Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

mardi 31 mars 2015

« Etre et devenir », le raz de marée.






« Etre et devenir », le raz de marée.


(Pour info, « Etre et devenir » est un film documentaire consacré à ce qu'on appelle le unschooling. Désolées pour ceux z'et celles qui n'aiment pas les anglicismes mais comme souvent, la langue anglaise offre une subtilité de langage en un seul mot que nous n'aurions pas en français. Les anglais distinguant le « homeschooling » : l'école à la maison, du « unschooling », qui est une déscolarisation, mais totale (ou libre si vous préférez). C'est à dire que l'enfant apprend hors de l'école mais en plus sans suivre un quelconque programme alternatif pré-établi. On se contente de laisser l'enfant apprendre par lui-même ce qui l'intéresse en le laissant totalement libre de ses choix).




Nous sommes allées au cinéma « pour voir ». On en parlait encore dans la voiture, en y allant : hors de question pour nous de pratiquer l'IEF. Mais toutes les expériences sont enrichissantes, et il y a toujours quelque chose à en tirer. Nous étions persuadées que ce film serait « nourrissant », comment, nous ne le savions  pas, mais peu importait.



Hëlëne :


Depuis que j'ai porté la vie pour la première fois dans mon ventre, j'ai commencé à regarder ma vie en face, pour de vrai. J'ai ouvert les yeux sur mon passé, sur la violence éducative, sur mes forces, mes faiblesses, mon mode de vie, mes convictions, la façon dont je les vivais. C'est drôle, ma fille n'a eu qu'à apparaître et c'est comme si j'avais acquis la force de prendre ma vie à bras le corps, à me poser les vraies bonnes questions comme jamais. Les gens qui pensent vivre mieux en vivant pour eux-seuls ont tort je crois. C'est quand de ma vie a dépendu celle d'une autre qu'elle a trouvé un sens profond.


J'ai presque tout remis en question sur ce que je pensais de l'enfance, et l'école a fini comme le reste. Cela fait longtemps, très longtemps qu'un article sur l'école gît dans mes brouillons mais je n'ai jamais pu l'écrire. Trop long, trop de choses, trop de citations intéressantes, trop complexe. Mais une chose est sûre, cela fait 1 an pratiquement que l'idée d'envoyer ma fille à l'école de la république me pose un souci qui ne s'éteint pas.


J'aurais aimé pouvoir choisir autre chose, mais cet autre chose n'existe pas dans mon secteur. Déménager ? Au moment où mon homme retrouve son métier tant aimé dans de bonnes conditions après 10 ans de galère ? Partir pour faire on ne sait quoi on ne sait où dans on ne sait quelles conditions ? Bof.


Alors j'ai fini par me résoudre : elle ira. Et à me rassurer : peu importe ce qui arrivera, elle sera soutenue à la maison. C'est nous qui lui donneront un bagage solide, c'est son foyer qui fera la différence.



Charlie :


Je ne pensais pas qu’avoir un enfant voulait dire remettre en perspective son histoire. Je ne parle pas de remise en question parce que je n’ai jamais voulu allez « contre » mon histoire, « contre » mon héritage, mais être en phase avec mon ressenti. Je me suis laissée guider par mon instinct et pensant notre façon de l’élever, comme nous faisons nos jardins : dans la compréhension, dans le respect, sans chercher à le contraindre.  Allaiter, cododoter, materner, accompagner….tout cela me semblait naturel, je ne me voyais pas et je ne me vois toujours pas faire autrement. D’ailleurs je ne saurais pas faire.


Mais jusqu’à ce film, je n’ai jamais pensé le déscolariser. Je me suis posée des questions bien sûr, surtout face à sa sensibilité, et plus encore après une tentative désastreuse d’accueil en crèche. Surtout après en avoir parlé avec ma mère qui m’a raconté comment ça avait été dur de m’adapter à l’école et à son rythme.



Mais pour nous : l'IEF ? Impossible. Arrêter de travailler, vivre avec un seul salaire mais payer un logement plus grand pour avoir une salle de classe, acheter le matériel qu'on achèterait pour plusieurs élèves avec le demi budget d'un foyer et financer encore des formations par dessus ? Assumer nous-même l'instruction de nos enfants alors que nous n'avons aucun bagage pédagogique ? Et puis si nous n’avons pas choisi la voie de l'enseignement ce n'est pas pour rien. Et puis nous  sommes  incapables d'instaurer un temps de "travail" avec nos enfants, nous n’en avons pas envie et eux non plus, alors imaginer leur servir d'enseignantes... D'ailleurs nous n’avons pas envie d'être l'enseignante de nos enfants, ni de qui que ce soit. Nous ne sommes pas des éducatrices, ni des pédagogues, nous sommes des parents, nous voulons juste partager, pas enseigner. Bref, pas pour nous.


