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mardi 15 novembre 2016

Maternage et féminisme

Arrivée à l'âge adulte, je me suis posée la question de savoir si je voulais réellement être maman. Pourquoi avoir des enfants ? Et je dois dire que, vu de loin, la vie de maman, ça ne me parlait pas. Je suis une femme pour le moins active, qui aime l'art, la littérature, les voyages, aller en concert, en festivals, les jeux vidéos, faire du bénévolat, apprendre des langues étrangères, apprendre tout un tas d'autres trucs, bref : manger la vie à pleines dents. Et j'avais l'impression que la vie de maman c'était tout sauf ça : que c'était couches, popote, jeux simplistes, routine, « casaniérisme »*, abnégation, énervement, oubli de soi.
*(si quelqu'un me trouve un substantif valable pour casanier, je suis preneuse)


J'écris aujourd’hui un article qui me tient particulièrement à cœur. Il m'a été inspiré par cet excellent article :

Martine Herzog Evans, « Féminisme biologique, allaitement et travail. Une nouvelle forme
d’autodétermination des femmes », in séminaire Droit des femmes face à l’essor de l’intérêt
de l’enfant
La Revue des Droits de l’Homme n°3, juin 2013

que vous connaissez peut-être, qui est (malgré certaines fautes de rédaction) on ne peut plus intéressant et met le doigt là où l'on a pas l'habitude de le voir posé. Je vous invite donc, malgré sa longueur, à le lire. Et ne soyez pas rebuté(e)s par son intitulé foncièrement universitaire car il est écrit de manière tout à fait accessible.

Depuis cette lecture j'ai pour ma part, beaucoup réfléchi à la question du féminisme et du maternage en général.

Un des éléments qui a mis le feu aux poudres en la matière furent les propos de Mme Badinter -forcément ultra médiatisés – suite à la sortie de son ouvrage « Le Conflit. La Femme et la Mère » qui s'offusquait que des femmes souhaitent un « retour en arrière » en voulant accoucher à la maison, sans péridurale, se casser la tête avec des couches lavables et faire des purées maison à leur enfants. Elle évoquait ces pratiques comme étant imposées aux femmes par une pression sociale qui les rendaient esclaves de cette image de mère maternante = mère parfaite.

Je vous renvoie à cette interview de la dame parue dans ELLE : C'est absolument édifiant !

Juste l'intro en dit long :
Dans « Le Conflit. La Femme et la Mère » (éd. Flammarion), elle dénonce une évolution dangereuse à ses yeux : l’influence du naturalisme. Au nom de Mère Nature, tout un courant proche de l’écologie pure et dure pousse les femmes à allaiter, à s’occuper de leurs enfants et donc à revenir à la maison. Ainsi, l’inégalité professionnelle entre les hommes et les femmes risque de se creuser davantage, et, à l’arrivée, c’est l’autonomie de ces dernières qui est en danger.

Oui mesdames, vous ne rêvez pas, on nous FORCE à nous occuper de nos enfants !
Ah ben merde, moi qui pensait qu'on faisait des enfants uniquement pour les donner à garder et augmenter nos dépenses quotidiennes !
Il semblerait qui plus est que pour l'intégralité des mamans de ce pays, la carrière passe avant les enfants.

(Parenthèse: En faisant mes recherches pour cet article je suis tombée sur les propos d'une mère qui m'ont vraiment scotchée :

« Alors merci Madame Badinter.
Merci d’avoir dit que concilier travail et vie de famille était épuisant, merci de rappeler que même devenues mère nous restons femmes. Merci de dire qu’une femme a le droit sans culpabiliser de détester l’allaitement.
Merci de dire que ce retour des femmes à la maison est plus le produit d’une crise de l’emploi qu’une réelle envie. Merci enfin de m’avoir rendu ma condition d’être humain et non plus d’animal primitif, censé avoir le même comportement que tout mammifère.
Paradoxalement la lecture du livre m’a déçue : je n’y ai fait aucune aucune découverte fondamentale. Nous savons toutes que la « Leche league » est un ramassis d’illuminées pour qui aucune raison ne doit empêcher l’allaitement, que sous des couverts écolo le retour des mères à la maison est un recul pour les femmes, que laisser son enfant dormir dans le lit parental n’aide pas à avoir une vie de couple… »)
WHAT THE F**** ?o_O ?


Je ne comprenais pas comment cette femme se disant féministe pouvait se permettre des propos aussi réducteurs, clichés et méprisants. Je prenais Mme Badinter pour un parangon de la défense du droit des femmes, je la découvrais les attaquant vertement, d'une manière dénuée de lucidité et de tolérance, rejetant d'un bloc tout un pan du féminisme moderne sur la seule base de sa vision égotique de la femme. Je me suis sentie attaquée, humiliée et franchement choquée.

