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vendredi 18 septembre 2015

7 inepties sur l'allaitement qui font paniquer les mamans (pour rien le plus souvent).

1- Allaiter fait mal

FAUX !
Première cause de découragement chez certaines femmes, voire de non envie d'allaiter avant d'avoir commencé : la légende qui veut qu'allaiter soit douloureux.
Ça peut l'être, mais ce n'est pas normal, cela veut dire qu'il y a un souci qu'il convient de traiter. Crevasses, mastites, candidose, engorgement, inflammation des canaux : il existe de multiples sources de douleurs possibles pendant l'allaitement mais toutes sont guérissables et surtout, on peut en éviter la plupart lorsque l'on est bien informée. Par exemple : une bonne prise au sein du bébé évite les crevasses, un allaitement à la demande évite les engorgements qui provoquent des inflammations qui peuvent dégénérer en candidose, etc.

2 – Il est difficile de concilier allaitement et reprise du travail

Pas forcément.
En tous cas, de ce que je constate depuis 3 ans que je réponds aux questions d'autres mamans sur cette question, c'est que c'est biiiien moins difficile qu'il n'y parait.

Et à cet article très bien fait de la LLL :http://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/1760-aa-101-allaiter-et-travailler-c-est-possible

"Le vrai secret de la réussite, c’est tout simplement... de savoir que c’est possible !"

Je constate 2 angoisses principales qui reviennent souvent :

- maintenir sa lactation ou la peur de manquer de lait.
C'est souvent assez dramatisé par les mamans qui s'imaginent que si elles ne peuvent pas tirer leur lait 10 fois par jour elles n'auront plus de lait.
Tant que votre enfant boit, vous produisez. Donc si vous allaitez à la demande en présence de l'enfant, vous produirez du lait.
Et techniquement, une relactation est même possible dans les mois qui suivent un sevrage.
Un joli témoignage ici pourra vous en convaincre. http://www.lactissima.com/a-tire-d-ailes/relactation-le-temoignage-de-tiphaine/
Donc pas de panique par anticipation ! 

- répondre aux besoins de l'enfant
Ça, c'est autre chose. Avoir du lait, ok, mais en tirer suffisamment pour les besoins du bébé ça peut poser souci si vous êtes absente très longtemps. Certaines mamans choisissent de tirer plus souvent et de booster leur lactation, personnellement j'ai complété avec du lait en poudre pendant quelques mois sans aucun état d'âme.
Il est à noter que selon l'âge de l'enfant et votre temps d'absence, il n'est parfois même pas nécessaire de donner beaucoup ou même de tirer tout court.
Par contre, un nombre incalculable de mamans paniquent avec la dose qu'elles tirent au tire-lait ("Au secours, je tire pas beaucoup !") pour "rien" : parce que :
- elles tirent à la maison en allaitant aussi bébé à côté. Je vous rassure, moi aussi dans ce cas je ne tire presque rien mais au boulot, je tire tout a fait convenablement
- elles voient le contenu du biberon qui diminue avec le temps. Le nombre de mamans en panique que j'ai vu passé et qui s'inquiètent de moins tirer... après un an ! C'est juste normal.

Votre bébé prend bien, il grandit sainement, ne manifeste pas de souci pendant les tétées ? Alors no stress : tout va bien.

2-2 - Il faut habituer le bébé au biberon pour les fois où l'on s'absente

NAN !
Encore une belle source d'angoisse inutile pour les mamans (surtout celles qui travaillent). "Mais mon bébé ne veut pas prendre le biberon !".
Ah ben ça, si c'est maman qui donne, il y a des chances ! Mettez vous à sa place, le sein est là et maman donne le truc bizarre en plastique. En général, ça passe beaucoup mieux quand la maman n'est pas là et que c'est quelqu'un d'autre qui donne.
Et si ça coince au début, sachez qu'en crèche, il est fréquent aussi que les enfants qui sont nourris au biberon refusent le biberon donné par une personne inhabituelle dans un premier temps.
Et si il/elle refuse le biberon : softcup / verre à bec / DAL / pipette ou petite cuillère sont des alternatives qui peuvent vous aider.
Mais donner vous-mêmes des biberons sous prétexte d'habituer l'enfant, ne donnera pas de meilleurs résultats mais augmente plutôt les risques de rejet et de confusion.