« Faut vous dire Madame, que chez ces gens là,
on ne travaille pas, Madame,
on ne travaille pas...
On vit. »


Et donc, nous sommes allées voir le film. Et là ce fut la claque.


Notre première réaction, fut de prendre une grosse vague de positif en pleine poire. En voyant les expériences de tous ces gens nous avons senti à quel point nous étions capables de participer à l'éveil de nos enfants.


Bon pas au début. Genre la famille américano-allemande qui vit 6 mois à L.A., entourée d’artistes et 6 mois dans une immense brasserie en bois bio à consommation zéro au milieu des bois en Allemagne, franchement ça te donne autant d'espoir de faire comme eux que quand Claudia Schiffer te dis qu'elle « le vaut bien » en s'imaginant que tu vas le prendre pour toi.



Hëlëne :


Même la réalisatrice du film qui démarre : « On s'est posés des questions parce que l'on vit entre les States, le Brésil -je crois- et la France » : ah ben tiens, c'est marrant mais j'ai pas ce genre de dilemme moi ! Quand bien même mon mec serait bolivien je suis pas sûre qu'on aurait pas été obligés de se planter quelque part sans en bouger.


Mais au fur et à mesure, des profils plus accessibles (notamment chez les français d'ailleurs) viennent se joindre à l'ensemble et là, les barrières tombent peu à peu. D'ailleurs, de ce point de vue, le film est bien mené. La réalisation est basique, et les images un poil cracra par rapport à ce que permet la technologie actuelle. Mais...


La réalisatrice suit son propre cheminement de questions, qui du coup ressemblent pour beaucoup à celles que le spectateur se pose aussi. En tous cas, le film a répondu à toutes les nôtres.


Charlie :


C’est assez rassurant, effectivement passé les témoignages de vies exceptionnelles, on observe des familles classiques, des ouvriers, beaucoup d’enseignants ! Qui n’ont au final d’exceptionnel que le choix de vie qu’ils ont fait. Parce que c’est véritablement un choix de vie. J’ai oublié qui en parle dans le film mais on nous explique que pratiquer la non-sco, c’est accueillir son enfant dans son quotidien comme on le ferait d’amis en visite. On lui fait partager notre vie, on ne lui impose rien, on lui propose ce qui fait notre quotidien et il prend ce qu’il veut de cette vie et de celles qui l’entourent. Cette remarque résonne beaucoup en moi… Et je réalise que je pourrais l’inviter plus encore dans mon quotidien. Mais ça me rassure également sur  les choix que j’ai fait jusqu’à maintenant. Depuis que j’ai vu ce film, je regarde mon fils jouer, mais mon regard a changé. J’ai pleine conscience aujourd‘hui, de cette méthode si spécifique qu’ont les enfants d’apprendre par le jeu, par le corps, par eux-même. Je le savais, comme beaucoup, mais chez moi justement ça n’avait pas encore fait corps jusqu’alors….



Hëlëne :


C’est assez « drôle » que j’ai pu voir le film très précisément maintenant car il est arrivé comme la pierre d’achoppement de la voie que j’ai décidé de suivre : celle qui m’appartient, celle qui ne suit aucune étiquette. De ce parcours qui m’a conduit à découvrir les pédagogies alternatives, les idolâtrer, puis les tester, « échouer », relativiser, et exploser tout ça pour en revenir à mon propre chemin, nourri par tant de sources, exploitées au feeling.


Après ce film, je me suis dit que j’avais raison de m’écouter. J’ai mesuré à quel point ma vie avait le potentiel de faire grandir ma fille. A quel point j’ai le potentiel pour ouvrir ses horizons. Je me suis sentie bien, confiante en moi-même et en mes propres ressources.


Vous remarquerez que je parle de moi, ce qui n’est pas anodin. Car en réalité, le plus gros problème ce n’était pas ma fille. Moi je suis convaincue qu’elle a tout ce qu’il lui faut en elle, j’ai totalement confiance en ses capacités et tous les jours je m’émerveille de ce dont elle est capable. Et pourtant c’est une enfant lambda, qui ne montre pas de signe de génie particulier et qui vit dans un environnement lambda. Travaillé, pensé, conscient, certes, mais chez nous c’est pas non plus la Mecque du savoir.


Non, c’était moi que je ne croyais pas suffisamment capable, compétence, experte.


J’ai compris à quel point la vie suffit à faire grandir un enfant, pour peu qu’on la vive à fond. En conscience (la conscience, le maître-mot).


Un réflexe de ma fille en dit long sur notre façon de vivre : quand elle sait qu’on va être ensemble pour la journée, elle ne me dit pas : « Maman on fait quoi ? », mais : « Maman, on va où ? ». Et ça, je pensais que ça ne suffisait pas. Je pensais qu’il fallait lui faire faire des activitééés, des atelieeeers, des plateaux, des trucs et des machins. Alors que non.


