédofaune, la faune du sol et des insectes de manière un peu élargi. J'ai vu circuler sur fb et le net de manière générale tout un tas de choses sur les abris à insectes et je voulais a ce sujet partagé 2 informations:
  1. ce n'est pas parce que l'on a mis des abris pour telle ou telle espèce que l'espèce en question viendra ou que l'on pourra l'observer. Pire, il reste parfois complètement inhabité. Pourquoi? parce que chaque espèce a en plus de son milieu de vie, des habitudes de vie qui lui sont propres. Les matériaux, la cohabitation (pour les hôtels à insectes), l'emplacement dont des critères particulièrement important et bien souvent toute cette faune préfère se trouver des abris plus naturels et spontanés.
  2. Le jardin même minuscule regorge de lieu de refuge facile à identifier et à observer. j'ajouterai même qu'il est plus agréable d'aller relever les abris naturels que de jeter un œil a son hôtel à insectes sans l'excitation qui va avec la surprise de la découverte. 
Alors, comment et où observer tout ce petit monde?

La nature, le jardin, les bestioles en tout genre c'est un peu comme les matriochkas: des écosystèmes dans des écosystèmes. Il suffit donc d'en créer et pour cela rien de plus simple: une flaque d'eau est un écosystème. Reste à voir ce que l'on veut y observer. Parce qu'un écosystème associe le visible et l'invisible, à l'œil nu en tout cas.

Voici une liste non exhaustive des meilleurs écosystèmes pour des observations sympas:

- le compost: c'est le plus complet de tous les écosystèmes du jardin. On peut y observer des musaraignes, des hérissons, des orvets...une grande variétés de gastro modes en tout genre puis de plus petits animaux comme les "perce-oreilles", les cloportes, différentes espèces de lombrics, des acariens, des milles pattes.....et puis il y a ce qui n'est pas visible, ainsi que des bactéries et des champignons. En fait, faire un compost c'est conduire un grand élevage. La faune que l'on pourra y observer dépendra de ce que l'on mets dans son compost. 



Iule enroulée
Lombric anécique



J'ai commencé par ce produit du jardin parce que c'est véritablement le plus complet et le plus intéressant dans son évolution. On peut a chaque stade de dégradation observer la faune spécifique et leurs interactions tout en suivant l'evolution de la dégradation des déchets organiques en matières organiques. La faune qu'on y trouve est dites saprophytes: il s'agit des décomposeurs. C'est cette faune qui permet au sol d'exister, et de permettre le développement de la végétation y compris celle que l'on mange. C'est d'ailleurs pour cela, que les potagers au sol nu et labouré sont une hérésie puisque cela empêche a la faune de se développer et au sol d'etre "rechargé" en matière organique.
En fait le compost pourrait faire l'objet d'un article entier, mais je vais m'arreter la!

video
Compost Grossissement 350 X

- sous les pierres, il fait humide et sombre, on va y trouver des animaux du même genre que celles du compost mais des espèces différentes comme des araignée, des limaces, mais aussi carabes, staphyliers, lithobins et fourmis, ou des lézards. Ces lieux très confinés sont rassurant, le contact étroit avec la pierre les assure contre l'intrusion d'un prédateur.



Limace tigrée ( mangeuse de limaces, un atout au jardin!)

Fourmilière


Cloporte, Oniscus asellus



-les points d'eau sont des milieux très complexes: immersion ou berge, plein soleil ou ombragé un point d'eau condense en lui même plusieurs écosystème. En fonction du jardin, on pourra y voir des animaux de grandes tailles s'y abreuver ou s'y ébrouer. On va y trouver grenouille, salamandres et tritons pour les chanceux. On pourra observer de nombreux insectes comme la libellule, la demoiselle les guêpes, les abeilles qui viennent se rafraîchir mais aussi des moustiques qui viennent pondre dans les eaux stagnantes. Dans l'eau on pourra observer des larves de moustiques, des vers de vase ou des gyrins. 
Vous remarquerez que je ne parle pas de poissons.....les poissons ne se trouvent pas naturellement dans les tous petits points d'eau et en introduire aurait un impact négatif sur la faune qui s'y développe naturellement.

video
Daphnie, Prélèvement bassin grossissement 20X

Sympetrum rouge




-le bois, qu'il soit tige creuse ou non, poutre ou fagot, le bois est une ressource précieuse pour l'entomofaune. Les guêpes viennent déchirer les fibres, les abeilles solitaires creusent des logements, les coccinelles occupent les fentes et sous les rondelles ou autres morceaux de bois qui jonchent le sol on retrouve la faune saprophyte ainsi que des myceliums: la forme végétative et souterraine des champignons et les crapauds viennent trouver refuge sous les tas de branches.



Nid d'abeille xylicole





Mycelium
canisse de noisetier grignotée par les abeilles cotonnières

- Dans le sol en fonction de sa richesse et de sa texture on pourra y rencontrer de nombreux animaux commun mais également des larves ou des pupes d'Hanneton, de papillon nocturne, des traces d'abeilles terricoles....
Araignée non identifiée encore...





Nid d'abeille terricole (Andrena fulva)
Pupe de Phlogophora meticulosa (Pupa obtecta), papillon de nuit


Andrena fulva

Ce petit inventaire n'a absolument rien d'exhaustif, j'aurais pu citer pleins d'autres lieux ou espèces, mais alors il aurait fallut écrire un livre! Mon objectif est uniquement de vous donner des pistes pour voir autrement les ressources de votre jardin et vous amusez a jouer les explorateurs pour observer avec vos enfants la faune des jardins.

Il manque pas mal de photos et toutes ne sont pas d'extraordinaire qualités, mais il est difficile d'avoir toujours son appareil au bon moment et parfois il vaut mieux profiter de la beauté de l'instant!
Si il y a des erreurs d'identification faites m'en part!

Et pour ceux qui veulent aller plus loin dans leurs démarches pour accueillir une faune diversifiée, je vous conseille de vous orienter sur les aménagements de jardin naturel ou permaculturel.





4 commentaires:

  1. Comme je te l'ai dit, j'adore cet article et je plussoie. Je vois des hôtels à insectes pulluler mais ils sont souvent tous plus vides les uns que les autres. Et rien ne vaut l'observation in situ qui n'est pas artificielle et a l’intérêt de montrer les animaux dans leur biotopes naturels. Sans compter le plaisir de la recherche et de la découverte comme tu l'as si bien dis.

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  2. Très bel article. Complètement d'accord, ainsi qu'avec le commentaire d'Hëlëne : rien ne vaut l'observation in situ avec les découvertes liées à la recherche etc. En revanche, jamais entendu parler d'hôtel pour insectes ??!! Je ne comprends pas le concept : essayer de faire un truc pas naturel de quelque chose de naturel ? Genre un zoo pour insectes sur la base du bénévolat ? Je crois que je vais faire des recherches, ça m'intrigue !

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    1. Signé Chloé

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    2. Il s'agit en effet de recréer non pas un biotope pour le coup mais juste un habitat type un pot renversé avec de la paille ou un paquet de tige a moelle....souvent différents habitats sont regroupés ensemble type HLM pour insectes en oubliant les dispositions nécessaires a chaque espèces. D'ou leur inutilité bien que des fois par le plus grand des hasards ça fonctionne plus ou moins bien.

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