En fait, je crois que Mme Badinter est une figure du féminisme des années soixante-dix et son discours est encore tout à fait porteur des valeurs de l'époque. (on l'a taxée « d'archéo féministe », ce qu'elle a bien sûr fustigé mais moi j'adhère)

Parce que oui, il y a des féminismes. C'est le point le plus important que m'a appris le texte de Mme Herzog.
On a souvent tendance à parler de féminisme tout court et pourtant, les combats pour les droits des femmes ont été différents chez nous d'autres pays comme... en Scandinavie (tiens ! Comme c'est inhabituel!)

Le féminisme ne date pas des années soixante-dix, j'ai pour ma part eu la chance de travailler sur la vie de Julie Victoire Daubié, (trop méconnue) – XIXème siècle. On peut même penser que Jeanne d'Arc (ou son mythe) est une figure féminisme du moyen age si l'on veut, ou Cléopâtre, la déesse Artémis, bref... C'est pas nouveau. 
Mais les grandes guerres ont accéléré les choses : les hommes au front, les femmes ont prouvé qu'elles pouvaient les remplacer dans bien des domaines et dans un monde porté par les valeurs masculines, elles n'ont plus voulu faire marche arrière défendant par là même le principe d'égalité des sexes.

Dans les 60's, 70's, le mouvement s'est intensifié et médiatisé sous l'impulsion notamment du MLF, et l'on s'est attaqué à la question du contrôle du corps de la femme par elle-même, mettant en question la construction de l'identité féminine (le fameux « On ne naît pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir). (bon je schématise à outrance mais l’intérêt de mon article n'est pas l'histoire du féminisme non plus)
Bref, parmi les revendications les plus fortes :
- Pouvoir travailler, être les égales des hommes dans le travail
- avorter
- la contraception
Alors entendons nous bien, ces droits acquis sont d'indéniables progrès sociaux pour la femme, je ne le nie en aucun cas. Je travaille, j'ai pris la pilule et je suis pour la liberté d'avorter : je suis ravie d'avoir pu choisir, quand et comment et même pourquoi avoir des enfants.
Mais quand on y regarde de plus près : ce sont des combats qui sont tous orientés sur l'éloignement mère/enfant. Les acquis sociaux ont été bénéfiques, mais quand on brandit des slogans qui veulent dire « On ne veut plus rester à la maison pour torcher des mômes », quelle image de la mère on donne là ? On fait le jeu des valeurs masculines.

« Dans le temps, on pensait : je ne serai pas, comme elle, bobonne à la maison. »

Est-ce que le problème n'est pas là ? Dans la « bobonne » justement.

Il aurait été différent de dire, « Oui, nous sommes des mères, et alors, en quoi cela fait-il de nous des êtres inférieurs et méprisables? L'humanité dépend de nous, les hommes que vous êtes ont été des enfants». C’eût été là finalement un discours beaucoup plus porté sur des valeurs féminines.
Certaines féministes dans d'autres pays se sont battues pour avoir des congés maternité plus longs, pour pouvoir allaiter au travail, pour avoir des aides conséquentes pour leur temps partiel, pour que les crèches d'entreprises se développent. Pour conjuguer travail et maternage sans que ce soit une plaie justement.

L'image de la mère dans une société masculine, c'est l'improductive, celle qui ne travaille pas, qui torche des marmots à longueur de journée. Une maman qui « pond » plus de trois enfants est une dingue. C'est bien sur ces bases qu'on a construit en partie le féminisme français.
Et surtout, on donne l’image qu'élever des mômes c'est chiant. C'est pas épanouissant.

Pour s'épanouir une femme doit avoir un job, un agenda qui dégueule, faire du shopping, sortir le soir. La mère épanouie dort sans son bébé, le laisse à garder pour sortir entre copines, fait tout pour que son enfant ne devienne pas un pot de colle, un boulet dans sa vie.
Il faut reprendre le travail au plus tôt, arrêter l'allaitement à six mois, faire en sorte que son enfant apprenne quasiment dès sa naissance à se passer de nous, de notre contact, notamment la nuit,
Il doit d'ailleurs faire ses nuits très tôt, pour que la maman puisse reprendre un cycle de sommeil dicté par sa vie sociale et professionnelle et pas part sa vie de mère.
Elle doit être mince. Les mannequins que l'on voit défiler sur les podiums sont tout de même à des lieues des archétypes des déesses de la fertilité et des Vénus au large bassin et formes rondes d'autrefois.
Elle laisse son enfant en garde pour reprendre ses activités d'avant, prendre du temps pour elle.
Materner est un gros mot. Materner c'est couver.
L'idée que l'on puisse s'épanouir précisément EN élevant ses enfants a disparu du discours dominant.