Ça, c’est ce que j’étais venu chercher.



Mais il y a eu pour nous deux l’autre révélation


« Tu peux le faire ».


« Tu peux le faire » déjà parce que cette instruction se passe de matériel onéreux, de formation, de plateaux, de progression….


« Tu peux le faire ». Parce que ça te parle.


« Tu peux le faire » parce que ce que tu ne sais pas, d’autres le savent et toi aussi tu peux apprendre. Il faut juste chercher le savoir où il est.


« Tu peux le faire ». Parce qu’il n’y a aucun besoin d’avoir appris à apprendre. On apprend pas à apprendre, on a juste à ne pas éteindre cette petite flamme qui brille déjà.


« Tu peux le faire ». Parce que ce n’est pas toi qui devrait faire, c’est elle/lui.



Hëlëne :


Dans l’éducation classique, l’adulte est un maître, dans les pédagogies alternatives (ou dites "actives"), l’adulte est un guide, dans le unschooling, l’adulte est presque le serviteur. Dans le sens où, son rôle est d’apporter les éléments qui vont permettre à l’enfant de suivre la voie qu’il se choisit lui-même. Mais je n’aime pas cette notion car elle donne l’impression que l’adulte est diminué alors je dirais, l’accompagnant. Et ça, c’est important car du coup l’adulte apprend aussi. L’enfant le guide sur des chemins en friche et ils découvrent ensemble. Et non seulement ça, c’est à ma portée, mais en plus, c’est juste ma vie.


J’avais dit un jour que si l’argent n’entrait pas en ligne de compte, je passerais ma vie à apprendre : j’irais faire auditeur libre dans plein de section à la fac, j’irais m’investir dans des associations, je voyagerais. 
J’ai réalisé à quel point mon métier ne me comblera jamais. J’ai réalisé que j’aurais beau demander toutes les mutations du monde, ce sera toujours une question d’argent. J’ai réalisé que d’apprendre avec ma fille serait peut-être réaliser mon vrai rêve : apprendre, pour de vrai, pas ce qu’on t’a imposé, mais ce qui te parle, et partager, s’émerveiller et apprendre d’autres choses qui lui tiendrait à cœur à elle, ouvrir mes horizons.


Et lui permettre à elle de se réaliser, pleinement.



Charlie :


Ce n‘est pas pour rien que l’on s’entend si bien puisque j’ai toujours rêvé moi aussi d’être étudiante professionnelle. J’ai aimé l’école  sous certains aspects parce que j’aime apprendre. Si je le pouvais, je passerais mon temps en formation. Mais sur des sujets qui m’intéressent, pas apprendre pour apprendre, pas apprendre pour « apprendre à apprendre ». L’IEF me fait peur, je ne cesse de me demander si mon caractère solitaire et un tant soit peu casanier est compatible avec la non-scolarisation, si je saurais avoir les réponses adaptées. Et quand je me projette, je réalise que non seulement mon fils pourrait apprendre ce qui lui parle vraiment, il pourrait garder cet œil vif plein d’enthousiasme mais ce serait également pour moi l’occasion d’être plus en phase avec moi, d’adopter une vie qui me correspond d’avantage.


Quand je repense à toute ma scolarité, à toutes ces heures de cours, je ne me rappelle de presque rien. Quelques titres de livres, mes tables de multiplication, le nom d’une île japonaise….je n’ai jamais progressé en histoire, en géo ou en math. Je suis toujours aussi « nulle ».  Quand je pense spontanément à cette époque, ce qui me vient à l’esprit ce sont surtout, les enseignants qui hurlent, qui frappent, les humiliations que j’y ai subi par les enseignants et les autres élèves parce que je ne correspondais pas à ce qu’ils attendaient de moi. J’ai toujours été seule alors qu’on a toujours tenté de « forcer ma socialisation ».



Hëlëne :


Et en fait, moi aussi. Il y a bien eu des sujets qui m'ont plu, voir enthousiasmé, mais en proportion de tout le temps que j'y ai passé... C'est tellement rien. Disons, passé les apprentissages primaires : lire, écrire compter. Qu'ai-je fait des sinus-cosinus-tangente, des moles ('jamais rien compris à ça...), des précipités blancs, de la courbe démographique de la Russie, du passé simple antérieur au conditionnel, des compléments d'objet, de toutes les dates historiques que je me suis fourré dans la tête à coup de marteau, moi qui adore l'Histoire, mais pas celle des chiffres ?