3 - Réguler les tétées. 

Le coup du "10 minutes, toutes les 3 heures".
J'ai commencé comme ça : c'est une excellente méthode pour laisser votre enfant crever de faim et passer à côté de ce qui fait l'essence même de l'allaitement : la relation de confiance et d'attention à l'enfant, sans parler des dommages collatéraux éventuels : engorgements et complications et stress du bébé et de la maman.
Je n'ose imaginer combien d'allaitements ont foiré à cause de cette ineptie....
L'allaitement, au moins tant qu'il est une vraie source de nourriture pour votre enfant, ça se fait à la demande : c'est à dire en suivant les besoins exprimés par le bébé.

4- Le co-allaitement bambin/bébé se fait aux dépends du bébé.

RE-FAUX !

Qu'est-ce que j'ai pu l'entendre celle-là ! De mamans qui avaient eu l'info de "professionnels" en plus !
Alors clairement, les processus physiologiques naturels des êtres vivants sont voués à une seule chose : assurer la survie de l'espèce. Nous sommes biologiquement programmés pour survivre. Donc si la nature permet d'allaiter deux enfants d'âge différents, c'est que fatalement, ça ne contrevient pas à la survie de l'espèce et que donc, ça ne met pas un des deux individus en danger.

http://www.lllfrance.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=1252&Itemid=502

Concrètement, votre lait s'adapte au plus jeune, et c'est à l'aîné de s'adapter (ou pas) à ce changement.
Quand à la quantité de lait produite, elle s'adapte aussi, comme elle le ferait pour des jumeaux.
Pour rappel : pour produire le lait que nous buvons, nous forçons les vaches à produire autant que si elle nourrissaient ... peut-être 15 veaux (ou plus) ! Notre corps peut bien satisfaire deux enfants ou plus sans souci.
Après cela peut pomper plus sur les réserves de la maman, mais ça c'est un autre problème. Il existe un tas de raisons qui n'incitent pas à co-allaiter, mais pas celle-ci.

5 – Pas assez de lait / lait pas assez nourrissant

ALORS CELLE-LA...!
....J'aurais pu la mettre en numéro 1 tellement on nous la ressort souvent, encore aujourd’hui.
Sauf GROS problème TRES particulier, vous n'aurez jamais pas assez de lait ou un lait pas assez nourrissant pour votre enfant comme ça pouf, parce que vous êtes comme ça. Non. 
Pic de croissance, confusion sein/tétine et allaitement mixte mal géré, REF (voir ici), blocages psychologiques (voir "Il n'y a pas de parents parfaits", d'Isabelle Filliozat – chapitre " Des mots qui stoppent le lait") : il y a des explications bien plus rationnelles qui peuvent expliquer ce prétendu "pas assez de lait".

J'aime bien ce court mais efficace article sur la question de la fréquence des tétées jugées trop nombreuses : http://www.santeallaitementmaternel.com/se_former/comprendre_lactation/comment_ca_marche/dans_le_quotidien/frequence_duree_tetees.php


6 – Allaiter plus de 3/6/12/... mois "ne sert plus à rien"

BEN VOYONS....
C'est bien pour ça qu'on nous vend du lait de croissance qui va jusqu'à 3 ans !

Votre lait évolue avec votre enfant et reste l'élément nutritif ET immunitaire le plus au top pour votre enfant.Sans compter l'aspect relationnel que l'allaitement procure.


Pour info, l'OMS conseille un allaitement exclusif jusqu'à 6 mois et un allaitement juqu'à 2 ans:
"L’allaitement au sein exclusif pendant une période de six mois présente bien des avantages pour le nourrisson et la mère, et notamment l’insigne avantage de protéger contre les infections gastro-intestinales, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Une mise au sein précoce, dans l’heure qui suit la naissance, protège le nouveau-né des infections et réduit le taux de mortalité en rapport. Le risque de mortalité lié à la diarrhée et à d’autres infections peut augmenter chez les nourrissons qui sont partiellement nourris au sein ou qui ne le sont pas du tout.