Alors évidemment si on doit élever nos enfants à coups de baffes, de hurlements, de punition, sans les cajoler, sans prendre le temps, en nous efforçant de les éloigner de nous, oui, c'est chiant. Puisque tout ce qui fait précisément le PLAISIR d'être maman est mal vu.
Puisque l'on va jusqu'à vous dire que c'est faire du tort à votre enfant (« ne le couve surtout pas trop, sinon il ne s'en sortira jamais tout seul ! »), que c'est vous faire du tort à vous mêmes (« Si tu le materne il deviendra ingérable, tu seras l'esclave de ton enfant! »)

Mais le maternage, à qui cela fait vraiment du tort ?
- aux époux : qui n'acceptent pas que madame ait moins de temps pour eux, qui n'acceptent pas qu'un autre vienne squatter leur lit, qui n'acceptent pas de voir leur femme avoir une relation d'amour pur et inconditionnel avec un autre, qui n'acceptent pas d'avoir à changer leur position pour trouver leur place dans ce trio où ils ne seront pas les maîtres du jeu, car le lien mère-enfant leur est étranger.

« Serre-moi fort » de Carlos Gonzalez possède un passage absolument génial où il évoque le « complexe du père d'Oedipe » expliquant que la psychanalyse s'est emparé du mythe d'Oedipe pour expliquer que les enfants ont des pulsions qui les incite à « tuer » leur père et coucher avec leur mère (et inversement pour les filles). 
« Mais ce n'est pas ce que nous dit l'antique tragédie grecque. Œdipe n'avait aucun désir de tuer son père ni de se marier avec sa mère. Il le fit par erreur, parce qu'il ne savait pas que c'était ses parents. Quand il connut finalement la terrible vérité, il fut si horrifié qu'il se creva les yeux […].
Le mythe d’ Œdipe nous parle plutôt de tout le contraire : la peur irrationnelle qu'éprouve certains pères de se voir supplantés par leur enfant dans l'amour de la mère. Peur qui poussa Laïos à renier et abandonner son propre fils. Il sema le mépris et récolta la haine, quand il aurait pu semer l'amour et récolter le respect. […] Pour le lecteur moderne, […], la morale de l'histoire ne devrait pas être « Abandonne ton enfant avant qu'il ne te tue », mais tout au contraire, « Ne sois pas assez stupide pour abandonner ton enfant, ou tu te feras un ennemi de celui qui aurait pu être ton ami si tu l'avais traité avec amour. »

- aux employeurs : une maman il faut la remplacer, elle peut prendre un temps partiel, certaines prennent du temps pour allaiter, elle ne veut plus faire d'heures supplémentaires car elle doit aller chercher ses enfants, elle a d'autres priorités que son travail,

- au commerce : Tout ce qui pallie à la maman se VEND, ne l'oublions pas ! Une énorme partie de la vision que l'on a de l'éducation des enfants est basée là-dessus sans que l'on s'en rende compte.

Quand ces discours prennent le dessus, qu'ils viennent des femmes ou des hommes, on enlève aux mères leurs droits. Car si Madame Badinter semble vivre dans un monde où les mères sont « forcées » d'essayer de donner le meilleur à leur enfant (parce que, en fait, on a pas vraiment envie, apparemment la médiocrité éducative c'est la clé du bonheur des mamans), moi j'ai l'impression de vivre dans un monde où les femmes de nos jours se sentent obligées de ne pas céder à leurs élans de mères : où elles ne savent plus s'écouter mais s’efforcent de faire ce que le pédiatre dit, ce que le mari dit, ce que la sage femme dit, ce que leur propre mère qui a bien intégré les erreurs de son époque dit.
On a dépossédé les mères de leur suprématie en matière d'enfance. Tout le monde sait mieux qu'elles ce qu'il convient de faire. Aujourd’hui la mère qui prend son enfant dans ses bras au premier pleur fait sourire ou grincer des dents. « Elle en fait des tonnes », « Elle se fait avoir ». C'est vrai quoi : quelle nouille cette maman qui n'a rien compris, qui se pose en esclave de cet enfant tyran qui réclame toute son attention !! Pendant que monsieur patiente pour avoir son câlin.
Mais QUI n'a rien compris ? Depuis quand fait-on des enfants pour les laisser de côté ? Depuis quand le rôle d'une maman est de laisser pleurer un enfant qui souffre ? Car c'est bien cela dont il s'agit et pas d'un quelconque caprice, le terme ultime pour justifier le fait que l'on voudrait que les mères s'occupent moins de leurs enfants. C'est si pernicieux de leur faire croire que ce faisant elles s'occuperont plus d'elles-mêmes. C'est faux : elles seront surtout plus disponibles pour d'autres.
Les voilà épuisées, fatiguées, énervées, à bout.