Si je pense à l'Histoire, je pense à ma découverte de Rome et de Pompéi (in situ), et Florence, je pense à nos inoubliables vacances en pays cathare, je pense aux fêtes médiévales auxquelles j'ai participé, je pense aux environs de Verdun qui m'ont tellement ému, je pense aux vestiges gallo-romain, que l'on trouve chez nous. Quand je pense biologie, je pense à mes promenades avec mon père, je pense à mon stage dans un parc animalier. Quand je pense sciences, je pense à « C'est pas sorcier » ou à « Il était une fois ». Quand je pense littérature je pense à nos interminables discussions et échanges de livres au café du coin avec Charlie, à mes heures passées dans ma chambre, aux toilettes, dans le bus, au lit, à table, dans ma cuisine, ma salle de bain,un bouquin à la main.


Jamais au grand jamais, le premier souvenir qui me vient, c'est moi, assise sur une chaise pendant 8 heures à gratter ce qu'un bonhomme me dit, un bouquin devant les yeux.


Et ce qui m'a passionné en fait, me passionnait déjà à côté. Et ce que j'ai retenu, c'est que j'ai appris de façon vivante.


Et j'aurais aimé faire du théâtre plutôt que de la chimie, j'aurais aimé faire de la philo avant la terminale. J'aurais d'ailleurs aimé en faire après. J'aurais aimé pouvoir continuer à expérimenter la chimie mais sans qu'on me demande d'apprendre ensuite par cœur tous ces sigles et ces formules et ces équations bizarres qui n'avaient rien à voir avec le plaisir que je prenais à bidouiller et à observer en travaux pratiques.


A l'école, on s'échine à apprendre des choses, pour pouvoir prouver qu'on les sait... Pour les oublier ensuite. Toute cette énergie perdue, gaspillée...



Charlie :


A l’école, on apprend pour apprendre pas pour épanouir, on apprend a rentrer dans le moule. Je me souviens des cours de philo, j’adorais ça, remettre en question en permanence, réfléchir, mais si mes réflexions étaient bonnes, mes devoirs  n‘étaient pas assez "scolaires", mes dissertations ne suivaient pas le protocole, alors ça n’allait pas et on m’a ainsi fait taire. L‘école manque de transversalité. Comme beaucoup d'autres institutions au final. Cloisonner, faire rentrer les enfants dans des cases, les rendre disciplinés facilitent la tache de l'enseignant. On peut lire beaucoup d'articles sur le net d'instit' qui se plaignent, de ces enfants qui ont la bougeotte, qui ne respectent rien et qui hurlent à la permissivité en réclamant l'uniforme. Alors oui, ça aide l'enseignant à faire front face à des classes surchargées, mais au détriment de qui, de quoi? On se focalise sur un enseignement formalisé, normalisé que l'on veut universel, et qu'on est prêt à faire rentrer à coup de par cœur alors que....


Ces choses, on ne les a pas choisi, on y a pas été de nous-mêmes. On ne les a pas apprises par intérêt personnel. Seulement pour avoir des notes, passer des diplômes, avancer, et trouver un job.



Hëlëne :


Quel job ? J'ai eu un parcours brillant : Bac mention bien, BTS mention bien, DEUG mention bien, Licence mention bien, Maîtrise mention très bien, Master mention bien. Pour quoi ? Pour faire un boulot de niveau bac - 3 dans un secteur qui ne m'intéresse pas. Et pourtant, vous pouvez me croire, je me suis battue. La plus grosse hypocrisie de l'école est de te faire croire que tu apprends pour avoir un avenir professionnel. Déjà l'avenir, c'est pas une profession, et ensuite l'école là dedans ne fait rien. C'est ton bagage, ta personnalité, tes relations, et la chance qui font le travail. Avoir un CV scolaire sans tâche sans savoir se vendre, ça ne sert à rien. L'école t'apprend à apprendre, à obéir, à suivre des règles, à t'oublier. Et quand tu cherches un job – un tant soi peu exigeant et épanouissant - on te demande d'avoir de la personnalité, des idées, de savoir prendre des initiatives.


Combien de fois on m'a dit que mes diplômes on s'en foutait ? Combien de fois on ne m'a pas embauchée parce que j'étais trop diplômée ??



Charlie:


Passer un diplôme pour avoir un job… J’ai un parcours similaire à Hélène, j’ai abandonné en cours de master parce que j’ai découvert que mon diplôme n’avait aucune valeur aux yeux des professionnels. J’ai changé de voie apres une année sabbatique et la routine de ma recherche d’emploi consistait à m’entendre dire « Mais vous être trop qualifiée, vous allez vous ennuyer…. ». D’ailleurs j’ai obtenu mon dernier emploi par réputation. Ma patronne n’a eu connaissances de mon cv que plusieurs mois après embauche.


(A ce sujet nous vous surconseillons de regarder la conférence gesticulée de Franck Lepage Inculture(s) 2 ici – d'ailleurs toutes les conférences de sa SCOP « Le pavé » sont à voir absolument).


Hëlëne:
Cette vidéo (Inculture(s) 2) fut la première à m'ouvrir les yeux sur la question de l'école, bien avant que je n'ai un enfant.