Le lait maternel est aussi une source importante d’énergie et de nutriments pour les enfants de 6 à 23 mois. Il peut fournir la moitié ou plus des besoins énergétiques de l’enfant de 6 à 12 mois, et le tiers des besoins énergétiques de l’enfant de 12 à 24 mois. Le lait maternel représente aussi une source énergétique et nutritionnelle indispensable en cas de maladie et réduit le taux de mortalité des enfants dénutris.

Les adultes qui ont été allaités quand ils étaient bébés présentent généralement des taux moindres de surpoids et d’obésité. Les enfants et adolescents qui ont été allaités obtiennent de meilleurs résultats aux tests d'intelligence. L’allaitement contribue également à la santé et au bien-être des mères:
Il diminue le risque de cancer du sein et des ovaires et favorise l’espacement des grossesses – l’alimentation exclusive au sein des bébés de moins de six mois a des répercussions hormonales qui entraînent souvent une aménorrhée. C’est une méthode naturelle (mais pas infaillible) de régulation des naissances connue sous le nom de «méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée»."

Donc non, allaiter ne sert pas "à rien".

Continuer de donner du lait après la petite enfance, en revanche ça, naturellement parlant, c'est anormal (bon je dis ça mais j'en prends tous les jours...).
Nos collègues animaux quand ils sont sevrés, ne prennent pas de yaourts en complément. Et ce fameux calcium qui est indispensable à la constitution des os, on le trouve ailleurs que dans le lait.
http://aidersonprochain.com/ces-10-aliments-qui-contiennent-plus-de-calcium-que-le-lait

Eh non : les fameux laitages ne sont pas obligatoires pour une bonne alimentation...

Donc quand votre médecin vous dit qu'il faudrait diminuer les tétées et donner des yaourts, d'un point de vue (physio)logique... et ben oui, c'est une belle ânerie qui n'a aucun sens !! Tout simplement parce qu'il vous demande d'arrêter de donner le lait qui est fait pour votre enfant pour lui donner le lait d'une autre espèce à la place en affirmant que c'est meilleur (pour sa santé ou pour les apparences culturelles ?).

7 – Allaiter ("longtemps") a une mauvaise incidence sur la psychologie de l'enfant

AH !
Alors celle-ci, c'est surement la plus difficile à contrer parce que la psychologie, c'est pas une science exacte. Mais je vais tenter le coup du haut de mes 3 ans d'allaitement avec Minimog.

Sexualité biaisée, attachement trop important ou non détachement de la mère, manque d'autonomie, notamment face aux émotions : pour certains, allaiter passé un certain âge (variable) aurait des conséquences néfastes sur l'enfant et sa psyché.

Alors pour la sexualité, je pense que c'est l'adulte qui le plus souvent, projette sa vision sur-sexuelle du sein sur l'enfant. L'enfant lui, il n'en est pas là. Téter est une source de plaisir pour lui et normalement pour la maman (qui libère la même ocytocine que lors de l'orgasme sexuel), c'est un acte sensoriel et sensuel, certes, mais qui n'a rien à voir avec ce que nous nommons "sexualité" en tant qu'adulte. Et si votre enfant prend des manies dérangeantes comme de lécher le sein ou le tripoter, il ne le fait certainement pas comme le ferait votre conjoint (ceci dit, il convient de dire à l'enfant que ça vous gêne et de ne pas laisser ces gestes s'installer si ça vous met mal à l'aise, c'est votre corps).
Idem quand quelqu'un vous demande si vous "n'avez pas honte" d'allaiter publiquement de peur de choquer les enfants. Euh... alors tous mes neveux et nièces (pour la plupart pas ou très peu allaités) m'ont vu allaiter ma fille, avec des interrogations certes, mais sans aucun traumatisme. Si on leur explique les choses normalement, les enfants les comprennent très bien.
Après j'ai eu droit à des réactions très diverses allant du "Beurk" au "Moi aussi je peux?" en passant par le :"Ah ok. Oh tiens, un papillon !", mais aucun n'en a fait des cauchemars la nuit. C'est sûr que si on réagit en présence de l'enfant à grand renfort de "Mais enfiiiiiinn ! Mais c'est dégoutaaaaaannnt!" on induit en lui/elle l'idée que ce qui se passe est malsain. Mais franchement, les enfants n’intègrent pas cette vision d'eux-mêmes.