Parce, la société c'est une chose, mais nous SOMMES des mammifères (comme les babouins et les vaches oui ! Et alors? Les mères babouins sont bien dans leur peau elles ! Sauf quand on leur enlève leurs petits.) et si les envies sociales des mamans divergent, notre nature animale elle, est bien présente et inaliénable.

Et qu'une seule d'entre nous ose me dire qu'elle a laissé pleurer son enfant sans rien ressentir. Bien sûr certaines finissent par intégrer le fait que c'est mieux ainsi, que c'est plus raisonnable, mais ne me dites pas que vous n'avez pas senti chaque fibre de votre être aller vers votre enfant. Que vous n'avez pas du lutter ?
Quelle mère* a repris le travail sans se culpabiliser, sans s'inquiéter, sans ressentir une gêne à l'idée de confier son bébé à quelqu'un d'autre ?
Quelle mère n'a jamais eu le réflexe de prendre son enfant qui pleure dans ses bras pour faire un gros câlin ?
Quelle mère n'a jamais été voir « s'il respirait encore » pendant la nuit, parce qu'elle n'ose pas dire qu'elle a juste besoin de le voir endormi, de le sentir près d'elle, de voir sa bouille ?
Nous sommes programmées pour réagir aux pleurs de nos enfants, les ignorer ne nous détend pas.
(* Hors problème psychologiques particuliers) 

Dire que de s'occuper de nos enfants c'est de l'esclavagisme c'est une ignoble vision de la vie.
Nos enfants sont-ils nos bourreaux ?

E. Badinter nous dit : "on est passé de moi d'abord à l'enfant d'abord".

Non Madame, on est passé de « moi d'abord » à « nous ensemble »

Certaines mères ne veulent plus que l'on dissocie le bonheur de leurs enfants du leur.

Vous reprochez aux mères de vouloir être ça :

https://chroniquedunemaman.wordpress.com/category/humour/ - allez-y c'est marrant !

à la place de ça :

je vous propose ça :

http://www.kmberggren.com/ - matern'art de toute beauté !!!


Cette harmonie entre ma vie de femme et ma vie de mère, je la vis au quotidien.
Je pense que si je m'en étais tenue à une maternité classique, je n'aurais pas vraiment été heureuse en tant que maman. Malgré tout l'amour que j'ai pour ma fille, j'aurais fui ma maternité. Vraiment, à vouloir être cette femme parfaite et épanouie, j'ai souffert en tant que mère. Sauf que mère je le suis, à jamais désormais. J'ai souffert d'avoir sacrifier ma vie de mère pour ma vie de femme active, sous la pression de la vision anti-maternage d'une société régie par les valeurs des hommes, et pas l'inverse ! 

Aujourd'hui je m'éclate.
- J'apprends des choses par la pédagogie que je développe pour ma fille : comprendre l'enfant c'est juste passionnant pour moi, c'est comprendre la source de l'humanité. Ils nous paraissent si fragiles et démunis mais sont aussi tellement extraordinaires et compétents !
- j'apprends des choses DE ma fille (oui, oui) : patience, douceur, relativité, ordre, j'apprends à réapprécier voire à m’émerveiller pour des choses simples ou brutes, j'ai appris sur moi. Et je suis plus apaisée, plus zen qu'avant ! 
- je m’intéresse à un tas de nouvelles choses : en histoire, en biologie, en musique, en art, en philosophie,...
- Je sors beaucoup, je vais voir du monde, je visite un tas de lieux: une écharpe, le lait est dans le sein, trois couches et c'est parti. Qui parle d'expédition ? Où ai-je l'air d'une maman prisonnière de son enfant ? Je sors d'ailleurs beaucoup plus depuis que je suis maman car j'ai horreur de rester enfermée avec Minimog à la maison !
- J'ai puisé dans ma maternité la force de faire ce que jamais je n'avais osé (monter des projets culturels, satisfaire mon besoin d'écrire, partager, de mettre une goutte d'eau pour un monde meilleur).
Ma fille c'est ma force. Je puise en elle l'énergie pour vivre pleinement ma vie de femme.