Bref, je ne peux pas faire ici le tour de la question sur l'école. Ecole que je respecte d'ailleurs (même si là, ça se sent pas trop j'en conviens). Et surtout, surtout, toutes les personnes qui y travaillent et qui ont la foi, et l'envie. Être enseignant est une magnifique vocation. Ma mère est enseignante (ainsi que plein de personnes de ma famille) et tous les ans, l'école sauve des gens. Et oui, l'école offre de bons moments, des rencontres magiques, des instants précieux. Tout comme le reste de la vie.

Sauf que l'éducation nationale en France pour moi, ne se pose absolument plus les bonnes questions et se ferme d'emblée à des réponses possibles. Rigide, austère, pédante, et tout le monde y perd. Et si on est pas tous obligés de la pratiquer, alors j'ai le choix.


Alors toutes mes craintes sont revenues. Je m’imaginais ma pupuce à l'école : bon, la maternelle, sans trop de souci, le primaire, avec les tables bien alignées, les devoirs, les punitions, les notes : aïe, aïe, c'était déjà moins engageant. Arrivée au collègue j'ai pensé « Stop ! » pas besoin d'aller plus loin. Un jour, l'école montrera ses limites. Et ce que j'ai dit à mon mari, avec presque des larmes dans les yeux, c'est que, le jour où ces limites poindront, maintenant que j'ai pris conscience de tout cela, pourrais-je dire à ma fille : « Je sais, mais tu n'as pas le choix, c'est comme ça. »


Mon problème n'est même pas de savoir si l'école apprend mieux ou moins bien. Mon problème est tout ce que l'école est susceptible de détruire. A commencer par le souffle qui nous pousse à découvrir, à apprendre, à chercher, à construire, à inventer, à imaginer. Faut-il vraiment que je la mène dans cette voie où l'on lui insufflera de part en dessus, un savoir jugé à tous les niveaux, comme un poulet de batterie ?


Charlie :


C’est certainement ce qui m’a le plus marqué dans ce film. La confiance, la puissance et la créativité de ces enfants, de ces adultes qui n’ont pas été scolarisés. La plupart d’entre nous, moi en tout cas, nous mettons en permanence des barrières. « Je ne suis pas capable , je n’arriverai pas… » alors que dans les témoignages, si ces personnes-là ont envie de faire quelque chose, ils ont la confiance et la ressource en eux nécessaire pour transformer cela, pour réaliser leurs rêves et leurs ambitions.
Quand je regarde mon fils je vois maintenant quelle machine surprenante est son cerveau, comment il gère ses apprentissages, comment une chose en entraîne une autre juste en le laissant être. Ma famille est subjuguée de le voir maitriser tant de chose à son âge, mais c'est un enfant qui a toujours été libre. Libre de ses mouvements, libre de ses actions. On le laisse faire ses expériences même si on est parfois tenté d'y mettre cours parce qu'il va encore falloir nettoyer ou je ne sais quoi. Et c'est ainsi qu'il apprend, en observant, en expérimentant, en incarnant. Ma sœur (enseignante en milieu spécialisé) a écrit un mémoire sur ce qui fait que l'enfant devient élève en pratiquant la danse. Elle y parle d'enfant désincarné, et je crois bien que c'est peut être ce qui définit le mieux l'enfant à l'école. Un enfant sans corps.
Au final, pratiquer l'IEF signifierait garder la flamme allumée, maintenir le cap que nous avons choisi en le laissant utiliser son corps comme il le souhaite pour laisser une empreinte, pour conserver la mémoire du corps et laisser son esprit se diriger là où il le souhaite. Finalement, apprendre, s'instruire, c'est juste vivre pleinement.



Hëlëne:


J'ai observé ma fille depuis. Encore plus qu'avant. Ou différemment peut-être. Je l'ai observé ma nénette qui me surprend, me passionne, me comble de fierté. Je sais qu'on peut le faire.
Seulement voilà, c'est pas simple quand même. Alors je réfléchis. Je cherche des voies, des solutions, je questionne.
Je me sens comme Eve qui aurait mangé la pomme. Dénudée, chassée du paradis et de sa dictature, sans retour possible. Condamnée à errer avec trois fois rien, sans savoir où elle va avec à ses côtés son bonhomme qui la suit sans lui en vouloir, mais consciente, et maîtresse de son destin.


Nous ne savons pas si nous suivrons cette voie entièrement, si nous la suivrons maintenant, si nous ne la suivrons jamais. Mais une chose est sure : après ça, rien ne sera vraiment comme avant.