Attachement trop important ou non détachement, manque d'autonomie physique et émotionnelle : j'ai envie de dire que si c'était l'apanage des mères allaitantes ça se saurait.
Ma fille vit très bien sans moi depuis qu'elle a 3 mois et demi et si à un moment j'ai en effet vrillé à ce niveau, avec le plus grand recul, ce n'est franchement pas à cause de l'allaitement.
Elle parle comme un livre, fait un tas de choses seule et exprime très bien ses émotions ("Non maman, je ne suis pas en colère, je suis triste").
Je pense qu'au contraire, donner l'argument bateau du "c'est la faute aux nénés" peut cacher un problème bien plus concret et bien plus complexe.
Après, chez une maman qui a un souci de "détachement", oui, l'allaitement peut être sur-utilisé et trop envahissant. Mais pour moi cela reste la conséquence d'un problème plus profond et très certainement pas sa cause.
Inversement, si à 3 ans un enfant hurle pour avoir des tétées à toutes les sauces, c'est qu'il y a un souci, mais que l'arrêt de l'allaitement ne ferait que masquer. Ce serait comme de sevrer un alcoolique sans chercher à savoir comment il en est arrivé là.
Le problème peut se trouver dans la relation qui a été créée autour de l'allaitement, mais ce problème risque de se retrouver ailleurs.
Et en tous cas, allaiter ne veut pas forcément dire couver ou surprotéger.

Minimog - 3 ans de tétées - va très bien : elle est équilibrée, largement éveillée pour son âge, fait l'admiration des mamies dans la rue, a confiance en elle (et en nous j'espère), elle vous remercie.

9 commentaires:

  1. Bonjour !
    je suis désolée de me tourner vers vous mais vous me paraissez très très humaine et de très bon conseil alors hum...
    d'abord merci pour cet article qui me remonte le moral ! (et il en a besoin, le moral de remonter ^^)
    Ensuite voilà mon soucis ( je sais qu'il y a la LLL mais j'ai tellement peur de leurs remarques que je n'ose pas les contacter) : ma petite a 26 mois et je suis à bout. Je veux arrêter l'allaitement (mal à chaque fois que j'ai mes règles, nuits épuisantes, surtout que j'ai deux autres enfants plus grands) et j'en arrive à rêver de tisane de sauge+persil pour que la lactation s’arrête. Mais d'un autre côté si L. tête toujours, c'est qu'elle en a besoin. Je vais pas la privée !! Alors je tiens bon gré, mal gré.... et je suis complétement perdu entre mon corps qui dit "STOP" et mon cœur qui dit "on va pas s'arreter là, quand même!!" ...
    Auriez-vous un conseil ? (même si c'est un article d'un blog, une référence de livre ou une "ordonnance" de cure de magnésium -que j'ai repris récemment d'ailleurs ^^)
    Merci beaucoup !

    (ps : si vous pouviez savoir à quel point votre blog à 4 mains me redonne le sourire et la foi en moi et en mes enfants !)

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    1. Bonjour Sofi,

      C'est un problème très sérieux que tu m'expose là, merci de ta confiance. J'y répondrais avec mes propres opinions de maman évidemment, toi seule peux choisir ce que tu souhaites prendre ou laisser.
      Déjà, n'aie pas peur d'aller voir une association de soutien à l'allaitement si tu en ressens le besoin. Bon, je ne les connais pas toutes, mais chez nous, personne ne te jugerais pour ton cas. Soutenir les mamans dans un sevrage c'est important aussi.

      Pour ma part, et donc, TRES personnellement, j'ai envie de dire que si tu n'as plus envie : arrêtes. Et c'est une maman qui allaite encore sa fille de 3 ans qui te le dis donc je le dis en toute objectivité. A 26 mois, est-ce que ta fille a encore BESOIN de téter, ou en a-t-elle ENVIE ? C'est différent.
      Sevrer un bambin c'est difficile, très difficile, justement parce que l'enfant est en mesure d'apprécier l'allaitement comme une source de plaisir et non plus comme une nécessité qu'il prend par nature, et qu'il est capable de le manifester. Donc sevrer "en douceur"..... hum, pas évident. Mais tu peux sevrer avec bienveillance. Bienveillance envers ton enfant ET envers toi-même.