Quel tableau, quel concert, quel livre si merveilleux fut-il me donnera la puissance positive et l'énergie que je tire au quotidien dans ses sourires, ses câlins, ses bisous ?
Quel travail me donnera la reconnaissance que me donne ma fille ?
Quel pseudo confort serait plus bénéfique à mon cœur de la sentir contre moi ?

Il est urgent que les mamans reprennent les rennes de leur maternité. que l'on respecte leur position et leurs savoirs, leur intuition et leur place.
Que celles qui le désirent puissent le faire sans passer pour des dingues ou des femmes opprimées (pour beaucoup de mères le maternage n'est pas une oppression mais bien une revendication) et que celles qui pensent ne pas le vouloir aient d'abord accès à une meilleure information qui ne va pas les amener de force hors d'une voie qui pourrait les combler.
Ces mères qui maternent sans complexe, qui défendent leurs convictions en matière d'éducation des enfants, parfois même à contre courant de leur propre conjoint, ces femmes sont des battantes, des amazones, pas des bobonnes.
Oui c'est vrai, aujourd'hui on doit en permanence prouver que l'on est une « bonne mère ». personne ne va s'inquiéter de savoir si vous êtes un bon époux pour votre femme, la femme par chance, ne doit plus (encore que) prouver qu'elle est une bonne épouse, mais on doit toujours prouver que l'on est une bonne mère.
Oui, mille fois oui, on peut être une bonne mère en donnant des biberons et des petits pots, en promenant en poussette et en utilisant des couches jetables. C'est ce que ma mère a fait avec moi, et c'est une mère merveilleuse. Mais quand on caricature celles qui font le choix de materner, celle qui ressentent le besoin de revenir à la source : ça c'est du sexisme.

Comment ose-t-on prétendre défendre les droits de la femme quand on bafoue toute une part essentiel de ce qui fait justement sa féminité ?
Comment ose-t-on prétendre défendre le droit des mères quand on fustigent certaines d'entre elles pour leurs choix (quels qu’ils soient) ?

Car on a tendance souvent à oublier que la mère est une femme comme les autres.






Je vous ajoute ici un lien vers un article écrit par une autre maman qui a rédigé une critique du livre de Mme Badinter avec beaucoup de lucidité (bien que la cohérence de son opinion de « j'ai adoré le livre mais je vais démonter sa crédibilité point par point » m'échappe un peu)


Et comme l'humour et l'autodérision ne font jamais de mal, je vous conseille le film « Away we Go » de Sam Mendès, qui évoque justement la façon d'être parent avec humour mais aussi beaucoup de tendresse. On y trouve un couple de parents pratiquant le maternage mais qui sont tellement imbus d'eux mêmes et méprisants qu'ils en deviennent insupportables. C'est pour moi un des passages les plus drôles du film. Les termes "continuum" et "hippocampe" m'ont longtemps fait flippé après ça ^_^.

3 commentaires:

  1. MERCI. Mille fois MERCI.
    Ton article résume tout ce que je pense (de Mme Badinter et du reste) et tout ce que je ressens. Ahlala, cette impression de devoir constamment se justifier! se défendre! s'expliquer! argumenter! C'est insupportable.
    J'ai choisi de ne pas retravailler depuis la naissance (difficile) de mon petit garçon. Non, bosser ne me manque pas. J'apprends à son contact chaque jour. Son éducation est un challenge qui m'oblige à chaque instant à remettre à plat ce que je sais, ce que je suis; à aller chercher des infos sur son développement, sur ce qu'il me donne à voir, sur ce qu'il partage avec moi, sur ses centres d'intérêts. Evidemment, j'ai moins de temps pour moi car il est encore petit (2 ans et demi) mais grâce à lui, je me sens tellement plus compétente, tellement plus sûre de moi et de mon jugement, et à ma place. Je sais que mes activités "personnelles" reprendront leurs cours au fur et à mesure, le moment venu, quand je me sentirai prête. Pour l'instant, m'occuper de lui à plein temps m'apporte une joie quotidienne sans commune mesure (bah, évidemment il y a de la fatigue, parfois de l'impatience, de l'agacement et oui je suis contente quand le papa rentre le soir et prend un peu le relais), mais honnêtement, c'est une aventure extraordinaire. Je n'échangerais ma place pour rien au monde. Et je ne dis pas ça pour juger les mamans qui travaillent, qui mettent à la nounou, à la crèche, etc. Ce que je veux exprimer, c'est que faire valoir mes choix de mère et de femme a été et est toujours difficile dans cette société française, et que ce ne sont pas mes choix dont je suis fière: c'est le fait de les avoir assumés et de continuer à le faire, malgré les discours comme ceux de Mme Badinter et la pression sociale. :)
    Emilie

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  2. waow ! Super article !

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