Hëlëne:


Pour l'anecdote, un débat suivait le film, animé par une psychothérapeute qui disait que les trois piliers de ce mouvement étaient amour / confiance / et liberté. En l'entendant, intérieurement, j'ai souri.
Je vous renvoie ici, sur le blog Merci Montessori. On est en décembre, Elsa, propose un "calendrier de l'Avent Filliozat" et l'une des fenêtres propose de décrire nos conviction éducatives en trois mots.Je n'avais pas participé à ce calendrier mais cette question là m'interpelle et je réponds du tac au tac, sans réfléchir... « amour /confiance / liberté » .


Je pourrais en dire encore beaucoup sur mes impressions, notamment sur l'impact révolutionnaire que ce genre de pratique -si elle venaient à s'étendre- pourrait avoir sur les fondements de notre société. Mais je pourrais écrire un livre que je ne dirais pas tout.



Regardez le film si vous le pouvez, pour vous faire votre propre opinion.



Il reste beaucoup de questions mais nous, nous avons un chemin à suivre. Nous sommes dans le désert nous n’y voyons pas à 2 mètres, mais nous tracerons le chemin que nos pas laisseront et nous avancerons.





  

14 commentaires:

  1. Merci pour cet article... Ce film marque tellement ceux qui l'ont vu que j'ai "peur" de le regarder, je me pose déjà tellement de questions sur la future scolarisation de ma fille... Je suis curieuse de savoir sur quoi cela va déboucher pour vous. J'espère en tout cas que vous trouverez chacune la solution qui vous convient.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que tout ce qui nous amène à agir différemment fait un peu peur! La question est de savoir si on l'affronte ou non, cette peur! j'ai encore du chemin a faire en ce qui me concerne, mais ce qui est sûr c'est que maintenant je ne peux plus nier la réalité!je suis moi aussi curieuse de savoir où tout cela va nous emmener ;-)

      Supprimer
    2. Merci Lilimam,

      j'aurais à peu la même réponse que Charlie. A ceci près que personnellement, "l'anti conformisme" ne m'a jamais fait peur. Paradoxalement, j'ai toujours pensé avoir peu de confiance en moi mais j'ai toujours fait des choix de vie en accord avec ma conscience et pas (forcément) avec ce que la société attend de nous. Les choix qui m'ont le plus flippé dans ma vie c'était plutôt accepter un job bien payé et sécurisant mais qui n'avait rien en commun avec l'idéal professionnel dont j'avais rêvé. Ça me faisait moins peur d'accepter des jobs sous payé, à durée limitée mais qui m'auraient fait vibré.
      Quand l'évidence me saute aux yeux, je ne m'attarde pas vraiment sur ce qui me semble aberrent. ^_^. Je me fous de savoir si "ça se fait" ou pas du moment que c'est ce que j'estime être le plus juste. C'est un trait de caractère qui facilite grandement mon mode de vie. ^_^.

      Supprimer
    3. En fait quand je parlais de peur, je n'ai pas du tout voulu dire "peur de faire différemment". Au contraire, je crois que j'y prendrais un malin plaisir... :) J'ai déjà plaqué mon boulot, très confortable, très (trop) bien payé, pour vivre avec notre fille. On a préféré être très juste financièrement mais être en accord avec nos principes : potager, du fait maison, achats d'occasion autant que possible. Aucun regret même si on ne sait pas comment on va faire dans quelques mois...
      Ma peur, c'est de devoir faire des choix cornéliens. Exemple pour le budget, déménager s'imposerait, mais dans ce cas ça veut dire s'éloigner beaucoup des grands-parents, des cousins-cousines, et les voir deviendrait exceptionnel. On choisit quoi dans ce cas? L'école quand même, ou priver ma fille de sa relation avec ses grand-parents? Aucun choix ne me mettrait en paix avec moi-même...

      Supprimer
    4. Ah, ce genre de "peur" ^_^. Oui celle-là par contre je la connais bien ;-). Mes proches sont mon fil à la patte. Sinon je serais déjà parti loin, looooin.... ^_^. Mais je n'arrive pas à laisser amis et famille derrière moi.