      A mes yeux, l'allaitement revêt un aspect relationnel très fort, à une période où la connexion maman/enfant est très sensible et puissante. Donc si tu allaites sous la contrainte, sans plaisir, qu'est-ce que tu induis dans cette relation ? C'est le sujet vraisemblable de notre prochain article à 4 mains avec Charlie mais pour nous la bienveillance, ce n'est pas le sacrifice de soi. Apprendre à son enfant le respect de lui-même c'est commencer pas se respecter soi-même.
      On dit souvent qu'allaiter c'est donner "le meilleur à son enfant". Je trouve que c'est réducteur et simpliste. On donne le meilleur lait, ça, c'est indéniable, mais le meilleur tout court il se trouve dans une relation équilibrée et positive. C'est pourquoi à mes yeux, un allaitement subi, dont on se sent prisonnière, n'a pas de sens.
      De plus, si tu pousses jusqu'au dégout, ne risques-tu pas de gâcher cette si belle expérience avec ta fille en la finissant sur une très mauvaise impression ?

      Je crois qu'après 26 mois, tu n'as franchement rien à te reprocher (et même après 3 jours, on a rien à se reprocher d'ailleurs). Pour parler franchement, je pense que tu as le droit de dire à ta fille que tu n'en peux plus, que tu l'aimeras toujours, que vous trouverez d'autres moyens de vivre votre relation d'amour, mais plus ainsi.

      Je te conseille de lire cet article : http://www.working-mama.fr/materner-au-quotidien/co-allaitement-mon-experience - jusqu'au bout, car la fin est importante.
      J'ai aussi une copine qui a sevré sa fille vers 2 ans, après avoir énormément hésité, mais par la suite ce fut un vrai soulagement. Je vais lui demander de passer ici témoigner si elle veut bien.

      Après, je te renvoies à mon article sur le co-allaitement si tu ne l'as pas lu. J'y parle de mon vécu à moi où je suis passée par une période de doute, avec laquelle j'ai fait la paix. http://famillesenharmonie.blogspot.fr/2015/06/allaitement-et-grossesse-et-co.html. Ca peut t'aider aussi sous un autre angle.

      Enfin voilà un premier élément de réponse que je peux te donner. J'espère ne pas t'avoir heurter encore plus avec mon propos mais je te réponds sincèrement. C'est vraiment un choix difficile qui demande du soutien, mais toi seule pourras savoir au final ce qui est le mieux pour vous.
      Peut-être que d'autres mamans voudront ajouter des choses et en tous cas, n'hésites pas à prolonger la discussion si besoin est.

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    2. Bonjour Sofi !
      Je rebondis sur ton message, et sur la réponse d'Hëlëne. En premier, je suis tout à fait d'accord avec la réponse d'Hëlëne, il n'y a rien à enlever. C'est ton corps et il est aussi important de ce mettre à l'écoute de son propre corps, car c'est aussi cela qui apprendra à ta fille d'être à l'écoute du sien. Je voulais rajouter ma pierre à l'édifice, en te disant que cela dit, ce qui peut aussi t'aider, c'est de te demander quels sont tes besoins, quels sont les problèmes que tu identifies, et du coup de trouver des limitations/adaptations/solutions vous convenant aussi. Par exemple, en as tu assez d'allaiter (tu en as le droit), ou est-ce un faisceau de choses - autres - que tu lies à l'allaitement ? Par exemple, l'allaitement te fait mal pendant tes règles : est-ce que ça te semble envisageable d'arrêter l'allaitement pendant la durée des règles (à 26 mois, oui, ta lactation se maintiendra) ; tu en as assez de l'allaitement de nuit : as tu d'autres moyens de récupérer ? Est-ce que ça te parle d'accompagner ta fille dans la sommeil autrement (il y a un merveilleux article là dessus sur ce blog, par Charlie!) ? Tu parles aussi de tes autres enfants : trouves tu que l'allaitement prend trop de temps ? Tes autres enfants sont-ils jaloux ? Il s'agit d'autres choses ? Voilà, ce ne sont que des pistes de réflexions, mais à chaque fois que moi-même je me suis posée pour essayer d'identifier les problèmes et mes besoins, je me sui surprise à trouver des solutions - adaptées- auxquelles je n'aurais jamais penser avant.