      Supprimer
  2. Merci de partager vos réflexions...
    Une connaissance qui pratique justement le unschooling avec ses trois enfants de six à deux ans, me dit que ce film fait surtout voir les bons côtés... Les mauvais mais justement les plus forts et encourageants elle les vit. Bref moi je n'ai pas vu le film et j'ai envie de le voir!
    Comme vous je puisse des idées surtout dans l'alternatif et dans tous les chemins... Je suis de toute façon attirée par l'anticonformisme, l'alternatif, l'autrement, le naturel... pour l'alimentation l'éducation le soin du corps l'apprentissage etc... Tout cela depuis que j'ai des enfants car avant cela j'étais une bonne élève qui est devenue une bonne employée qui se distrayait avec la télé, les divertissements de masse, faisait confiance aux médecins et aux marques en tout genre de notre vie, à la publicité etc... De tout cela on en revient et grandit et presque en colère de cettre prise de conscience.
    Pour mes enfants cinq ans et demi et deux ans et demi, c'est une école privée catholique sous contrat qui reste sur quatre jours par semaine. Le discours d'accueil et de prise en charge de l'élève m'a séduit même si ce n'est pas ce que je reverrai pour eux. Mais sur ma propre expérience avec l'école, j'ai passé uniquement le collège et BTS en école privée et ce sont mes meilleures années.
    Le unschooling pourquoi pas mais avec un mode de vie en décalage avec la société aussi ça me tenterait, un grand voyage autour du monde par exemple...
    En attendant les écoles privées type l'école du colibri aux amanins ça me fait rêver.
    http://quelsenfants.lesamanins.com/
    J'ai commandé le dvd, dès que je l'aurai visionné je serai ravie de vous le prêter pour en faire un nouvel article!. J'imagine par envoi postal, j'habite dans le Val de Marne. c'est d'ailleurs une question que je voulais vous demander dans quel département êtes vous toutes les deux?
    Bises
    Anaîs

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Aaahh les Amanins!!! Que ce centre fait rêver pour toutes ses activités....je n'avais pas connaissance de ce DVD, il a l'air intéressant!.
      C'est aussi ce que je me suis dit, que ce film était très positif et qu'il existait aussi forcéments des aspects bien moins cools. Je n'en suis pas au même stade qu'Hëlëne dans ma réflexion ( et j'ai un peu plus de temps qu'elle pour prendre une décision!)c'est pour cela qu'avant de faire un choix j'aimerais aller à la rencontre de ces familles, discuter, voir, comprendre et peut être trouver des réponses aux questions qui me turlupinent. Pour nous aussi, nos enfants ont agit comme des révélateurs, je pense que c'est le propre de la parentalité, le tout étant de réussir à transformer la colère en énergie positive et devenir un petit colibri!
      C'est une belle idée ce tour du monde et qui fera certainement écho chez Hëlëne! Pour ma part, je suis un peu trop casaniere et attachée à mon entourage pour me lancer dans ce genre d'aventure, je trouve cela très courageux!
      Et sinon pour répondre à ta question, nous habitons la moselle et meurthe-et-moselle!

      Supprimer
    2. Alors Anaïs, ton commentaire me parle bien, ^_^

      Déjà, je comprends quand tu parles de colère. C'est vrai que ça me rend en colère de voir tout le mal, les mensonges, les tromperies, l'asservissement, dont on nous abreuve au quotidien. Mais Charlie a raison : il faut faire de cette colère une force, la transformer en énergie positive. Je crois pour ma part, que la meilleure façon de changer le monde passe par la façon dont nous éduquons nos enfants. C'est pourquoi je refuse l'école aujourd’hui. Pas seulement en tant que lieu d’instruction mais en tant qu'instrument de conditionnement à une façon de vivre dont je ne veux plus. Combien de fois j'ai entendu : "Là ça va, mais attends qu'elle aille à l'école !".

      Les aspects négatifs ont été abordés dans le débat qui a suivi le film. Dans les questions ou les témoignages des parents se ressentait beaucoup d'angoisse. J'ai même pris le micro à un moment juste pour évoquer le souffle positif que j'avais pris en pleine poire parce que le débat prenait une tournure très anxiogène à force. La marginalisation, l'incompréhension, les sacrifices sur la vie de famille, le confort, le poids des contrôles, tout cela a été abordé. Une maman a d'ailleurs partagé un point de vue très touchant à ce sujet : elle racontait qu'elle avait "choisi" le unschooling pour sa fille en raison de son très lourd handicap (mental je crois) : "Et bien moi je ne suis pas contrôlée - nous a-t-elle dit - parce que l'école est bien contente de se débarrasser de ma fille qui est pour eux un problème, alors on se fout de savoir comment je m'y prends". Il y avait là aussi, beaucoup de colère. Je crois que l'on est nombreux à se tourner vers l'unschooling parce que l'école ne répond pas à nos attentes. Mais beaucoup de parents préfèreraient mettre leurs enfants à l'école, si elle était plus respectueuse, bienveillante, moins instrumentalisée et destructrice. Je ne me serais pas posé cette question si c'était le cas. Personnellement je n'ai pas le sentiment d'idéaliser cette voie. Mais je sais aussi que la meilleure voie n'est pas toujours la plus facile. Il aurait été plus facile pour moi de faire comme les autres : punitions, baffes, allaitement court, chacun sa piaule, jouets à pile, etc. Choisir la bienveillance ça m'a obligé à déconstruire, reconstruire, prendre sur moi, affronter certains démons, je dois expliquer, voire me justifier, voire me battre. Ça n'est ni facile, ni simple. Mais je suis tellement heureuse aujourd’hui, tellement en accord avec moi-même. Ma vie de famille est merveilleuse et pour rien au monde je ne ferais marche arrière.

      Quant tu parles de nous envoyer le DVD, figures-toi que j'avais déjà pensé faire un listing des livres que j'avais à disposition pour les proposer à l'emprunt aux mamans qui lisent ce blog ! Mais parfois les livres sont si peu onéreux à l'achat que les frais de port équivaudraient quasiment à acheter le livre. Mais je veux bien t'emprunter ton DVD (ou une copie), d'autant que Les Amanins, je ne connais pas. Par contre, si tu veux, tu peux toi-même écrire un article sur le DVd et nous le faire parvenir, on se fera une joie de le publier ici (en mentionnant qui l'a écrit évidemment!). Notre blog en duo s'est fait sur les cendres de mon projet de blog collectif mais Charlie et moi sommes tombées d'accord pour en faire un blog ouvert et aussi participatif que possible. On peut en parler par mail si tu veux : mamandala@hotmail.fr (je mettrai Charlie dans la boucle).

      Supprimer
    3. Et Charlie a vu juste. Figures-toi que le tour du monde, j'y ai pensé ! ^_^ J'y avais déjà pensé vers la vingtaine. J'avais échangé avec des personnes l'ayant fait, j'avais commencé à économiser, j'ai longtemps gardé toute la documentation que j'avais rassemblé sur le sujet, et puis.... je suis tombée amoureuse d'un boulanger dans la panade et ma vie a pris une autre direction (je ne le regrette pas : aujourd'hui c'est mon mari et il m'a donné une merveilleuse petite fille qui a changé ma vie). Mais quand j'ai envisagé l'unschooling, j'ai envisagé plein de modes de vie différent. J'ai vraiment tout remis sur la table : l'école, la vie, la maison, le job. Et parmi les options il y avait : j'achète pas de maison, j'achète une caravane/un camping car/un bus, et on vit en nomade. Mais financièrement, je ne vois pas comment ça peut être viable. Si on vivais à une époque où on peut se poser quelque part et trouver un job facilement, je garderais ça en option, mais c'est loin d'être le cas. Par contre, je réfléchis à des façons de pouvoir m'offrir un lieu de vie confortable mais moins onéreux, dans l'optique de pouvoir voyager, ça c'est sûr ! J'ai déjà en projet quelques voyages "initiatiques" familiaux et si je n'ai pas envie d'avoir trop d'enfant, c'est aussi pour avoir les moyens de les faire voyager. Mon mari et moi sommes des baroudeurs dans l'âme. Et justement, ne pas être limités par l'école peut nous permettre cela.

      Supprimer
  3. Waouh, quel compte-rendu ! C'est le votre qui me fait l'effet d'un raz-de-marée ! Et qui me donne envie de revoir ce film. Car je n'avais pas été aussi touchée que vous, j'étais gênée par le fait que les "profils plus accessibles" n'étaient pas assez développés (justement, cette famille d'instituteurs français par exemple, ça m'aurais intéressé d'en savoir plus ! ). La réalisatrice, présente lors de notre projection, semblait venir d'un monde bien différent du mien. ET POURTANT... en sortant de la séance, mon amoureux et moi, nous avons eu une longue conversation sur ce film, et nous étions d'accord sur un fait : "c'est possible" ! Oui, c'est cela qui ressortait du film pour moi "cela existe, cela est possible, et les gens qui font ça n'ont l'air ni plus ni moins névrosés que les autres :D".
    Un peu en lieu avec cela et plein d'autres choses, nous avons un projet que je pense pourrai vous intéresser, ou du moins avoir vos suggestions dessus : mais je n'ai pas envie de trop raconter ma vie sur ce site public, je vous écrirai donc un message privé via les pages facebook de vos blogs :)

    RépondreSupprimer
  4. Et par ailleurs, sur le "unschooling" à l'école (non, c'est pas forcemment contradictoire!) : avez vous lu la pédagogie de la mouche ? J'avais trouvé cela incroyable !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Perso je ne connais pas. Charlie peut-être, elle a beaucoup plus de références pédagogiques que moi. Mais tu es ma pourvoyeuse officielle de bons plans ^_^.

      Supprimer
  5. Et bien non je ne connaissais pas! Je suis allée voir et is le blog de collet de côté. Je n'ai pas tout lu mais j?y retrouve un mélange de reggio et de ce qui se propose dans des lieux comme les amanins. C'est effectivement intéressant comme propos mais me semble complètement utopique! J'en discutais récemment avec des instits qui me disaient que l'on pouvait retrouver ce genre de pédagogie dans des classes uniques mais que tout dépend de l'enseignant également. Mettre en place une réforme de l'education orientée école du 3 eme type serait une véritable révolution!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. révolutionaire, oui complètement, ça remet tellement de choses en questions ! et ça dépend de l'enseignant comme l'unschooling dépend du parent :)

      Supprimer