      N'hésite pas à revenir par ici, et de demander du soutien/des discussions à des personnes à l'écoute et bienveillantes, et prend soin de toi :)

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    3. Bonjour Sofi!
      Comme je te comprends, je n'ai qu'un seul enfant mais grand teteur de 24 mois, de jour comme de nuit! tu te dis que si ta fille tète toujours c'est qu'elle en a besoin. Elle a besoin de quelque chose c'est évident mais peut être pas de téter. Je partage ce qui a été dit plus haut et j'ai envie de compléter. Je pense qu'il est tout a fait possible de concilier ce que ton corps et ton cœur te disent. On fait souvent l'erreur de continuer à donner le sein en toute bienveillance à nos enfants comme on le faisait avec nos bébés sauf que leurs besoins sont différents. Pourquoi ta fille tète t'elle? dans quelles circonstances? Il est possible a cet age là, de remplacer certaines tétées par de la verbalisation. " Tu veux téter par ce que tu veux que je m'occupe de toi?" " tu es génée par...." et on trouve une solution autre que celle de donner le sein. Le langage sert aussi à séparer, se détacher et à grandir. On a également le droit de ne pas avoir envie, de ne pas etre disponible et donc simplement de refuser des tétées, de jour comme de nuit. Alors oui, bien sur, au début il faut gérer la réaction de l'enfant qui n'est pas d'accord avec cette option, mais c'est aussi l'aider à grandir que de lui apprendre que tout ne lui ai pas du, et surtout c'est apprendre à se respecter comme le disais Hëlëne à propos de la bienveillance envers nous. En tout cas, c'est de cette façon que j'ai abordé la question du sommeil et de l'allaitement avec mon fils. C'est une approche qui m'est personnelle et certainement différente des autres méthodes type Pantley, Gordon et cie mais je la trouve moins frontale. Je t'invite à lire l'article dont parle Etiva, qui explique mieux mon approche et que tu trouveras ici: http://famillesenharmonie.blogspot.fr/2015/07/apprends-moi-faire-seul.html
      Bon courage à toi et tiens nous au courant!

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  2. Bonsoir !
    Je vous remercie du fond du coeur pour ces réponses !! J'ai lu avec beaucoup d'attention, les larmes aux bords des yeux, tous ces conseils, et les liens que vous donnez.
    J'ai commencé à lui parler il y a quelques mois, lui dire que je n'en pouvais plus des tétées, mais que je serais heureuse d'avoir plein de câlins à la place et inévitablement, elle tapait, mordait, hurlait jusqu'à ce que je craque.
    Le langage s'est enfin débloqué chez elle et peut être qu'en réessayant maintenant, ça se passerai moins mal.
    Mais je pense que je vais lire et relire vos messages dans les jours qui viennent pour m'en imprégner.

    Merci encore pour ces mains tendues !

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    Réponses
    1. Très bons compléments des autres mamans ! Merci les filles !

      Sofi, je suis de tout cœur avec toi, car c'est une période peu évidente à gérer mais comme l'on dit des les filles, tu as surement en toi les ressources qu'il faut et même les solutions. Quand tu seras en paix avec tes choix, tu y verras plus clair et je suis sûre que tu reviendras témoigner de pleins de choses positives... entre deux moments de rechute mais ça, c'est normal.
      En tous cas n'hésites pas à venir donner des nouvelles ou chercher un petit coup de boost. Même si l'article date un peu, Charlie et moi on reçoit tous les commentaires en mail donc on est toujours en mesure de répondre.

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  3. Bon, apparement blogger n'a pas intégré mon commentaire précédent avec le témoignage de ma copine... je retente.

    Bonjour Sofi,

    Oh comme je me retrouve dans ton témoignage.... et comme je comprends ton désarroi.... Alors peut être que je peux te tendre la main à mon tour en te racontant le sevrage que j'ai imposé à ma puce juste avant ses 2 ans.
    A la naissance de minipuce, j'avais décidé fermement d'allaiter pendant 1 an. pourquoi 1 an ? euh parce qu'il fallait mettre une limite "raisonnable"... et le raisonnable a duré duré duré. Dès le début de l'allaitement, minipuce me faisait mal lors des tétées. Au début, je me suis dit qu'il fallait laisser le temps à mon corps de s'adapter. Et je m'y suis effectivement adaptée. Mais plus le temps passait, plus cela me semblait douloureux. Parfois j'avais des répits, la tétée était un pur moment de câlin, de tendresse et d'amour, sans aucune douleur. Mais ces répits, avec le temps se sont fait de plus en plus rares. Mais je tenais bon car minipuce ne semblait pas vouloir se sevrer d'elle même, bien au contraire, elle rajoutait des tétées qui me semblaient superflues... Genre demander 4 tétées dans la nuit à 18 mois ça faisait beaucoup pour moi.
    Bref, la tétée a commencé à devenir un véritable calvaire pour moi. Mais je voulais tellement que le sevrage vienne d'elle que je m'accorchais. Je serrais les dents lors de chaque tétée. Mon corps n'en voulait plus, ma tête cherchait un moyen de s'en sortir, et mon cœur voulait continuer coûte que coûte. Bref j'étais face à un sacré dilemme. Donc j'ai choisi la raison du coeur, car je voulais donner le meilleur à ma fille et que je voulais respecter ses besoins et rester dans la bienveillance.
    Sauf que là ce fût une erreur monumentale.... car en respectant ses besoins à elle, je négligeais complètement les miens. Pire je devenais malveillante avec moi même !
    sauf qu'un jour de décembre, où j'étais seule à la maison avec minipuce, mon corps a lâché littéralement. Je me suis retrouvée bloquée avec une sciatique. Le moindre mouvement était une torture. Je peinais pour me lever de mon lit, me déplacer jusqu'à la chambre de minipuce, la prendre dans mes bras, la sortir du lit, la porter... Mon corps n'était plus que douleurs et cauchemars... Et là, j'ai eu un déclic ! Je ne pouvais dignement pas m'infliger EN PLUS de nombreuses tétées dans la journée...
    Donc, assez logiquement, j'ai arrêté ce non respect de moi même et de mon corps.
    J'ai longuement parlé avec minipuce pour lui expliquer que la bienveillance avec elle avait aussi des limites. Et les limites étaient là. Je ne pouvais plus souffrir pour la nourrir. Au début, elle hurlait, c'était horrible pour nous deux. Je la prenais dans mes bras, je la calinais, elle hurlait toujours. Quand je pouvais espérer un relais du papa, je le laissais faire et minipuce s'endormait plus facilement (même si c'était très très difficile pour lui aussi d'accueillir toute cette colère et tout ce désespoir).

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    Réponses
    1. (ok, en deux fois donc)

      Cela a duré 15 jours, 15 jours de hurlements, d'explications, de tendresse, de bienveillance envers nous tous.
      Et tout à coup, sans que je comprenne pourquoi ou comment, minipuce a accepté ce sevrage. Nous avons pu retrouver des moments de complicité chargé d'amour et de tendresse. Nous avons pu souffler tous, reprendre le cour d'une vie tranquille comme on les aime.
      Pour moi fini les douleurs, la culpabilité et l'irrespect...
      Aujourd'hui, avec le recul de cette expérience merveilleuse de l'allaitement, j'ai compris à quel point j'ai réussi le pari de donner tout ce que je pouvais pour ma puce. Mais j'ai aussi compris qu'avant d'être bienveillant envers les autres, c'est tellement important de s'apporter à soi même cette bienveillance. En fait, c'est carrément plus que ça encore.

      Alors Sofi, écoute ton coeur (et ton corps) et soit bienveillante envers toi. Parce que tu l'es déjà avec ton enfant, alors continue dans cette voie pour toi !!

      Charlotte

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    2. Bonjour et merci beaucoup pour ce témoignage !!
      tous ces conseils m'aident vraiment... et savoir que je ne suis pas seule (ni une "mauvaise" mère ^^') m'aide tout autant !

      Merci encore !

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